Pourquoi faut il retourner à l’école fin juin 2020 ?!

Interview BipTV sur ce sujet : ici

Mi mars la crise du coronavirus a brutalement stopper les habitudes de vie en France (et ailleurs). Du jour au lendemain les familles ont du garder leurs enfants car les établissements scolaires étaient fermés. Cinquante jours de confinement avec télé-enseignement pour les mieux lotis, puis une première levée des restrictions le 11 mai et les écoles ouvrent de nouveau de façon très disparates, suivant les régions et les possibilités de chaque établissement.

Le 22 juin l’enseignement à distance s’arrête et l’école redevient obligatoire (pour les moins de 16 ans) les conditions sanitaires s’assouplissent et donc les familles doivent remettre leurs enfants à l’école.

Pourtant 1/4 des familles sont assez défavorables à cette reprise argumentant souvent par la courte durée de cette reprise (Pourtant 15 jours de colo on ne trouve pas cela court!) . D’autres parents sont pour la reprise et une autre partie hésite.

Pourquoi (de mon point de vue de thérapeute familiale) est il important de retourner à l’école jusqu’au 3 juillet ?

Je vous propose 5 arguments: un argument « santé/socialisation », un argument « psychologique », un argument « lié aux apprentissages », un argument « structuration du temps » et un argument « législatif ».

1:Tout d’abord pouvoir retourner à l’école est un bon signe: le virus sévit moins!
Je partage ce que dit la pédiatre Sylvie Dieu Osika :«Les enfants ne sont pas très contagieux, voire pas du tout. Il y a, selon moi, plus de risques à les laisser à la maison du point de vue de leur développement personnel que l’inverse». Effectivement rester dans sa sphère familiale h 24 n’entraîne pas les mêmes interactions que d’aller dans son établissement scolaire où beaucoup de temps collectifs vont être enrichissants, cet aspect socialisation est la meilleure raison de retourner en classe .
Pour certains, Ils vont lâcher d’office un peu les écrans. La tablette a parfois servi de nounou et on connait tous l’impact des écrans sur le développement intellectuel des enfants. Enfin, ils vont prendre l’air différemment : (certains cours se feront à l’extérieur), pour ceux qui sont en appartement ce sera vivifiant.

2: Ça va être un moment d’échanges sur cette crise : certains enseignants qui ont repris-le 11 mai- ont vraiment apprécié ces temps de paroles avec leurs élèves, en petit groupe, et les élèves aussi, c’est un point positif : parler avec d’autres personnes que son premier cercle. Cela permet de se rassurer, de partager ses joies et ses peines, de positiver, de prendre de la distance, d’exercer son sens critique. Les enseignants sont des professionnels de la communication.

Par exemple une petite fille ne voulait pas aller en classe (en mai), sa maman elle-même n’était pas rassurée, mais elles ont essayé tranquillement, et quand elle est revenue (qu’elle a vu que l’on avait pris les précautions d’hygiène pour éviter la propagation du virus) elle était contente de revoir son école, elle s’est détendue et sa peur s’est envolée. Les enfants qui sont retournés à l’école vont mieux que les autres, vérifient les personnels de la santé ! Le bon sens populaire le dit « c’est souvent le premier pas qui coûte ».

Des parents expliquent que leurs enfants ont fait des crises d’angoisse à cette annonce de la reprise : Il faut être vigilent à cette peur qui s’exprime. Voir d’où elle vient comment elle se transmet. Et parfois le fait de dépasser cette peur permet de la relativiser. Néanmoins si l’enfant est dans un état de stress dépassé il ne faut pas hésiter à consulter.

3: Ils vont donc retrouver leurs camarades certes mais surtout leur vrai(e) professeur(e). Beaucoup de parents se réjouissent de ne plus avoir à être  « prof de secours » retrouver le cadre de la classe va leur faire du bien , et aux parents aussi, surtout à ceux qui télé travaillaient. Une forme d’équité dans les apprentissages entre élève va revenir.

Les révisions collectives vont être les bienvenues (même sur 15 jours). Les enseignants vont sonder les acquis et vont guider leurs élèves. Il y aura peut-être des stages de soutien de fin de vacances dans certains quartiers : des vacances apprenantes fin août.

Une maman me disait en séance que son enfant (en CP) était allé deux jours à l’école et cela l’avait vraiment boosté pour lire. Le regard les encouragements de l’enseignant des pairs aussi est crucial dans l’apprentissage et le rythme est essentiel pour les enfants. Chaque jour compte.

4: Autre point structurant : Cette reprise va permettre de se dire au revoir avant les vacances. On s’est brutalement quitté le vendredi 13 mars et depuis on a vécu des temps d’arythmie. et cette césure (22 juin/ 3 juillet) entre ce temps de confinement –déconfinement progressif et les vacances va permettre aux enfants de s’y retrouver . De marquer le temps.

Il y a eu un peu de lâcher-prise de la part de certains parents, j’ai entendu des parents dire –et c’est sans jugement- qu’ils n’avaient pas inscrits leurs enfants dans les créneaux proposés depuis le 11 mai, car ils n’avaient pas envie de lever les enfants et de courir, d’autres ont demandé l’avis à leurs enfants qui n’étaient pas trop chauds pour y retourner. C’est tout à fait compréhensible ce lâcher-prise, ce manque de repère, c’est une répercussion du confinement. Néanmoins c’est bien aux parents de guider d’éduquer de choisir ce qui est essentiel pour leur enfant, cela le rassure et le fait avancer.

Cette reprise permet un retour à un début de normalité !

5: Enfin, comme la reprise est obligatoire, si l’on n’a pas de raison médicale (santé physique ou mentale) de ne pas remettre son enfant à l’école : on peut juste s’appuyer sur le fait qu’il faut respecter la loi. L’instruction est obligatoire à partir de ce 22 juin (pour ceux qui sont inscrits à l’école) elle se fait donc en présentiel. Respecter la loi (en tant que parent) permet de montrer l’exemple. Les parents sont les modèles, ne l’oublions pas.

Bonne fin d’année scolaire et surtout belles vacances à chacun. Sylvie Etiève

Message privé d’une maman : « Bonjour. je viens de regarder le replay de l’interview sur BipTV. Un grand merci pour ces paroles pleines de bon sens et sans jugement. Je suis confortée et rassurée quant au fait qu’il était nécessaire de remettre mon petit dernier à l’école. je finissais par douter face aux réactions de notre entourage !!! Merci . »

Post-confinement: la maison ‘cœuronavirus’

COCONFINEMENT OU CONFINEMENT DECONFIT

Gérer ses coro-émotions

A cause du coronavirus nous sommes restés enfermés pendant 55 jours !

Tous dans des conditions différentes, chacun avec des expériences normales, heureuses, malheureuses

Pour aider les enfants à « digérer » ce temps de confinement imprévu, long, et de toutes façons marquants car s’inscrivant dans une ambiance anxiogène et un contexte historique, j’ai proposé ce petit exercice collectif, simple et efficace.

La maison ‘cœuronavirus’ :

Les enfants ont à leur disposition des petits papiers, en forme de cœur ou en forme de virus et écrivent dans les cœurs les bons moments du confinement comme s’ils étaient dans un cocon (le coconfinement) et écrivent (seuls ou sous la dictée) les mauvais moments sur les papiers en forme de virus (qu’ils reconnaissent tout de suite) !

L’objectif est de libérer la parole, de mettre en mots ce qui parait important à leurs yeux. Ils ont des yeux d’enfant, un cerveau d’enfant et ce qui est important pour eux ne l’est pas forcément pour nous.

On lit sur des étiquettes que recevoir une carte Pokémon fut un bon moment (un moment aidant), pas certaine que cette même carte aurait autant d’importance pour vous et moi !

Le manque de contacts avec les cousins, cousines, copains, copines, grands-parents, famille, amis, école… fut généralement ressenti par tous : cette absence de socialisation est un des indicateurs les plus perturbateurs (encore plus marqué chez les adolescents) .

Certains ont vraiment apprécié les moments privilégiés avec les parents un peu plus à la maison que d’habitude pour certains. Le fait d’être confiné a permis à certains de resserrer les liens. Les animaux domestiques ont compté aussi.

L’objectif de remplir la maison cœurona est également d’être à l’écoute des autres : partager des expériences et voir que d’autres ont pu vivre la même chose, voire, pire ou mieux, ce qui permet d’analyser sa propre vie, de la relativiser, de la comprendre. Les enfants sont facilement empathiques lorsqu’ils se sentent en confiance.

Un des enfants ayant vécu une séparation difficile a confié sa tristesse à l’ensemble du groupe qui l’a consolé, et un jeune membre du groupe lui a donné les avantages de cette séparation : l’enfant s’est arrêté de pleurer a marqué un temps de pause et elle a souri. Elle n’a pas souhaité écrire cela dans un virus, mais en fait ce qui compte c’est le fait qu’elle ait déposé sa peine.

On voit aussi que l’impact du numérique (TV/ordinateur/tablette/téléphone) a été prégnant pendant ce confinement :

on a regardé des films, on a fait des skype, des apéros-visio, on a fait des vidéos. A la TV on a été « embêté par les pubs coronavirus » « ils disaient toujours de se laver les mains », la musique était triste renchérit un enfant à l’oral. Elle faisait un peu peur même dit un autre !

Des changements d’habitude (repas, sommeil…) et de rythme peuvent aussi avoir des répercussions sur la suite :

Un enfant expliquait que tout le monde faisait la grasse matinée pendant le confinement par exemple.

Il est important qu’un rythme soit repris pour retrouver un équilibre. Le fait que les vacances d’été se profilent derrière cette potentielle reprise de fin d’année n’encourage pas certains parents à s’imposer cette reprise.

Si les enfants ont une capacité d’adaptation bien connue, dans cette crise certains l’ont prouvé. Mais… Ils ont cette faculté également de très vite passer à autre chose c’est parfois déstabilisant pour nous les adultes mais c’est une chance pour eux.

En revanche la notion de temps chez l’enfant n’est pas la même que nous. Ces 55 jours ont pu paraître une éternité pour certains, d’autant plus si le climat familial n’était pas harmonieux. Avec un horizon soudainement rétréci la période pouvait générer des impatiences du stress des angoisses des colères de l’ennui

Certains enfants ont vraiment bien aimé cette période, ils se trouvaient comme dans un nid, à l’abri du danger.

Le but de cette pratique « la maison cœurona » est de repérer les traces d’un éventuel trauma pouvant rester de cette période restrictive, car on sait que le confinement a des impacts sur les habitudes de vie et que ceux-ci peuvent entraîner des difficultés durables au retour à la vie normale*

N’hésitez pas à reparler du confinement avec vos enfants ( vos élèves, les enseignants ont un grand rôle dans cette démarche)*: la maison,les cœurs et les virus ne sont que des supports permettant un retour sur expérience, retour salvateur, au moins indicateur, mais de toute façon nécessaire.

Bonne discussion avec les enfants.

N’hésitez pas à utiliser ma modeste idée de « la maison cœuronavirus »

Sylvie Etiève

Lien pour les professionnels (enseignants et autres professionnels travaillant avec des enfants : *file:///C:/Users/Sylvie/Desktop/maison%20corona/fiche_mss_reperer_les_impacts_du_confinement_sur_les_enfants_0605.pdf

La maison coeuronavirus (Sylvie Etiève)

FIN DU CONFINEMENT !

Comme tout le monde une date trotte dans la tête !

Le 11 mai : date de la fin du confinement… je vous propose cet article qui comporte deux parties :

1 : Une série (non exhaustive) de conseils

2 : Une rédaction sur le sujet du confinement et de sa suite

Bonne lecture !

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I : Quelques conseils pour sortir du confinement

*Savourer la liberté retrouvée de se déplacer un peu plus aisément. Si l’on est extraverti on est encore plus impatient (comme un lion en cage) que si l’on est introverti (il faudra sortir de sa zone de confort).

*Recréer des liens, au plus vite. Le lien social est un excellent antidépresseur, et permet une meilleure santé physique. Donc voir et aller voir surtout les personnes isolées et âgées : c’est vital.

*Voir le déconfinement comme une chance : revoir des personnes chères, vivre des moments tant attendus, exemple : une jeune mamie a tenu un cahier de tout ce qu’elle a « loupé » avec ses enfants et petits-enfants depuis le début du confinement et va les vivre après, comme : faire chercher les œufs de Pâques dans le jardin, goûter à un nouveau plat de sa fille, fêter un anniversaire…

* (re) Changer ses rituels. Avec la période de confinement, on a mis en place certaines routines, que l’on va devoir modifier avec le retour à une vie allant vers la normale. Caler un peu plus de temps pour aller travailler, (télétravailler pouvait, pour certains se faire en chaussons !) reprendre des rythmes de sommeil plus réguliers s’ils ont été modifiés.

*Accepter un temps de réadaptation à cette nouvelle vie (faite de distanciation). On va retrouver certaines habitudes, mais il faudra faire le deuil de certaines autres.

*Garder une trace, un souvenir, de ce confinement permettra de l’inclure dans notre vie, dans celle de nos enfants (leur garder quelques journaux, une autorisation de sortie, des photos, des écrits anecdotiques…).

*Lister des projets (réalisables) et écrire la liste de ce qu’on voudrait vivre, de nouveau. Se projeter, permet de donner une dynamique à sa vie qui nous donne de l’énergie.

* Garder ce que l’on a aimé dans le confinement (consommer local ? télétravail ?), et se détacher de ce qui a été nocif (certains ont eu des problèmes d’addiction). Noter ce que l’on a dû arrêter de faire et que l’on ne tient pas à reprendre, ou que l’on attend avec impatience.

*Gardons les valeurs de solidarité de respect et de reconnaissance* (celles des métiers invisibles par exemple) mis en valeur durant ces deux mois.

*Redéfinir nos propres valeurs, mais aussi, les valeurs collectives autour de la solidarité, de la santé, de l’alimentation, de la nature et de la pollution, de l’importance de l’exercice physique (le confinement ayant accentué notre sédentarité). Donc bougeons, sortons, marchons, respirons, mangeons sains, échangeons…

*Conscientiser ce qui nous fait peur. Le prendre en compte, et trouver ce qui va nous tranquilliser. Exemples : gestes sanitaires, se déconfiner à son rythme : pas d’urgence pour faire des courses, ou faire un drive fast-food, trouver une alternative aux transports en commun (vélo, marche à pied, covoiturage) …

*Si au-delà d’un mois l’on arrive pas à se sentir bien, si l’on a des manifestations d’anxiété : réaction imprévue, perte de sommeil, pleurs, tremblements, agressivité, déprime, tension… Ecrire, Dire ce que l’on ressent est un premier pas vers « la digestion » du moment. En parler avec quelqu’un ou rencontrer un professionnel peut s’avérer nécessaire. En une ou deux séances cela peut s’arranger.

*Si l’on devient agressif, suspicieux envers les autres : prendre des distances et se rappeler le savoir vivre.

*Prendre très au sérieux les situations de précarisation dues au confinement. Si vous êtes dans ce cas ou si vous connaissez quelqu’un : ne restez (le/la laissez) pas seul(e) !

*Etre prudent sur ses habitudes par exemple : lors d’un apéritif favoriser le petit pot individuel de cacahuètes plutôt que le pot collectif , des verres jetables !

*On héberge tous des dizaines de bactéries, par exemple 80 % de la population est porteuse du virus de l’herpès et tout le monde n’en souffre pas. Il faudra vivre avec ce coronavirus, comme on vit avec des maladies graves, mais une fois, les tests largement disponibles et surtout le vaccin trouvé nous serons plus sereins.

 *Respecter le triptyque : protéger, tester, se confiner si l’on est contagieux. Cela permet de se sentir en phase avec le collectif.

*Il est parfois plus facile de se confiner que de se déconfiner. Car il faut prendre ses responsabilités, minimiser les risques, … Certains ont fait une psychose c’est-à-dire qu’ils ont ressenti une distorsion affective et émotionnelle qui fait qu’ils ont perdu le contact avec la réalité et ils ont pu avoir des comportements excessifs (tout nettoyer exagérément…). Et il est encore plus compliqué pour eux de remettre leurs pensées en question.

*Ne pas avoir envie de sortir peut s’expliquer (on était bien dans notre cocon) , on a un peu peur du virus. Il faut s’écouter et ne pas dramatiser sur cette situation ! On peut ressentir ce qu’on appelle le syndrome de la cabane. 

*Conserver sa sagacité et son sens critique.

*Et si l’on a su « lâcher prise » pendant ce confinement : gardons cette habitude une heure de temps en temps pour retrouver un certain bien-être.

*Rire, sourire, garder son humour et sa courtoisie.

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II: SE DECONFINER

Après plus de 50 jours de confinement et de vie au ralenti, nous allons pouvoir lever quelques amarres pour essayer de reprendre un peu de large. Il ne faudra pas sortir du port confinage sans un minimum d’instruments à bord :  masque, gel, mouchoirs en papier, distanciation physique, responsabilité, lavages des mains, tests et avant tout bon sens (critique), évidemment. En revanche l’on pourra laisser notre feuille de route remplie, recopiée ou téléchargée depuis plusieurs semaines. Comme un petit goût de liberté (responsable) retrouvée !

Cette liberté très encadrée, comprise et respectée dans l’ensemble, se devait sans doute de l’être pour sauver des vies. Des milliers de vies l’ont été (gratitude envers le corps médical), avec même un bonus car avec la chute de la production industrielle et de la circulation, des personnes (malades chroniques) ont été sauvées grâce à cet air amélioré !

Mais des milliers de vies ont été perdues aussi : c’est le prix d’une pandémie. Les chiffres n’ont pas d’âme on le ressent bien, si l’on a perdu quelqu’un pendant cette période. J’y reviendrai.

Le premier point de ce que l’on pourrait tirer de ce confinement tournerait autour de la notion de liberté mais aussi et avant tout de la qualité de vie. Qualité de vie d’abord : baisse des pollutions de l’air, mais aussi diminution de la pollution sonore ! Grand besoin d’air pur mais aussi de verdure ! Une grande quantité de citadins se sont promis d’essayer d’accéder à un logement avec jardin. Notre rapport à la nature (parfois bafoué, malgré nous) est aussi une donnée à méditer. Quand on s’étonne de voir des animaux (chevreuil, daim, …)  Ici ou là circuler dans des villes ou villages alors que leur place est dans la forêt, on est en droit de se demander si nous n’avons pas tout simplement (à l’échelle de la Terre) un peu oublié de leur préserver leur univers.  On le savait, va-t-on, suite à cette expérience, le respecter davantage ? On comprend qu’il en est sans doute de notre survie : partager la planète !

Recouvrer une forme de liberté et de qualité de vie (aller en forêt par exemple) devrait nous faire le plus grand bien. Retrouver la possibilité de sortir sans préparer ce « laisser-passer » va alléger notre vie. En même temps on sait que l’idée de devoir se déconfiner entraine plus d’anxiété pour certains que de tranquillité.

Effectivement, sociologiquement il est vérifié qu’il est plus facile de suivre des mesures de restriction que des mesures de liberté. En effet, a priori « la liberté des uns, s’arrête où commence celle des autres ! » comment maitriser cette liberté de mouvement dans un contexte ou un virus court (ou ne court pas). On a la sensation en récupérant la possibilité de se déplacer, de partir en lutte contre l’invisible. Comme si à chaque poignée de porte, à chaque personne croisée, elle était là, tapie, prête à nous faucher : la maladie, parfois mortelle, comme toutes les maladies du reste. Il est donc normal de ne pas se sentir complétement libre : le contexte prévaut sur l’éthique ! On ne se sent bien et libre que lorsque l’on se sent en sécurité. Et là ce n’est pas tout à fait le cas, en même temps l’on sait qu’il y a sans doute eu exagération médiatique sur ce sujet qui ne nous permet peut-être pas de relativiser ce qui peut l’être. Peut-être que de notre côté nous avons surconsommé les informations (bonnes ou moins bonnes), nous n’avons pas toujours pensé par nous-mêmes, nous ne sommes pas assez documentés, c’est normal, nous avons été sidérés, voire paniqués, par cette pandémie, et dans cet état là il est impossible de prendre rapidement du recul.

De plus on vient de subir un long temps d’enfermement plus ou moins intense. Suivant que l’on soit intro ou extraverti ce confinement a été différemment ressenti. Les premiers ont apprécié cette distance sociale, les seconds ont été comme des lions en cage. Pour certains, très sociables, ne pas pouvoir aller se promener tranquillement ou aller prendre un café au bar d’à côté ou papoter avec un voisin est une perte énorme de liberté. Les visios n’ont pas tout remplacé !

 Il y a pu y avoir cette idée de coconfinement, un peu dans notre bulle sécure, (comme un retour à la sensation du ventre maternel vont jusqu’à dire certains psychanalystes), dans notre petit espace protégé en lien avec le monde par notre cordon ombi-numérique ! Il va falloir sortir de cette zone de confort pour se réadapter à la vie sociale teintée de la crainte d’être contaminé.

Bien-sûr l’on n’est pas tous égaux pendant ce confinement. On a constaté une hausse des violences intrafamiliales (espérons que les situations vont pouvoir se régler avec le travail des acteurs sociaux même s’ils n’ont pas arrêté ! Ne soyons pas moins attentifs et alertons s’il le faut.)

Certaines personnes âgées (ou seules) subissent le syndrome du glissement*, d’autonomes et plutôt positives elles deviennent dépressives et ne souhaitent plus qu’une chose « partir ». La rupture du lien social est catastrophique pour les personnes âgées ou vivant seules (si elles présentent des troubles psychiques). L’absence de lien avec leurs proches en a même sans doute conduit certains à être moins défensifs face au coronavirus, car l’interaction sociale permet une bonne santé*. Le nombre d’appels sur les lignes d’écoute a terriblement augmenté. L’après-confinement dépend donc très intimement du confinement que l’on a vécu.

Il y a donc la peur, émotion incontrôlable, peur qui nous gouverne et qui nous empêche parfois d’agir en conscience. L’idée serait tout d’abord de prendre conscience de cette peur, à quelles attitudes de prudence doit elle nous conduire ? Les gestes barrières sont une réponse, les tests aussi. On peut pour prendre conscience et relativiser notre peur, repenser dans le passé à un moment qui nous faisait peur et qui en fait était injustifié. Le proverbe dit bien « la peur n’évite pas le danger. » La peur non contrôlée entraine parfois des comportements agressifs, des comportements de rejet, des comportements inadaptés.

L’on pense aussi que des phobies vont s’exacerber (agoraphobie (peur de la foule), l’anthropophobie (peur des gens), la blemmophobie (peur d’être jugé, regardé, suspecté), ces phobies doivent être prises en charge.

Autre difficulté : les addictions, à l’alcool notamment (mais aussi aux médicaments, aux jeux…), ont augmenté pendant le confinement. Coupé des autres, l’alcool était un moyen de se « divertir » un peu, des jeux de défis d’alcool (en ligne) ou des apéros visios « chargés » ont entrainé certains à boire plus que d’habitude, et à y prendre goût ! Contrôler son instinct primaire n’est pas toujours aisé. S’il n’y a pas d’autorégulation, avec le retour sur les routes, le taux d’accidents (exceptionnellement bas le mois dernier) pourrait augmenter dangereusement. Il nous faudra veiller à ce problème qui pourra mettre la vie des uns et des autres en danger.

Un autre point de vigilance après ce confinement concerne tous ceux qui ont connu une situation financière difficile, la dépression voire les idées suicidaires est à craindre chez les personnes fragiles précarisées par l’arrêt de la vie économique (petits entrepreneurs, intermittents, certaines professions libérales…) Le covid 19 ne fait pas que des ravages physiologiques ! Les ravages psychiques sont tout autant à craindre. Et là encore cette notion de solidarité vécue pendant le confinement ne doit pas s’arrêter au 11 mai. D’aucuns m’ont dit qu’ils paieront deux fois leur coiffeur à leur prochaine coupe de cheveux, juste par soutien ! D’autres continueront d’aller rendre service à un voisin esseulé. D’autres respecterons un peu plus le travail invisible (le ménage des bureaux tôt le matin) les éboueurs, les soignants anonymes…La solidarité peut prendre de nombreux visages, on l’a vu depuis deux mois, ces visages doivent garder le sourire, et l’on ne peut que souhaiter que les formes de rejets de délation de mépris voire d’injures elles, s’éteignent avec la mi-mai…

Ce qui serait beau, oui, c’est que de ce confinement on en garde un « vivre-mieux », que l’on repense aux valeurs fondamentales d’une civilisation humaine plus juste, mais il se peut que cette réflexion soit très idéaliste et que le naturel ( ? ) revienne au galop.

Bon déconfinement (même si je doute que ce mot soit dans le dictionnaire) il trotte dans nos têtes !

Sylvie Etiève 05 05 2020

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Notes:

*Le syndrome de glissement est le changement d’attitude, de comportement d’une personne âgée, connaissant une soudaine perte d’autonomie. La personne qui était jusque là autonome perd le goût de la vie, et ne se lève plus ne se lave pas ne s’habille pas, mange peu ou pas. De plus , elle s’angoisse davantage et connait certaines peurs.

*« La richesse des liens sociaux, permet une meilleure santé. Les interventions sur le lien social sont plus importantes que les traitements médicaux. » (Jean Dominique Michel-anthropologue suisse)

* »compensation pour les malades, gratitude pour les soignants » André Comte-Sponville.

Photo: Delphine que je remercie pour ce cliché.

TEST covid – Confinement, acte deux.

 (conçu par Sylvie Etiève- thérapeute conseils- 16/4/2020)   

Nous sommes en confinement depuis plusieurs semaines, et d’autres sont à venir. Psychologiquement c’est une épreuve. Je vous propose un petit bilan personnel pour voir où vous en êtes dans votre « bien-être » et éventuellement prendre en compte ce qui va moins bien pour l’améliorer. Répondez simplement par oui ou non à ces 10 questions (notez le numéro de la question et votre réponse sur un papier, votre tel…)

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Depuis le début du confinement :

1 : Vous êtes sorti(e) chaque jour les dernières semaines (au moins 20 minutes) ? OUI (pratiquement) NON(et en plus je suis éloigné(e) de la nature)

2 : Vous avez pu parler, vous exprimer régulièrement sur vos ressentis ? OUI NON

3 : Vous avez programmé et réalisé au moins une chose que vous n’auriez pas faite s’il n’y avait pas eu le confinement ? OUI NON

4 : Calme, zen-attitude, sommeil de plomb,… : ça vous connait ? OUI NON (je suis stressé(e), anxieux(se) insomniaque, colérique, triste…)

5 : Vous êtes resté(e) constant dans vos consommations (café, alcool, tabac, sucreries, nourriture …séries, jeux vidéo, réseaux sociaux…) ? OUI NON

6 : Vous avez toujours eu le moral ? OUI NON (j’ai même des idées morbides ou je suis endeuillé(e))

7 : Vous avez découvert des nouveautés (télétravail, visio, jeu, site internet, visite virtuelle, actions ménagères, lecture, bricolage …) ? OUI NON

8 : Vous vous êtes senti(e) plus altruiste (solidaire) qu’égoïste (vous n’avez pris des nouvelles de personne, aidé personne…) ? OUI NON

9 : Vous avez essayé de respecter un certain rythme, garder certains rituels ? OUI NON

10 : Vous avez ri, souri, un peu chaque jour ? OUI NON

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Toutes les questions auxquelles vous avez répondu « non » doivent faire l’objet de votre attention. Donc vous pouvez essayer de remédier à ce qui peut éventuellement faire défaut dans ce confinement.

N’hésitez pas à y réfléchir (bravo d’avoir fait ce test) , à vous informer: (articles de conseils) , à inventer vos propres réponses, à parler avec vos proches ou avec des professionnels. 

N’hésitez pas à caler un RV!

NB: en plus de l’écoute gratuite, les visio-consultations se poursuivent.

COVID 19 : 19 Conseils Objectifs Vitaux Indispensables Décisifs

covid 1 : ACCEPTER et S’ADAPTER et ENDURER:

*Ne pas être dans le déni, ni dans un « clivage du moi » en se disant, je ne suis pas vraiment concerné(e).

*Comprenons à quoi sert le confinement (voir diaporama Le Monde)
Et visionnons l’utilité de la distanciation sociale (vue par Juan Delcan)

*Se préparer à cette situation inédite et envisager la situation différemment si l’on est seul ou pas (voir plus bas) !

*Comme on ne peut pas agir sur le phénomène du confinement alors « épousons-le ».

*C’est une course de marathon que nous vivons, pas un sprint, il nous faut des relais (professionnels, médias,santé,alimentation…).

covid 2: RESPECTER LES RECOMMANDATIONS D’ HYGIÈNE  :

*Pour lutter contre la progression du virus: Ne se déplacer que pour des raisons importantes et garder de bonnes distances si l’on doit se déplacer, se laver les mains souvent, poser ses chaussures, …

Cela va permettre de se sentir « en accord » avec soi et en communauté avec les autres.

covid 3: RESTER EN LIEN

*Notamment avec les personnes seules (proche ou éloignée) le téléphone, internet ne s’occupe pas de la distance, et le courrier circule encore et là les réseaux sociaux sont géniaux pour cela.

*Se donner le challenge solidaire : je contacte au moins 2 personnes par jour : 1 parent, 1 ami, 1 voisin.

*Proposer de l’aide tout en respectant les distances : aller chercher le pain, les courses, les médicaments de quelqu’un.

*Je regarde à ma fenêtre et je fais un signe à des voisins: juste un petit coucou ou un échange de quelques mots: c’est réconfortant.

*Etre vigilant si l’on est confiné à plusieurs que le communication ne se détériore pas. Prendre des temps de recul, de mise au point réciproque, savoir tourner la page et faire des concessions (de toutes parts).

*Profiter de ce temps-là pour se reconnecter à soi-même: s’écouter, se relier à une activité trop longtemps délaissée par exemple.

covid 4: OSER DEMANDER DE L’AIDE

*Si l’on en a besoin , il ne faut pas hésiter à demander un coup de main , un petit coucou (de loin) à des proches ou des voisins.

*Si l’on est seul, éloigné des siens, et avec peu de contacts, on peut mettre un chiffon rouge sur sa fenêtre pour signaler une demande d’aide à des voisins.

*Des applications permettent de recevoir de l’aide, voisins vigilants ou encore next door…

covid 5: PRENDRE L’AIR

*A sa fenêtre, à son balcon, dans son jardin, dans la rue si besoin: en respectant les distances et le lavage de mains au retour et quittant ses chaussures, en nettoyant ce qui a été en contact avec les autres : porte-monnaie, sac de courses…

*Faire des mouvements, des respirations, des jeux,du nettoyage (ses carreaux), du jardinage, du bricolage ou du bavardage (avec les voisins) ou « rien »mais le nez dehors!

*Le soleil est régénérant : donc dès qu’il est là on fait le plein de vitamines D!

*Se connecter à ses 5 sens et oser pratiquer la sylvothérapie dans son jardin

*Pour ceux qui télé-travaillent: s’imposer des pauses, sortir, car nous sommes maîtres de notre temps et parfois justement nous ne le maîtrisons pas judicieusement.

*Attention aux risques d’oisiveté de léthargie, d’apathie, d’amollissement : tant physique que psychologique qu’intellectuel: prendre l’air permet de lutter contre!

*Gare au repli sur soi !! Cette crise met en relief l’aspect parfois très individualiste de nos vies, nous pouvons davantage découvrir nos voisins à force de rester sur place !! Osons ouvrir sa fenêtre!

*Prendre l’air, la lumière naturelle est nécessaire voire vitale : pour la santé physique mais pour la santé mentale aussi !


Donc sortons ou mettons nous à notre fenêtre REGULIEREMENT !

covid 6: BOUGER

*Même si l’on ne peut pas sortir: bougeons plus que d’habitude car l’on va moins se déplacer.

*Téléphoner en marchant.

*Monter les escaliers : même si l’on n’a rien à monter ! Les descendre (on aura peut-être trouver quelque chose à descendre) !

*Faire des exercices en tournant autour de la table: genoux en haut talons aux fesses….

*Danser, sauter, s’étirer, … (certains se souviennent peut-être avoir fait du sport devant la TV avec Véronique et Davina?) ce n’est pas pire 😉

covid 7: SE DONNER DES RITUELS

*STRUCTURER LE TEMPS: s’organiser, se faire des programmes quotidiens (même si l’on ne fera pas tout) permet de tenir psychologiquement.

*Ecrire le jour : marquer le temps : c’est très important. (calendrier, éphéméride, agenda, calendrier maison…)

*Se lever environ à la même heure (sauf le week-end).

*Manger aux heures habituelles.

*Travailler différemment certes mais avec des horaires fixes: ni moins mais surtout ni plus!

*Se fixer des pauses et savoir déconnecter !

*Regarder des émissions des films culturelles ou distrayantes.

*S’oxygéner au moins deux fois par jour

*S’amuser régulièrement: à telle heure on fait un jeu de société, « on fait les fous », on chante, on partage une image humoristique…

*Faire une photo par jour.

*Ecrire un ou deux textes, messages, mail par jour.

*Sortir à 20h applaudir (si l’action nous parle) Et ne pas faire de bruit (tondeuse…) avant 15h si personnel soignant travaillant de nuit près de chez nous.

*Garder le rythme habituel autant que faire se peut, tout en se souvenant le but pour lequel nous sommes confinés.

covid 8: SE REPOSER

*Pour certains, on a à disposition un temps qui n’était pas prévu: acceptons-le et profitons- en aussi pour nous reposer, sans scrupule.

*Prendre des temps de calme : pas d’écran, peu de bruit, pas d’action.

*Eviter la sur-information, déjouer les fake-news qui fatiguent beaucoup l’esprit.

*S’essayer à la relaxation, à la méditation au yoga à l’écoute de musique calme, au silence.

*Fermer les yeux au soleil.

*S’autoriser une courte sieste, mais ne pas rester allongé toute la journée (cela entraîne des insomnies)

*Ne pas en faire plus que d’habitude à la maison, et partager les tâches.

*Se donner les conditions pour bien dormir: chambre aérée, pas de boissons excitantes après 17h, …

*Rêver, imaginer, se souvenir et sourire repose et détend…

covid 9: PRÉVOIR UN PROGRAMME DE CHOSES A FAIRE (des activités que l’on n’a jamais ou peu faites) :

*L’idée est de se changer les idées, d’innover, de faire, d’éviter la léthargie qui peut s’installer dans ce confinement.

*Prendre soin de soi (même si les coiffeurs sont fermés): massage, épilation et soin du corps, douches chaudes ou froides, tisane, papotages …

*Prendre soin des autres: appeler, rendre service, être patient.

*Repousser ses limites : tenir un journal du confinement, résoudre des énigmes, se mettre au dessin, au yoga, au math, à la lecture, au jardinage, au sport « maison » , à la couture, à la musique, à la cuisine, à la mécanique, au scrapbooking, au rumiskub, apprendre une règle de jeu que l’on ne connait pas, se lancer dans un grand puzzle… réussir à ne rien faire !

*Suivre des tutoriels pour faire soi-même.

*Faire la liste des films des séries que l’on aimerait regarder.

*Regarder : A Musée Vous, A Musée Moi 

*Visiter virtuellement un musée.

*Regarder un opéra (en ligne à 19h30 : opéra de Paris),

*Lire des livres, des BD jamais lues, une revue

*Regarder des albums photos anciennes, faire tirer les photos numériques

*Trier : les armoires, les photos, les papiers, la cave, le grenier… Ranger délasse et découvrir le fung shui

*Reprendre contact avec d’anciennes connaissances.

*Réfléchir aux projets que l’on aimerait réaliser (les planifier).

*Lister tout ce que l’on fera à la levée du confinement.

*Faire le point sur ce qui nous manque le plus et ce qui est essentiel pour soi.

covid 10: GÉRER LES HUMEURS

*La situation de confinement est exceptionnelle, non préparée, non planifiée, non désirée, non bornée: cela entraîne des conséquences sur nos humeurs: c’est normal.

*Par moment on est à fleur de peau, plus colérique, moins patient, car l’atmosphère est tendue: c’est normal !

*Bien que ce soit normal et qu’il faille accepter la contrainte  : il faut prendre conscience de nos humeurs : c’est le premier point. On peut se fabriquer une réglette de l’humeur.

*Le second c’est de parvenir à prendre du recul quand on est trop à cran: sortir, s’isoler, mettre des boules quiesse, « faire du sport », boire un verre d’eau, changer de cadre, téléphoner (parler) à quelqu’un d’autre.

*Nous devons interroger toutes nos émotions. De quoi ai-je peur? Qu’est-ce qui me met en colère? Me rend triste? Et joyeux (soyons-le)? Nos émotions sont en lien avec nos besoins. Nous devons essayer de parler de ses émotions, de nos manques, de nos croyances, pour trouver des éléments de réponses.

*Comprendre ce qui se joue dans la peur de mourir à cause de la pandémie, un article d’écologie intérieure ( a peur vue par Osho)

*Repérer les agents stresseurs et dire ce que l’on ressent, en parler avec une autre personne va nous aider à nous « délester de ce poids émotionnel ». Entendre une parole, un partage de ressenti, une écoute, va permettre de prendre un peu de recul et sentir de l’apaisement, voire de trouver des astuces pour accepter et avancer.

*Au delà de 10 jours, le confinement peut accentuer davantage le stress et nous devons y rester attentif. Trouver ce qui nous déstresse d’habitude pour l’adapter à la situation.

*Et surtout se faire un petit plaisir, sourire, va aider notre cerveau à « envoyer » un peu moins de cortisol et un peu plus plus de dopamine.

*Et si la mauvaise humeur envahit par moment la relation: s’en excuser!

Covid 11: PENSER : HUMOUR RIRE et SOURIRE

*Chaque coup de colère est un coup de vieux ; chaque sourire est un coup de jeune. – Proverbe Chinois – 

=> Alors essayons de rester jeunes !

*Sourire, stimule le cerveau qui va libérer de l’endorphine « hormone du bonheur. » Même le sourire forcé !

*Rire renforce le système immunitaire, permet un meilleur sommeil, augmente l’apport en oxygène, facilite la digestion et réduit le stress.

*Se dire des histoires drôles, des anecdotes du jour, des histoires de familles amusantes, se faire des surprises (dessiner des sourires sur des post-it)…

*Faire le pitre. Faire des grimaces. Rire « comme une baleine ». Imitez les animaux…

*Regarder un film comique, une vidéo amusante,lire des posts qui « sourient » de la situation du confinement (il y a de quoi faire!) .

*Se sourire dans le miroir, rire de soi et faire (sou)rire les autres …

*Essayer de rire autant qu’un enfant, qui lui même, rit au moins 10 fois plus par jour qu’un adulte.

*Essayer le yoga du rire. Il serait bon de rire 10 minutes par jour!

*Se souvenir que : sourire favorise la relation.

*Se redire que l’humour est une arme infaillible dans les situations délicates.

*Sourire en se disant : même sans sortir on s’en sortira!

*Et relisons le beau poème du sourire de Raoul Follereau (1920)
« Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n’est assez riche pour s’en passer,
Personne n’est assez pauvre pour ne pas le mériter … »

Covid 12: SPÉCIAL PERSONNE SEULE


*Les conditions du confinement en solo dépendent de diverses situations : seul(e) car loin de chez soi -notamment certains étudiants, seul(e) comme d’habitude, seul(e) car en quarantaine, seul(e) par précaution… il faut donc prendre en compte vos conditions et écouter, noter ce qui vous manque le plus pour envisager de le compenser largement à la fin de ce confinement.

*L’isolement est une épreuve difficile à vivre surtout quand il n’est pas choisi: ce n’est pas difficile d’en prendre conscience, mais il faut essayer de ne pas culpabiliser de ce qu’il entraîne comme émotions et comme sentiment (tristesse, peur, ennui, pleurs, voire plénitude pour certains …) et mettre en place des actes pour combler le manque en s’occupant judicieusement et en gardant le contact avec le monde.

*Appeler de la famille, un ami, un collègue, parler, écrire, rire, se connecter à ses réseaux,se divertir, bien manger, se « soigner », rire, se donner des petits objectifs, un cadre: même quand on est seul: c’est essentiel!

*Dans la durée, si vous avez peu de contact et que le moral se ternit un peu, voire beaucoup: vous devez absolument prendre contact avec quelqu’un, car personne, ne peut constater votre état, donc appeler n’est pas une faiblesse bien au contraire cela demande beaucoup de courage:
un professionnel: mon numéro si vous voulez : 07 81 33 06 87: je propose exceptionnellement une écoute gratuite chaque matin du lundi au vendredi de 10h à 12h.  Contacter votre mairie.
Appeler un numéro d’écoute anonyme comme SOS Amitié 09 72 39 40 50 (gratuit) SOS solitude . L’association Écoute au 01 45 39 40 00 ou le site: SOS dépression => Chiffon rouge sur la fenêtre = besoin d’aide.

*Prenez aussi des nouvelles des autres , et donnez des vôtres car il faut (l’on peut) déjouer les règles de cette distanciation sociale qui nous est imposée !

* Remarque: On peut apprécier d’être solitaire sans souffrir de solitude. Et donc ressentir un certain bien-être en ce moment. Néanmoins dans cette période de confinement (imposé) il est important de garder des liens avec des connaissances ne serait-ce que pour les rassurer.
SOLITAIRE mais aussi SOLIDAIRE.

*Bien sûr la plupart des 19 chapitres conseils peuvent s’adapter à votre situation.

covid 13: SPECIAL ENFANTS

*Ils ont une capacité d’adaptation formidable mais:

*Ils ne comprennent pas bien pourquoi l’école est fermée, leur dire qu’ils protègent les autres (les grands-parents) en restant à la maison: c’est un « sacrifice » collectif.

*Normaliser leurs émotions: c’est normal d’avoir peur, mais ça se surmonte et on est là pour les aider.

*Les rassurer sur les mots « on est en guerre » en expliquant que l’ennemi est un virus invisible qui s’attaque peu aux enfants, donc en tant qu’enfant ils ne craignent pas grand chose, mais ils doivent rester à la maison pour protéger les autres.

*Les apaiser sur les différentes situations. S’il y a un anniversaire ou une fête de prévue les tranquilliser en leur disant qu’elle sera reportée à l’été! Ou imaginer la fête autrement: visio, demander des vidéos des uns et des autres, des cartes postales, faire une fête pour marquer le coup: décorer la maison, mettez les photos de ceux qui ne sont pas là…

*Les faire jouer et parler avec des petits personnages et écouter ce qu’ils font dire à leur personnage: c’est un bon indicateur de leur niveau d’angoisse ou de sérénité.

*On peut jouer sur les mots parler de coco le virus ou de coconfinement comme le font ces illustrateurs

*Une autre idée ludique et interactive pour les enfants se passe au pays du glouglou


*Les rituels sont nécessaires: leur faire écrire le jour que l’on est, cocher la date dans un agenda, la météo qu’il fait. Structurer (planifier) le temps est important pour eux comme pour nous car cela permet de donner un sens aux journées et réduit les angoisses.

*Distinguer (planning en couleur) :jour d’école ou non et avoir une activité intellectuelle les jours habituellement de classe (TV 5 TV 4 diffusent des cours ).

*Faire l’école à la maison (changer les rôles) l’enfant devient le maître le parent l’élève : tenir un cahier de vie, un petit journal, faire des origamis de la peinture, des zen-tangle de la pâte à modeler… un cahier de la créativité.

*Faire des plantations: pour jauger le temps qui passe. Observer les feuilles qui s’épanouissent sur les arbres.

*Construire ENSEMBLE des règles en famille « spécial confinement » (et leur conséquence) et rester souple (les punitions ne sont pas productives).

*Le besoin de mouvement est encore plus important : donc l’accentuer: sport à telle heure, le faire avec eux suivre leurs idées ! Danser, chanter…

*Redoubler d’attention par rapport aux écrans : faire des choix avec eux et avoir des pièces/ des moments sans connexion. Ils ne doivent pas s’enfermer dans le virtuel en plus du confinement. Eviter la sur-exposition aux images anxiogènes.

*S’ils parlent de la mort: les écouter et les rassurer à ce sujet mais ne pas évincer la question et surtout ne pas mentir. Les enfants n’ont pas forcément la même vision de la mort que les adultes. On peut en parler (si c’est trop dur, on le dit et on diffère la conversation) on n’est pas obligé de donner des détails et l’on peut s’appuyer sur des vidéos ou sur des albums.  

*Permettre aux enfants de s’exprimer sur la situation : dessiner, écrire, faire des affiches, des contestations contre le corona, mettre une boite à soucis et à idées en route, la vider régulièrement.

*JOUER et encore jouer (j’en profite pour rappeler que les jeunes enfants apprennent en jouant en exerçant leur 5 sens: donc ils doivent construire des tours de cubes avant d’empiler des cubes virtuels sur tablette!)

*Dessiner, chanter : karaoké- opéraoké, blind recycler et créer des objets des jeux avec des emballages test ! « Aller au cirque », 

*Lire des histoires et les relire : les théâtraliser, en inventer, imaginer une suite, écouter un conte par jour Ré-écouter le petit Prince Pierre et le Loup

*Se reposer (apprendre à s’ennuyer entraîne souvent la créativité). S’octroyer des temps calmes. « le temps des parents »

*Les responsabiliser dans la solidarité : appeler leurs grands-parents ou autre proche, leur envoyer une carte un mail, leur faire un dessin ou des photos avec Palapapi

*Les faire coopérer davantage à la maison : les rendre acteurs de cette vie chamboulée malgré nous, les féliciter de leur participation.

*Faire l’expérience des paillettes pour expliquer la propagation du virus, et l’importance de l’hygiène et le pouvoir du savon.

*Proposer le soir le jeu des « 3 kifs, 3 bofs de la journée »: 3 choses agréables de la journée, 3 moins agréables.
Des idées ici: Barbatruc

*Leur faire prendre l’air du mieux que l’on puisse.

*S’inventer des signaux pour dire  » besoin de calme »: un chiffon rouge!

*Faire des conseils de famille. Prendre des conseils de professionnels. (fiche pratique pour les familles)

*S’encourager et se féliciter de la patience que l’on a en tant que parents à supporter cette situation, surtout si l’on vit en appartement !!
Accepter les moments de désarroi ! Et vigilance avec le burn-out parental

covid 14: SPÉCIAL ADOLESCENTS

*Les adolescents ont besoin d’être entendus mais ils ont besoin aussi de tester leurs limites pour construire leurs valeurs,et, avec le confinement ces limites sont très (trop) rapprochées.

*On peut leur proposer de prendre ce temps pour « mieux se connaitre » en réalisant par exemple un test d’intelligence multiple, en partageant nos goûts/leurs goûts.

*Encourager, valoriser leur travail scolaire fait en autonomie!

*Varier les sources d’apprentissage; regarder des émissions « secret d’histoire » par exemple.

*Savoir que les cours en ligne sont plus fatigants, impersonnels, moins interactifs, humains que dans leur vraie classe: donc, conseiller aux jeunes de « souffler ». (« Parfois on a l’impression que le prof pense qu’il est le seul à nous fournir du travail » témoigne une lycéenne « la journée sur l’ordinateur à travailler c’est épuisant ! »)

*Trouver des stratégies pour qu’ils puissent faire du sport: c’est indispensable, il faut les y encourager! Et pourquoi pas de la relaxation en ligne !

*Se dire que les adolescents ressentent encore plus l’effet « cocotte minute » de la situation du confinement: sachons retirer la soupape car ils ont besoin d’échappatoire encore plus que jamais!

*Respecter leur espace d’intimité, d’isolement est équilibrant pour eux et encore plus en ce moment: accepter casque, boule quies, temps de repli, tout en redisant qu’ils appartiennent à la famille et que tout le monde fait des efforts dans cette situation imposée ! Ils peuvent être contre mais aussi tout contre leur famille (P. Genvresse)

*Ce n’est pas tant le fait d’être « enfermés » qu’ils vivent mal (ils l’aiment leur chambre, parfois plus qu’une balade en forêt que l’on propose…), mais c’est surtout la proximité continue avec la famille qui peut être pesant, voire insupportable. Car les adolescents ont besoin de retrouver leurs semblables (cours, activités…) ils ont besoin de se démarquer de leur famille, et là c’est compliqué.

*Ils sont souvent plus en lien avec leurs paires sur leur smartphone: c’est une chance, si les boucles ne sont pas anxiogènes et s’ils n’y sont pas scotchés 24/24 ! Encourager les conversations de groupe !

*Mettre à profit leur côté « rebelle » et les responsabiliser dans la lutte contre virus, profiter de leur profil citoyen et engagé en leur proposant de respecter la loi, en s’informant de façon fiable, d’apporter de l’aide de l’écoute aux personnes seules, de fabriquer quelque chose en lien avec la situation (livret photo pour les grands parents, drapeau blanc de soutien…).

*Certains vont jouer en ligne se réfugier dans des séries on peut aussi les inciter à faire des jeux de société , même en ligne (gus and co): et surtout continuer à leur donner un cadre, la coopération leur revient aussi.

*Faire des visites virtuelles locales ou nationales (inside 360)

*Les faire réfléchir, regarder dans l’histoire la littérature ce qu’ils peuvent en apprendre et nous apprendre: lire ou relire ou regarder:  » le Hussard sur le toit » ou le « le journal d’Anne FRANK », 

*Regarder des films « cultes » ado aussi pour se détendre: LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER, AMERICAN PIE, EASY GIRL, TOUT CE QUI BRILLE, SCOTT PILGRIM, ADVENTURELAND …

*Suivre des youtubeurs influenceurs : emy ltr, norman et bien d’autres: et surtout leur demander à découvrir ceux qu’ils aiment. Le gouvernement canadien a demandé à des artistes youtubers de « parler aux jeunes » des gestes barrières.

*Pour ceux qui passent le bac ou d’autres examens: qu’ils se répètent que « tout le monde est dans le même bateau » et qu’il est vital de parler de leurs craintes face à cet horizon nouveau. Seules les épreuves de français seront organisées. Le contrôle continue va prévaloir pour le bac 2020. L’assiduité pendant le confinement et jusqu’au 4 juillet sera valorisée: alors se donner de la régularité dans le travail pour 3 mois est aussi une épreuve.

*En cas de grosse crise (parfois agressive), ne pas hésiter à s’éloigner, s’isoler, protéger, bouger, à en reparler, mais aussi à faire appel à l’extérieur (numéro vert d’assistance : 080013000 qui peut guider vers d’autres numéros).

*Laisser aux adolescentes le numéro de la maison des adolescents de son département (il y a des permanences) et leur envoyer le lien de fil sante jeunes.

*Ils peuvent bénéficier de certains conseils ( se reporter au covid 13/enfants).

covid15: SPÉCIAL COUPLE

*Ce n’était pas prévu de passer autant de temps ensemble: donc ça peut être compliqué: on accepte cette dose de stress, et on tente de gérer les humeurs qu’il entraîne (voir covid 10).

*Cette période de confinement peut aussi être une véritable aubaine pour le couple et apporter des moments de joie, de surprises, de plaisir, de projets, de découvertes positives voire d’inovation.

*On se retrouve en face à face et ce un long moment (sauf pour ceux qui sont obligés d’aller travailler pour la santé, l’information, l’alimentation des autres). Et le temps, on a l’habitude de dire que l’on en manque (pour son couple notamment) donc réussir à s’adapter à ce temps « à deux » est un défi à relever.

* De toutes façons des choses vont se révéler: on note déjà dans d’autres pays (précédemment confinés) plus de divorces annoncés et à l’autre bout de la ligne on prévoit un baby-boom d’ici 9 ou 10 mois: Donc pas de réponse générale.

*Néanmoins c’est une occasion pour mieux se connaitre, vivre des moments inédits, se faire des petites surprises, relire sa vie de couple : rechercher nos (5) langages de l’amour ( établis par Gary Chapman dans son bestseller écrit en 1997).

*On peut en profiter pour faire le point, se souvenir d’anciens moments, voir si l’autre s’en souvient (on a souvent des surprises), rechercher des dates d’événements communs(bon exercice pour la mémoire) regarder des photos ….

*On peut faire des jeux, des tests en ligne, pour voir si l’on connait bien son alter ego.

*Il y a le côté « pas de contacts qui est dans l’air » (évitons les embrassades) qui n’arrange rien, mais il n’est pas interdit de s’aimer d’amour tendre.

*Savoir et tolérer que la vie d’un couple est un peu saisonnière, il y a des saisons chaudes et des un peu plus froides: et que c’est un cycle.

*Faire de nos différences une force pour traverser cette crise. Si l’un est plus ordonné et l’autre plus fantaisiste: s’appuyer dessus sera un atout. Eviter de s’arc-bouter sur les travers de l’autre.

*Organiser, répartir les tâches nouvelles qui s’imposent : école à la maison, télétravail, ménage… et ne pas se laisser aller !

*Et si, par moment l’on ne se supporte plus car les tensions sont exacerbées : on prend le large (enfin le semi-large) on s’isole dans une pièce, on sort (si jardin) on va faire un petit tour- avec son attestation-, on appelle quelqu’un pour se changer les idées, on prend un livre on regarde un film… on sort de la boucle du conflit menaçant.

*Envisager des moments et des lieux à chacun.

*Il y a aussi la situation des couples qui sont éloignés à cause de ce virus: la confiance, l’écoute, les nouvelles, les signes d’amour, l’attention, la compassion (suivant les cas), vont être des mots clés.

*Ce moment va dépendre de ce que vous allez en faire. Une même réalité presque pour tous : le confinement : mais des conditions tant matérielles humaines que psychologiques différentes à gérer. Les optimistes seront plus faciles à vivre que les rabat-joie. Mais souvenez-vous bien que l’on peut toujours changer : changer c’est le propre de l’humain !

covid16: CONFINEMENT EN SITUATION CRITIQUE

*S’il se passe en compagnie d’une personne agressive: le confinement peut être un vrai calvaire: violences conjugales, psychologiques et physiques: alerter quelqu’un (voisin, ami, famille, inconnu). Le 3919, le 17, le 114 par sms sont toujours en fonctionnement, les pharmaciens sont à votre écoute ou allez en ligne 24/24 sans trace d’historique: arrêtons les violences.gouv.fr . Vous n’êtes pas responsable de sa violence, faites-vous confiance et protégez-vous au mieux, vous allez y arriver.

*Si vous avez des doutes pour la sécurité d’un enfant (violence sur celui-ci) le 119 est toujours en fonctionnement et le 17 reste de mise Rendez-vous sur le site du gouvernement il y a un formulaire en ligne. Ces appels sont anonymes et gratuits

*Certaines personnes n’ont pas la possibilité de se confiner: faute de « chez soi ». Si vous voyez de chez vous des sans-abris perdus: appeler le 115 ou la mairie ou la croix-rouge ou toute autre association solidaire de votre connaissance. Et il n’est pas interdit de dire (de loin) quelques mots à cette personne.

*Pour les adultes en situation de handicap chez eux: si vous en connaissez proposer leur de faire leurs courses, de leur parler un peu. Si vous en faites partie: demander de l’aide est normal: et dites-vous que se rendre utile est parfois une chance pour vos voisins. ÉVITEZ L’ISOLEMENT

*Pour les parents d’enfants (ou adultes) en situation de handicap, c’est « la double peine » : ne restez pas seul à le supporter. Des pistes sur le site : solidaires-handicap

*Si vous êtes une personne à risque (+ de 70 ans, problèmes cardiovasculaires, diabétiques, malades , enceinte (+ de 6 mois), dépressif: redoublez de prudence, mais en même temps ne vous sur-informez pas et surveillez vos sources: changez-vous les idées: c’est encore plus important pour vous.

*Si vous pensez être touché par le coronavirus: vous ne devez pas vous présenter spontanément aux urgences, vous ne devez pas vous rendre chez votre médecin sans l’avoir contacté avant. C’est de la responsabilité de tous, donc de la votre de respecter les gestes et les consignes sanitaires: être informé et agir avec bon sens permet aussi de ne pas culpabiliser, et de ne pas ajouter du mal-être mental à la maladie (plein de courage à vous). Surtout : FAITES-LE 15 si vous avez des difficultés respiratoires.

*Si vous êtes : personnel de la santé, ou toutes personnes travaillant pour le bien et la vie des confinés: toute notre gratitude! MERCI (protégez-vous).

covid 17: S’ASSOCIER A UN GESTE COLLECTIF

*Suivre les infos des initiatives locales (à distance). Exemple dans un village: les cloches sonnent à 19h30 pour donner un signe de vie à tous. Et encourager d’un mot ou geste positif les initiatives qui vous parlent. Exemple de solidarité de fabrication de masques/visières pour les soignants dans l’Indre.

*Des personnes fabriquent des masques en tissus: pourquoi ne pas vous y associer: donner de l’élastique, du tissus, du temps ?

*A 20H :applaudir les personnels soignants-et tous ceux qui aident- à notre fenêtre ! Mettre un drapeau blanc de soutien (fenêtre, jardin), cela crée un lien altruiste, invisible mais rassurant.

*Réaliser un montage photo,vidéo (un tuto), une publication, pour garder le contact avec d’autres, donner le sourire, partager une émotion, un souvenir. Certains font des concerts de quartier…

*Suivre et soutenir les artistes qui créent des réalisations en ligne: Exemples :La symphonie confinée: la tendresse, Le Boléro de Ravel par l’orchestre national de FranceEt d’autres liens sur le Monde. et ailleurs!

*Soutenir tous les artisans et entrepreneurs les travailleurs qui sont touchés de plein fouet dans leur vie professionnelle (et personnelle donc) par la mise à l’arrêt de leur activité. Il est proposé par exemple à ceux qui emploient des personnes à domicile de leur verser une partie de leur salaire même si elles ne viennent pas. Donner est gratifiant. Si l’on en a les moyens on peut aider, s’entraider: certains n’auront pas de salaire ces temps-ci ! « Donner c’est recevoir »!

*Proposer son aide: à son échelle en se rapprochant de sa mairie ou d’une association, ou de jeveuxaider.gouv.

covid 18 : SE PRÉPARER A L’APRES

*On sait déjà que le retour à la normale sera progressif: en fonction des régions, des âges, des situations : mais ce retour viendra: anticipons-le tranquillement !

*Des conditions de notre confinement dépendront les « traces » qu’il laissera: ambiance du foyer, isolement, santé, tempérament, jardin ou pas, … les données varient. Au delà de 10 jours de confinement, l’impact psychologique est plus marquant. Prévoir des temps de décompression sera important.

*C’est un peu comme si l’on nous avait mis dans un avion rapidement, que le confinement était le temps du voyage en altitude (coupée de la Terre, mais pas hors contrôle) et que l’après serait l’arrivée dans la « vie de nouveau ». Donc préparation et adaptation à l’arrivée dans ce nouveau pays!

*Juste avant le confinement les arbres n’avaient pas de feuilles juste après ils en auront! Nous aussi nous aurons mûri, grandi, un peu vieilli, en tout cas changé! Quels changements seront les plus marquants à votre avis (notez-les et vous y reviendrez dans quelques semaines!)

* »Chassez le naturel, il revient au galop »: nous avons donné un grand coup de frein sur notre consommation, nos trajets,… visiblement la nature ne s’en porte pas plus mal : Alors préparons nous à garder cette vigilance de l’importance de l’équilibre Terre/Humain.

*Des élans de fraternité de coopération se sont mis en place: on réalise que l’on peut consacrer un peu de temps « à l’Autre »: là aussi gardons de cette épidémie cette notion de solidarité: être attentif aux autres (et notamment les plus fragiles).

*Si l’on a été beaucoup en famille, et que les enfants (étudiants notamment) repartent, le syndrome du nid vide pourra se faire sentir. Même si le retour à la normale soulagera chacun (si si 😉 )

*La période qui suivra ce temps de confinement sera un temps nouveau: s’y préparer mentalement: la place du numérique, le temps qui se ralentit, le silence relatif (moins de voitures, d’avions,…), mais plus de promiscuité supportable complice et/ou parfois insupportable … Certes rien ne sera plus comme avant cette crise, mais en même temps ce n’est pas la première épidémie que connait notre civilisation donc ce n’est sans doute pas la dernière: qu’en concluons-nous ?

*Prévoir un temps de déconnexion, car pour certains le temps connecté aura été accentué pendant cette période. Pourquoi pas une séance de sylvothérapie ou une balade à la campagne, mer, montagne…

*Des temps de paroles: que ce soit pour les enfants (nécessaires dans les écoles), les adolescents, les jeunes adultes, les adultes les seniors et les âgés SERONT NÉCESSAIRES même si le confinement s’est bien passé car beaucoup de stress aura été accumulé.

*Si l’on a perdu un proche dans ces semaines-ci,et que l’on n’a pas pu se rendre à son chevet , à ses obsèques alors qu’on le souhaitait: trouver un moyen d’accompagner ce proche dans sa dernière demeure, même de façon différée voire symbolique est une question de vie pas de mort: le travail du deuil est essentiel pour avancer personnellement.

*Deux voisins se disaient hier entre eux: « Quelle que soit la date: on fera une belle fête des voisins à l’issue de ce confinement. » Prévoir un beau rassemblement amical familial (avec précaution) pour sourire à la vie, peut être une piste de projet.

*Lister ce que ce confinement nous aura apporté de positif: ce que j’ai lu, regardé, rangé, fait comme efforts, apprécié, … et s’en réjouir !

*Espérer, programmer un temps de reconnaissance collectif de gratitude pour toutes les personnes s’étant battues contre ce virus au risque de leur vie!

*Commencez la liste des choses que l’on voudra réaliser avant tout. Des personnes qui nous ont le plus manquées que l’on va revoir bien vite.

covid 19: TOUS CONTRE LE CORONAVIRUS COVID 19

*Se souvenir que l’on lutte tous ensemble contre la même chose et que cela doit nous fédérer, non nous diviser et nous rendre plus forts plus solidaires. Et on le vaincra!

Je reste à votre disposition, pour échanger, pour vous accompagner.

Portez-vous bien.

Sylvie Etiève

L’image contient peut-être : texte

ECOUTE GRATUITE pour les personnes seules TOUS LES MATINS de 10h à 12 h. Prendre RV par sms au 07 81 33 06 87

Christine de Tours a partagé mon COVID 19 après l’émission France Bleu et cela me fait plaisir, merci:

J’ai écouté ce matin sur France-bleue Touraine cette thérapeute de Châteauroux. Je partage cet article ou j’ai trouvé de nombreux conseils et de nombreux liens,déclinés en 19 chapitre pour dompter de manière positive le covid-19. Je vous invite vraiment à vous en inspirer quelque soit votre situation face au corona virus. Prenez soin de vous 🙏

Pâques confinés !

Serions-nous un peu déconfits ?

« -J’appellerai lundi les personnes que je dois appeler pour mon travail ! -Mais lundi c’est férié : c’est le lundi de Pâques ! -Ah oui, eh bien férié ou pas, avec ce confinement on ne se rend pas compte, on est un peu perdu et un peu las !  J’appellerai mardi alors!»

Ce petit échange téléphonique avec une de mes filles confinée dans une grande ville montre à quel point ce confinement fait perdre certains repères !

« – Oui mardi c’est plus adapté! — Pâques confinés… ce n’est pas vraiment Pâques! Pâques c’est la famille, le plein air, la joie… : alors là on en est loin !! »

Pas toujours facile il est vrai de prendre de la distance par moment : on en est tous un peu là au bout de 3 semaines de confinement. Et pourtant le week-end à venir que l’on soit croyant ou non, est le week-end de Pâques.

Ce temps de Pâques est parfois familial ou amical, c’est souvent un temps de retrouvailles, de fête, ou de changement d’air (le printemps est bien installé) car c’est un week-end de trois jours donc! (sauf si l’on est sur le front à cause du coronavirus).

En raison des restrictions sanitaires 2020 liées au covid 19 : une grosse coupe est faite dans cette tradition printanière et cela peut entrainer un certain désarroi !

Pour bon nombre d’enfants, la chasse aux œufs va être marquée par le confinement. Mais pas que pour les enfants. A écouter ceux que j’entends, le confinement prive les adultes (parents ou non) mais aussi les grands-parents de leur rapport avec leurs petits-enfants. Ils se sentent notamment privés de contacts, de conversations en direct, de jeux, de rire, de transmissions mais aussi d’action. Et ce week-end, le vide va sembler abyssal pour ces grands-parents ou pour les familles séparées!

Néanmoins c’est Pâques et que l’on soit croyants* ou non, il y a un symbole commun à tous : « Pâques est le symbole de la vie » : les journées qui ont bien allongé, la végétation qui repart pour de bon, la vie animale naissante (on cherche des œufs de Pâques), l’envie de faire la fête, de sortir, de vivre de revivre de naître de renaître…

Alors comment fêter la vie, le printemps, Pâques quand on est dans une ambiance anxiogène (voire triste pour certains) quand on est confiné voire « enfermé » !

Voici (si besoin est) quelques idées pour compléter les vôtres :

*C’est Pâques, c’est une tradition : les rituels permettent de « mieux vivre » le confinement : donc appuyons-nous sur ce rituel, et,disons-nous que le rassemblement familial sera différé.

*Décorons pour Pâques : fleurir la maison, accrocher des dessins des œufs (gobés puis colorés), préparons les paniers (ou fabriquons-les). Plein d’idées sur ce site !

*Avec les enfants : marquons (maintenons) ce temps de « chasse aux œufs » toujours très appréciée : et si l’on n’a pas d’œufs en chocolat, l’on peut cacher des petits mots gratifiants, des photos, des petites surprises ou des vrais œufs (durcis) de poule : la chasse aux trésors et la bonne ambiance a autant d’importance que le trésor lui-même !

*Comme on ne peut pas bouger : bougeons ce qui nous entoure. Changeons un ou deux meubles de place ce week-end, mettons des photos des absents, écrivons des citations, des devinettes ou dessinons sur une grande feuille punaisée au mur…

*Bougeons aussi les autres dimensions sensorielles : mettons de la musique, diffusons de bonnes odeurs (huiles essentielles, parfum, mais aussi cuisine…), créons des espaces doux de cocooning,

* Prenons l’apéritif, le dessert et/ou mangeons dans un endroit inhabituel de la maison : soyons inventifs, surprenons-nous !

*Marquer ce week-end par des actions un peu exceptionnelles : faire une visio (skype, houseparty, whatsapp…) avec des personnes que l’on aime bien, ou téléphoner à des personnes seules ou vulnérables, ou faire des surprises à des personnes qui sont proches, faire rire ou sourire quelqu’un,osons sonner chez des voisins, appeler la famille…

*Se réjouir d’être en bonne santé ! Et essayer d’avoir une intention, une pensée, pour ceux qui ne vont pas bien. Et… à 20h, applaudissements de soutien si l’on veut !

Cette période de confinement à tendance à nous fragmenter un peu alors : ACTION soyons acteurs, oui, de notre vie même si l’on est confiné, même si l’avenir est incertain ! En tout cas essayons ! Quand on sait que l’étymologie de ce mot « Pâque » veut dire « passer au-dessus », cette définition ne peut que nous aider dans la période actuelle.

Malgré tout : « Joyeuses Pâques  » ou tout simplement : « Passez le meilleur week-end que vous puissiez passer dans cette configuration où l’on n’a peut-être pas vraiment le cœur à la fête. »

  Allez faites ou faites-vous un petit plaisir ! 

Sylvie Etiève 9 avril 2020

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*Pour les croyants, difficile de l’ignorer dans une société judéo-chrétienne, c’est la fête la plus importante pour les Chrétiens (résurrection du Christ) : fête de la vie qui l’emporte sur la mort. Pâques, Pessah (Pâque juive qui commémore la sortie d’Egypte), et cette année le Ramadan pour les Musulmans est dans ces mêmes jours. Pour tous les croyants, comme les rassemblements sont interdits, les fêtes de Pâques devront être adaptées cette année 2020.

Photos SE.

On ne se supporte plus

Ou les difficultés du confinement en famille.

« On n’avait pas l’habitude de passer autant de temps ensemble, mais là avec le confinement, 24/24 sur le dos l’un de l’autre : ça devient insupportable ! »

En raison des restrictions sanitaires, dans l’urgence Mr et Mme V. sont obligés de rester chez eux. Et cela depuis plusieurs jours

Elle est enseignante, et, lui travaille dans un commerce (non alimentaire) qui est donc fermé. Sans s’y être préparés, ils se retrouvent confinés dans leur pavillon avec leurs deux enfants (8 et 13 ans).

Si les enfants ont pris l’annonce de la fermeture des écoles avec bonne humeur, avec le temps, les copains commencent à manquer -même si le jeune adolescent est dans un groupe WhatsApp avec des copains du collège- Ne pas pouvoir sortir de chez soi leur pèse et pourtant ils ont la chance d’avoir un petit jardin où ils peuvent se « débattre ».

Les premiers jours furent des jours d’adaptation, Monsieur et Madame V n’avaient pas la même interprétation des consignes. Madame essayait d’appliquer à la lettre les recommandations, Monsieur s’autorisait des sorties non obligatoires : aller faire un footing dans les espaces publics (très vite fermés) passer voir des amis (bien sûr sans les toucher) faire des courses « à volonté » histoire de prendre un peu l’air. La simple différence d’interprétation des consignes était déjà source de tensions.

Et puis très rapidement la logistique s’est imposée comme seconde source de conflits. Habituellement le midi (sauf week-end et vacances) chacun mangeait sur son lieu de travail ou d’enseignement. Cantine, self pour les enfants cafétéria pour Monsieur et panier repas pour Madame.

Là c’est la prise de tête : il faut des idées, faire les courses pour avoir des stocks en adéquation avec les idées, du temps pour cuisiner, manger ensemble (même si l’ambiance est parfois tendue), laver, ranger, et ça recommence deux voire trois fois par jour : et le petit déjeuner qui traine encore sur la table à 10h du matin… exaspération…

Et ça ce n’est que côté repas !

Le rangement de la maison… Madame est plutôt « rien ne doit traîner » Monsieur plutôt « de toutes façons personne ne viendra voir… » donc ça explose : « déjà que l’on n’a pas choisi d’être confiné, si en plus il faut vivre dans le bazar, ça va être invivable ». Presque malgré eux, et assez rapidement ils s’en prennent aux enfants, le regrettent très vite, « mais il y a un minimum à respecter quand même » Elle n’a même pas le temps de coudre, elle qui aime ça.

Les enfants vont parfois être les vecteurs de ce malaise, ils vont servir de fusibles, bien qu’ils n’aient rien demandé eux non plus !

En plus il faut leur faire faire leur devoir. Madame elle-même enseignante en maternelle n’a pas autant de contraintes de télé-enseignement que ces collègues de niveaux supérieurs. Donc de fait, Monsieur lui alloue cette tâche d’instruction, « normal c’est son job ». Oui pourquoi pas : mais ça n’a rien à voir entre enseigner à une classe d’enfants qui ne sont pas les siens à des heures conscrites et dans un cadre dédié à cela que de pousser ses enfants à faire ce travail.

Les trois premiers jours, il fallait prendre le rythme, mais bon ça allait, puis petit à petit les efforts se sont émoussés de part et d’autres. Connexion pas toujours facile avec les profs du collège. Les tutoriels et les « classes à la TV » ça aide mais si on s’échappe … ce n’est pas interactif ! De plus le plus jeune n’est pas très scolaire, il se déconcentre très vite, papillonne. Et Monsieur qui « en rajoute » en disant « Bâ quand tu en as 25 tu t’en sors bien et là à 2 ça traine ?» elle se défend : « Tu n’as qu’à t’y coller si ça ne te convient pas . Et puis de toutes façons même s’ils lèvent le pied quelques jours, ils ne terminent pas les 2 mois de vacances d’été moins intelligents, donc, relaxe » !

On sait que l’éducation des enfants est une des cinq premières sources des conflits[i] dans un couple en temps normal, alors là en ces temps anormaux ce ne sont plus des sources mais des torrents !

Heureusement en surfant un peu sur le net, notamment ici : Madame puis Monsieur V réagissent! Ils essaient des petits conseils pris çà et là. D’abord ça les a rassurés de lire que ces tensions et ces disputes étaient à peu près normales. Ce temps de confinement-là n’était pas planifiés, il est arrivé, brutalement avec un côté injonctif qui n’a laissé indifférent personne, une sorte d’atteinte à la liberté, à leur liberté. En plus il y a l’aspect anxiogène de la situation. Impossible d’ouvrir un canal d’info sans qu’on nous parle, de la progression du virus-ennemi, de guerre, des morts, de consignes, d’hôpitaux de réanimation, oui ce confinement bouleverse la vie quotidienne mais aussi leur état émotionnel. Ils sont moins patients, plus inquiets l’idée de la maladie de la mort rodent et c’est d’autant plus stressant que l’on se sent impuissant, néanmoins ils sont en bonne santé et leur entourage aussi. Et puis des blagues circulent des réseaux solidaires se mettent en place : ça positive le contexte.

Néanmoins, tout le monde n’a pas la même capacité d’adaptation comportementale. Certains sont plus réactifs plus efficients à la situation de confinement que d’autres qui sont plus dans une forme de déni ou de sur-stress. On sait que d’un côté le nombre de divorces et de séparations va augmenter mais aussi qu’il y aura peut-être un baby-boom dans une dizaine de mois !

Ils ont appris que le confinement est incontournable mais que la manière de le vivre dépend de chacun, et surtout, avant que ça ne se dégrade trop, ils se sont informés, ils ont pris de la distance, ils ont accepté toléré la situation et leurs humeurs. Et surtout ils ont parlé de cette pression qui montait insidieusement : des soupirs, un mot de trop-ou de pas assez-dans une phrase, un repli trop long sur les réseaux sociaux, un regard ou justement un non-regard, un reproche, une dispute… l’alchimie parfaite du couple en cocotte-minute prête à imploser… ils ont réussi à enlever la soupape avant l’implosion, tout en étant conscient que la suite ne serait pas linéaire.

Le contexte matériel différent pour chacun, Mr et Mme V ont vraiment pris conscience que d’avoir un jardin était un luxe : ils se sont mis à l’apprécier à le voir différemment. Il était un peu laissé pour compte ils vont y passer du temps pour y souffler, y goûter, pour l’arranger.

Et dans la foulée ils vont prendre soin de leur propre jardin intérieur !

(Article de Sylvie Etiève- 26 mars 2020)

Retrouvez tous des conseils pour vivre ce confinement ici

Extrait:

covid15 : SPÉCIAL COUPLE

*Ce n’était pas prévu de passer autant de temps ensemble: donc c’est compliqué: on accepte cette dose de stress.

*Et puis il y a le côté « pas de contacts qui est dans l’air » qui n’arrange rien.

*On se retrouve en face à face et ce pour un long moment (sauf pour ceux qui sont obligés d’aller travailler pour la santé, l’information, l’alimentation des autres)

*Pas facile donc. Des choses vont se révéler: on note déjà dans d’autres pays des divorces annoncés et à l’autre bout de la ligne on prévoit un babyboom d’ici 9 ou 10 mois: Donc pas de réponse générale.

*Néanmoins c’est une occasion pour mieux se connaitre, vivre des moments inédits, se faire des petites surprises.

*On peut en profiter pour faire le point, faire des projets, se souvenir d’anciens moments.

*On peut faire des jeux pour voir si l’on connait bien l’autre couple.

*Faire de nos différences une force pour traverser cette crise. Si l’un est plus ordonné et l’autre plus fantaisiste: s’appuyer dessus sera un atout.

*Et si, par moment l’on ne se supporte plus car les tensions sont exacerbées : on prend le large (enfin le semi-large) on s’isole dans une pièce, on sort (si jardin) on va faire un tour-acheter le pain avec son attestation, on appelle quelqu’un pour se changer les idées, on prend un livre on regarde un film.

*Ce moment va dépendre de ce que vous allez en faire. Une même réalité presque pour tous : le confinement : mais des conditions tant matérielles humaines que psychologiques différentes à gérer. Les optimistes seront plus faciles à vivre que les rabat-joie. Mais souvenez-vous bien que l’on peut toujours changer : changer c’est le propre de l’humain !

 « Savoir apprécier de vivre avec moins, nous permettra sans doute, de vivre mieux avec plus ? » SE


[i] Les cinq sources de conflits dans un couple sont le plus souvent : L’argent, le sexe, l’éducation et la discipline, la famille élargie (belle-famille), les tâches ménagères.

*Si vous êtes dans une situation de violences conjugales faites le 17 ou le 3919 ou rendez vous dans une pharmacie.

Déconnexion digitale

Naturellement, par moment on souhaite se déconnecter un peu ! Effectivement dans notre société tout est –comme écrivait Michel Serre  dans  » petite Poucette « – à portée de pouce! Même si la connexion nous est très utile, parfois, une pause est nécessaire car le flux nous entraîne presque malgré nous .

Tiens, moi-même, pour commencer à écrire cet article, la connexion m’a, à la fois, servie et desservie.

Servi car une de mes filles assez « accro » à son smartphone m’a partagé un article fort intéressant que je vous recommande de lire ici, tout à l’heure.

Son partage m’a lui-même inspiré dans cette rédaction (Merci ma fille).

Desservi car en allumant mon ordinateur je suis passée lire les mails (qui étaient d’ailleurs notifiés sur mon smartphone) , et en lisant les mails j’ai cliqué sur un lien likedln qui m’informait que Godefroy me remerciait de l’ajouter à son réseau, et donc, en passant par Linkedln pour confirmer mon intention à Godefroy (qui est très sympa dans la vie d’ailleurs ), je suis tombée sur cette vidéo de « time for the planet » que je vous conseille aussi d’aller regarder (mais pas maintenant, sinon, vous allez perdre le fil, ce qui arrive très vite, j’en suis la preuve).

Le fil « le coup de fil » ? l’autre jour lors d’un atelier-conférence, une dame, quinquagénaire, nous dit : « mes enfants m’ont appris à ne pas forcément répondre au téléphone quand il sonne », et de poursuivre, «maintenant même quand ils m’appellent (leur nom s’affiche sur l’écran) je les laisse enregistrer leur message, j’écoute, je réfléchis et je rappelle quand je le décide ».

L’usage même du téléphone : répondre directement à une personne est modifié. Pollué par les appels publicitaires intempestifs, on apprend à se méfier du téléphone et de ses interlocuteurs et l’on transfère cette pratique à d’autres!

Pourtant le téléphone sert, avant tout, à appeler, à téléphoner « Dire, communiquer quelque chose, faire part de ou que (à quelqu’un), par le téléphone »  nous dit le petit Larousse (copié/collé en ligne évidemment ! car plus léger, à portée de clic et plus rapide que celui de la bibliothèque).

En revanche on ne dit pas que le smartphone sert à smartphoner : pour faire autre chose que téléphoner. Sa définition est « Téléphone intelligent. (Recommandation officielle : ordiphone.) »

 Donc assez intelligent pour : nous réveiller, nous servir d’agenda, nous orienter, nous donner les définitions et l’orthographe d’un mot, la référence d’une citation… nous appâter sur les réseaux sociaux, nous hypnotiser par le flux de vidéos et nous faire consommer, acheter en quelques clics… assez évolué pour nous parler voire pour nous enregistrer (à notre insu) !

Alors comme le suggérait Estelle dans son post de mai 2018 : si l’on veut être un peu moins accro (pour des raisons de santé et de savoir-vivre) :

Essayons d’utiliser le téléphone pour communiquer avec une personne qui est éloignée -sans négliger les personnes qui sont à côté- : les messages vocaux et écrits, les vidéo-messages sont des liens entre les personnes et l’on sait que le lien est ce qui structure une vie.

Essayons  de mettre en sourdine les notifications et de contrôler le temps passé sur son portable (il existe même des applications)

Essayons  de ne pas sortir notre téléphone sans utilité quand on est en famille, entre amis, en cours au travail !

Essayons de ne choisir que les applications réellement utiles (vaste débat)

Utilisons un réveil pour nous réveiller, une montre pour avoir l’heure.

Utilisons notre appareil photo si nous en avons un, mais ne culpabilisons pas non plus de faire des photos avec un smartphone !

Pensons lampe de poche, lampe solaire !

Dépoussiérons nos livres de recettes et nos dictionnaires!

Envoyons une carte postale (plus chaleureuse qu’un mail), sortons un jeu de société (pour changer du jeu vidéo) !

Allons acheter plus concrètement de temps en temps, et pas toujours en un clic !

Faisons des pauses sans téléphone, voire des pièces sans téléphone ni ordinateur ! Plein d’idées, comme celle de mettre un panier à téléphones à l’entrée de la maison, à retrouver dans ce guide !

Soyons vigilants avec les plus jeunes !

Ecrivons à la main : à ce sujet vous pouvez lire les 7 aptitudes importants que vous cultivez en écrivant à la main (il est vrai que j’écris mes articles sur ordinateur mais je note dans des petits cahiers les séances de thérapies que je propose.)

Prenons conscience que l’on a un petit côté « curieux-voyeur » quand on va sur les réseaux : (j’ai appris dans cet article que stalker signifiait « surveiller, épier la vie des autres sur internet ! » En même temps, si le terme anglais est nouveau dans notre jargon, c’est un peu ce qui se passait quand les femmes se retrouvaient au lavoir: l’usage personnel de la machine à laver a heureusement grandement changé la vie des familles, alors on cherche d’autres sources d’échanges de petits cancans : c’est humain ! La question de fond est: qu’est-ce qu’une bonne relation humaine?

Le téléphone, le portable, internet ont révolutionné notre quotidien et c’est une grande chance ! Mais pour que ça le reste il faut en avoir la maîtrise et c’est à nous de contrôler leur utilisation et non à eux de contrôler notre temps notre vie comme celle de Monsieur Selfie

Ré-apprenons à lever les yeux vers le monde qui nous entoure, mais ne culpabilisons pas non plus de nos façons de faire, tant qu’elles sont conscientisées !

Soyons juste « actrice et acteur » de notre propre vie!

Merci de votre lecture.

Sylvie

Maintenant : Pensez à fermer les yeux quelques instants et à regarder par la fenêtre pour les reposer : les écrans nous les fatiguent !

CONFLITS CONJUGAUX ? VIOLENCE CONJUGALE ?

Deux femmes.

Deux histoires.

L’une s’appelle Eva.

                       L’autre s’appelle Lola.

Eva a 28 ans.

                        Lola en a 39.

Elles ne se connaissent pas. Elles sont toutes les deux venues en consultation.

Elles avaient un mal-être dans leur couple respectif.

Eva vient la première fois avec son conjoint. C’est lui qui a pris rendez-vous, d’ailleurs. Au téléphone il me dit qu’il veut que les choses s’arrangent. Lors de cet entretien ils me déroulent leur parcours de jeune couple. Eva a une petite fille (5ans) d’une première union. Ils ne vivent pas encore ensemble, mais l’envisagent. Elle travaille, lui fait des petits boulots çà et là. Il m’explique qu’il aime beaucoup Eva mais qu’il a du mal à la voir toujours faire la fête, toujours à s’amuser avec ses amis. Et qu’à cause de cette petite jalousie, il n’est pas toujours « très cool » avec elle. Eva l’a sommé de prendre une décision car elle souffrait trop de ses attitudes, de toutes leurs disputes, et, c’est pour cela qu’il a appelé.

Lola vient la première fois sans son conjoint. Elle vient car dans son couple ça ne tourne pas très rond. Elle n’a pas dit à son mari (mariés depuis une dizaine d’années) qu’elle venait chez une thérapeute conjugale. Ils ont un petit garçon (8 ans). Ils travaillent tous les deux. Monsieur fait beaucoup d’heures. Elle raconte que dans leur couple il n’y a pas une bonne communication, qu’ils ne sont pas souvent d’accord en ce qui concerne l’éducation de leur garçon. Même s’ils ont des bons moments, il y a souvent des disputes, parfois un peu fortes. Et que ça ne peut plus durer comme ça.

*Les disputes font partie de la relation humaine. Il y a rarement de relations saines sans petits ou gros accrocs. On ne peut pas être d’accord sur tout. Néanmoins, il faut être vigilant concernant deux points : la source de ces conflits, et leur fréquence ! Chez le conjoint d’Eva une des sources est la jalousie de son ami (qu’il minimise).        

**Dans le couple de Lola, ce sont (entre autre) l’éducation et le peu
de temps en commun visiblement qui pêchent !
Les conflits ponctuels sont à distinguer des conflits chroniques. Dans le premier cas, ceux-ci passent alors que dans les conflits chroniques la racine du conflit est plus profonde.
Pour ne pas que les conflits affectent trop la vie conjugale, ils doivent être solutionnés : trouver leur origine, leur sens, prendre du recul, ne pas fermer les yeux sur ceux-ci : les analyser et donc avant tout voir s’ils sont ponctuels ou récurrents.

Demander pardon fait partie de la résolution d’un conflit.

Suite à leur premier RV (où les tensions étaient tangibles), Eva viendra, seule, de sa propre initiative. Au fil des séances, elle se racontera un peu : « On s’est rencontré en soirée » elle a été séduite par M, sa confiance en lui, son humour (enfin sa dérision) sa taille son regard. « Au début c’était le grand amour, il était cool et c’était comme un deuxième papa pour ma fille. Puis quand notre union a pris une tournure un peu plus sérieuse, il est devenu un peu moins drôle, plus grave, plus exigeant. Il a commencé à me dire qu’il n’aimait pas trop que je sorte seule maintenant. On n’a pas tout à fait la même culture, parfois il parle à un pote dans leur langue, ils se marrent, je me sens exclue. J’ai eu l’impression de perdre un peu de moi-même au fur et à mesure. Dès qu’il propose quelque chose, si je ne suis pas d’accord il fait « la gu… »…, je suis toujours obligée de céder, ça m’use »

Lola me racontera aussi sa rencontre avec A. Leurs points communs leurs divergences. Sans être la passion, leur relation s’est construite progressivement. Le mariage a été une étape importante de leur parcours. « Mais avec le temps, les responsabilités et les absences de Monsieur, j’ai été lassée par notre union et je me suis montrée de plus en plus désagréable au point de crier, de prononcer des paroles blessantes à son encontre, de plus en plus… parfois il propose de faire quelque chose pour que je me plaigne moins … mais je râle toujours !»

*Nous savons tous que nous ne ressentons pas la même chose entre le début d’une histoire d’amour et les années qui suivent.
Nous évoluons, changeons : c’est normal. Mais si l’écart de personna- lité est trop grand : c’est comme si l’on se sentait trompé, comme si l’on s’était trompé. Ces changements sont parfois imperceptibles
(évolution de carrière, influence des familles réciproques,différences des cultures sous-estimées (attention je ne dis pas que la différence empêche une vie de couple équilibrée au contraire elle peut en être une source), malentendus trop vite balayés, relation sexuelle
insatisfaite, différence de points de vue accentuée… Si l’on ne prend pas en compte tous ces changements, on peut devenir, comme Lola aigrie, agressive et l’autre peut devenir victime, ou dans le cas du
conjoint de Lola d’essayer quelque chose pour sauver la situation. Cela nous renvoie bien-sûr au fameux triangle de Karpman, dans une relation on est parfois en position de victime de persécuteur ou de sauveur. Cela dépend des enjeux et du contexte et des personnes.

** Si on analyse la situation d’Eva, on sent que de son côté elle a tendance à ne pas trop réagir lorsque M lui fait une scène, qu’elle
cède à la pression, et, à ses sautes d’humeur. Et l’on sait que dans un couple si l’un cède trop cela ne va pas être bon pour la relation. La concession se distingue du compromis. Dans le premier cas on met en veille nos désirs, dans l’autre on l’adapte. Si à chaque proposition d’Eva son compagnon fait la tête et ne prend pas en considération les envies de sa compagne elle va « s’user » comme elle dit.
Dans un compromis chacun fait un pas vers l’autre : « on fait ton idée puis on fait la mienne ». S’il y a plus de concessions que de
compromis, le déséquilibre se profile :
« les concessions, ont les met sous le tapis et à un moment donné on peut se prendre les pieds dans ce tapis. »

Un jour qu’Eva essaya de tenir tête à Monsieur, celui-ci se mit dans une colère noire : à tel point qu’il tapa sur la table puis dans les murs : elle fut effrayée, terrorisée ! Elle se demanda si c’était bien le même homme que celui de la première fois. Elle eut si peur qu’elle se promit d’éviter de provoquer de nouveau la situation et elle se tût un peu plus. Après cette scène : il était parti chez lui, en claquant la porte si fort que la voisine de palier était sortie : Eva s’excusa du dérangement, rentra, pleura… sa petite fille qui était dans sa chambre arriva, pâle, lui fit un câlin, s’enquerra de savoir pourquoi M. était en colère, elle la rassura en lui disant « ne t’en fais pas, ça va s’arranger.»

Lola après plusieurs séances où elle travailla sur le pourquoi de ses ressentis, de ses réactions déplaisantes et le comment améliorer la situation, pour qu’il y ait moins de conflits, proposa à son conjoint de venir à une séance. Pour équilibrer la démarche thérapeutique, je le reçus d’abord seul. Lors de leur séance conjointe, Ils discutèrent posément, ils se parlèrent comme ils ne l’avaient pas fait depuis longtemps. Quand ils me racontèrent le début de leur histoire, des sourires émouvants éclairaient leur visage. Ils revinrent sur quelques moments non réglés de leur relation (relation avec la belle famille, éducation) et virent les choses autrement : ils avaient essayé d’adopter le point de vue de l’autre.

*Chez Eva la relation dominant/dominée s’instaure. Par ses pressions psychologiques, ses humeurs, ses paroles, M impose sa façon de voir les choses. La violence d’abord morale puis physique de M a
démarré face à des paroles. Ces paroles représentent un danger pour M, il se sent blessé, voire, angoissé et ne contrôle plus ses émotions et tape, aujourd’hui sur la table et sur les murs… Il pense résoudre
ses peurs de la sorte, alors que seul un suivi lui permettra de s’en sortir. Car cette violence est très souvent le sign d’une fragilité
venue de très loin !
Notre société encore implicitement patriarcale n’est pas étrangère à cette relation dominant/dominée.  

** Chez Lola le couple va vers le dialogue, l’analyse et la recherche d’un mieux-être commun. L’écoute et la communication sont les

premières clés de leur nouveau départ. C’est tellement difficile de
vivre en couple au XXI siècle que le temps et l’énergie qu’ils
décident d’y consacrer vont leur permettre de redémarrer différemment.

 Lola et son mari décidèrent de réaliser un projet qui leur tenait à cœur depuis longtemps : faire le tour de toute la région en vélo l’été suivant. Pour se faire ils devaient trouver de bons vélos, s’entraîner régulièrement et préparer ce voyage avec ses différentes étapes. Leur fils fut enchanté par ce projet auquel ils l’associèrent.

Ils partirent également en week-end, tous les deux.

Lola était, avec son conjoint, dans la spirale des conflits conjugaux, avec du recul et un travail sur elle et sur leur couple, elle a réussi à dépasser cette période de conflits et à sortir de la spirale.

Après cette scène, M revint chez Eva avec des fleurs, demanda pardon, minimisa ses actes, disant qu’il ne s’expliquait pas lui-même cet accès de violence et que cela ne recommencerait pas.

Vous vous doutez, au titre de l’article que ce ne fut pas le cas. Et ce fut après la première gifle qu’Eva reçut que Monsieur m’avait appelée dans un temps de calme pour ce RV de couple afin de lui prouver sa bonne foi. Mais ses propos ne firent que confirmer qu’il était le fruit d’une éducation  genrée  : « un homme ça ne pleure pas, une fille c’est fait pour rester à la maison  » Beaucoup d’angoisses venues de son enfance resurgissaient. Tout le monde peut être énervé par une situation, tout le monde peut avoir des envies « d’en donner une » mais la plupart est capable de se retenir. M n’avait plus cette retenue, en proie à sa jalousie, à ses émotions il perdait le contrôle et n’ayant pas de mots, menaçait et … frappait.

Eva savait que cette relation était nocive et dangereuse. En même temps, elle l’aimait. « Elle l’avait dans la peau » et ne gardait que les bons moments et puis ils avaient chacun leur appartement : cela la rassurait.

Un jour qu’ils étaient dans la voiture d’Eva (sa petite fille à l’arrière), M fureta innocemment dans le téléphone d’Eva. N’ayant rien à cacher elle y consentit. Il tomba sur le message d’un collègue qui lui proposait de boire un café à la pose. La tension monta directement dans l’habitacle de la voiture. Sans comprendre d’où cela venait il jeta le téléphone par la fenêtre se mit à crier, Eva se gara, estomaquée par sa réaction « mais ça va pas de jeter mon téléphone ! » , il se tourna vers elle et lui donna un coup de poing sur la tête près de la tempe : sa petite fille cria « maman !» pleura… Eva  réussit néanmoins à lui crier de sortir en détachant sa ceinture, ce qu’il fit en assénant des insultes, et en donnant des coups de pieds à tout va …

C’était la sixième fois qu’il la frappait.

 Mais c’était la première fois devant sa fille.

Elle redémarra, bien qu’étourdie, tranquillisa sa fille en lui disant que c’était interdit de taper, que ceux qui faisaient ça, allait en prison. Ses larmes roulaient, sa tête cognait : « Alors il faut aller à la police maman », « oui oui je vais y aller ne t’en fais pas. »

Quand elle revint me voir : elle m’avoua qu’elle n’avait pas eu le courage d’y aller. « C’est comme une drogue ; il est mauvais pour moi, mais je ne peux m’empêcher de l’excuser et de le voir ! »

Bien qu’elle ait la carte secours (3919) depuis notre premier RV elle n’eut jamais ni la force, ni l’envie de faire un des numéros locaux d’aide ou le numéro national (de toute façon son téléphone était en réparation), et puis elle avait peur, car elle avait le pressentiment que si elle « le dénonçait », il se passerait quelque chose de pire.

*Effectivement c’est dans les moments de changements, que le
comportement d’une personne violente peut basculer vers…
l’indicible, voire l’irréparable.
Il y a souvent un déclencheur qui entraîne la violence incontrôlée, comme le message d’un collègue !

La sagesse populaire le dit : « c’est le premier pas qui coûte ».

 Alors on fit ce pas ensemble !  3919

        Et ce fut ce pas (main tenue) qui mena Eva vers la sortie du tunnel….

Ne confondons pas les conflits conjugaux (comme ceux que vivent
Lola et son mari) avec la violence conjugale (ce qu’ Eva a connu avec son ex- petit ami) !

Mais SURTOUT : Ne nommons pas « conflit conjugal » ou « dispute » ce qui est de « la violence conjugale ».
 
Un doute pour quelqu’un, une question ?
  Témoin, Victime ?
3919 !
c’est gratuit, anonyme et ça peut sauver une vie !

Sylvie Etiève   le 25 novembre 2019

25 novembre : Journée internationale pour l’élimination de la violence
à l’égard des femmes

Les prénoms sont des prénoms d’emprunt.

Dessins: collection personnelle: PLDE

Décembre 2019:

Quel honneur que de recevoir à la petite maison au cèdre: Valérie Durand, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes (ddcspp de l’Indre).Un temps d’échanges convivial mais surtout riche, et très instructif.
3919 rentre dans les mœurs, mais si vous deviez trouver un hébergement d’urgence à une femme (ou un homme) victime de violences conjugales :
quel numéro composeriez-vous ?
Le 115 est le numéro à faire dans cette situation !

Merci Madame Durand pour votre engagement passionné dans cette lutte !

VIVRE SEUL(E)

Qu’on l’ait choisi ou que ce soit suite à un accident de la vie : vivre seul(e) entraîne un certain nombre d’interrogations de part et d’autres !

Les célibataires :

Environ 1 adulte sur 3 est célibataire en France* : sur 67 millions de Français cela  représente 18 millions de personnes : plus d’hommes que de femmes (souvent des femmes très actives).

L’évolution de notre société dans les années 70/80  a même transformé certains modes de production. Avec la montée de l’individualisme et l’augmentation du nombre de célibataires: des portions alimentaires individuelles ont été produites par exemple.

Les sites de rencontre se sont multipliés également, internet en a permis la propagation et a donné à bon nombre de personnes la possibilité de trouver l’âme sœur.

Si la plupart des célibataires vivent en ville, une émission célèbre d’amour potentiel  a souligné l’isolement de certaines personnes en milieu rural, dans les près. 

Mais certaines personnes restent célibataires par choix: elles se suffisent à elles-mêmes mais elles mènent une vie sociale riche : leur caractère d’indépendance et leur envie d’autonomie les ont poussées à être en tête à tête avec elles-mêmes, de façon permanente.

 

Il faut juste être attentif à ce que ce célibat ne soit pas une résultante d’une phobie sociale, parfois liée à un événement traumatique dans la relation aux autres.

Et puis il y a le regard des autres : les paroles maladroites, les incompréhensions, les suspicions dont il faut se préserver :

pas toujours facile! 

Se retrouver seul(e) !

L’autre situation  résulte malheureusement d’un accident de la vie : séparation ou décès du conjoint.

Bien sûr les deux situations n’ont pas les mêmes répercussions.

Suivant l’âge, suivant la configuration familiale, le réseau social, la santé, la vie professionnelle, et les intérêts vivre seul(e) ne se conjugue pas de la même manière.

C’est du cas par cas, de plus cela évolue avec le temps. Que veut dire « vivre seul(e) » si l’on est une jeune famille monoparentale ? Certainement pas la même chose que si l’on est un veuf de 80 ans ni même si l’on est un étudiant perdu dans une ville inconnue (la solitude des étudiants est un réel problème) !

Il y a 5 millions de veuves et veufs en France (dont 500 000 âgés de moins de 55 ans).

En tous cas : quelle que soit la situation : le fait d’être seul(e) -ou le seul adulte-  demande une certaine vigilance :

* Prendre le temps d’assimiler l »événement qui nous a mis dans cette situation , prendre soin de soi par rapport à l’événement souvent « traumatisant » que l’on vient de vivre : ne pas brûler les étapes !

Et puis il y a ce vide cette absence qu’il faut adopter !

Pas toujours facile!

*Faire le point avec soi-même pour bien se connaître : repérer les moments critiques où vivre seul rime douloureusement avec « solitude » ou « isolement » pour essayer de les  parer. Par exemple rentrer le soir chez soi, passer un dimanche sans trop de projets, manger seul à sa table : évoquer tous ces moments avec quelqu’un et trouver des astuces : écouter de la musique en rentrant, certains sont au téléphone, faire l’effort de trouver une sortie à faire le dimanche : aller voir des amis, ne pas négliger le temps du repas même si l’envie est moindre : apprendre à manger en pleine conscience ou trouver une compagnie médiatique (radio, tv …)

*Anticiper : la sécurité ne doit pas vous obnubiler mais il faut la prendre en compte : connaitre ses voisins, protéger les accès, fermer les portes, ne pas laisser traîner une échelle dans le jardin surtout si l’on a la fâcheuse habitude de laisser les fenêtres de l’étage entrouvertes,  avoir des numéros de téléphone et avoir donné le sien. Avoir une personne référencée si l’on est alité.

*Garder le rythme : ce n’est pas parce que l’on est seul que l’on doit se laisser aller : il parait que les personnes qui font leur lit tous les matins  sont des personnes productives et qui ont une bonne estime d’elles-mêmes.

Oui mais il faut TOUT faire chez soi quand on est seul !

Pas toujours facile!

S’habiller, se soigner bien s’alimenter, dormir suffisamment ,éviter trop d’écarts, ranger, faire le ménage, ne pas procrastiner… demandent un peu plus d’effort quand on est seul car nous n’avons pas le retour de « l’autre » : en même temps c’est une liberté : personne pour vous juger : néanmoins il faut faire attention à ce que rien de négatif ne s’éternise ne s’enlise !

Décorer son intérieur ou  faire des petits changements booste !

Et puis il y a cette espèce de culpabilité qui nous habite : et si …

Pas toujours facile!

Le  nesting ( ou cocooning) fait du bien parfois : rester chez soi dans un « nid douillet » : un plaid, une boisson chaude, un bon roman ou un bon film permet de se recentrer sur soi : de récupérer.

*Mais Aller vers le monde est une nécessité absolue : inviter des amis, sortir de chez soi pour prendre l’air, mais aussi pour rencontrer du monde, voyager, s’informer sur ce qui est proposé  vers chez vous. Vous connaissez votre centre d’intérêt ? alors chercher ce qui se fait à ce propos autour de vous : le mieux est le bouche à oreille mais dans certaines régions on peut passer par les soirées meetup  pour parler de sa passion, mais il y a nombre d’associations qui ne demandent que ça de vous accueillir ! Investissez-vous ?Pourquoi pas ?

Et puis il y a cette confiance en soi qui peut s’altérer, son inquiétude pour l’avenir !

Pas toujours facile!

Avoir un animal de compagnie permet aussi de se sentir moins seul(e), cela oblige à s’en occuper voire à lui parler, mais c’est une contrainte aussi que certains ne sont pas prêts à accepter.

Et  discuter : parler fait un bien fou ! même par messagerie : recevoir des paroles gratifiantes rassurantes et en donner permet d’avancer (*).

Et puis rêver, créer, oser, abandonner ses a priori ou ceux que l’on colle aux autres, faire preuve de fantaisie, se sourire à soi-même, aller vers les gens : tendre la main le premier, dire « bonjour » … revoir sa posture donne parfois des surprises !

Et puis on ne sait jamais, peut-être qu’au détour d’une conversation, d’un sourire, un nouveau chapitre s’écrira et que le temps du « solo » changera de mode !

Sylvie Etiève

                            Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. 
                             Alphonse de Lamartine L’isolement (1815-1820)

(*) Une de mes amies (trop dramatiquement et précocement veuve) me raconta l’événement suivant. Alors que ses enfants venaient passer le week-end chez elle, en leur donnant des nouvelles des aléas de sa vie, les larmes ont coulé … Alors sa chienne couchée un peu plus loin s’est mise dans tous ses états et elle s’est empressée de venir s’accoler à sa maîtresse, elle  a  posé son museau sur ses  genoux. Son fils a alors dit « Notre chienne : c’est une véritable éponge à émotions ! » Et les rires ont séchés les larmes.

Mettre des m o t s sur les m a u x détend souvent l’atmosphère : alors à l’image de cette petite anecdote :  parlez, pleurez, riez et parlez encore !

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*https://www.lacse.fr/combien-de-celibataires-france/