Déconnexion digitale

Naturellement, par moment on souhaite se déconnecter un peu ! Effectivement dans notre société tout est –comme écrivait Michel Serre  dans  » petite Poucette « – à portée de pouce! Même si la connexion nous est très utile, parfois, une pause est nécessaire car le flux nous entraîne presque malgré nous .

Tiens, moi-même, pour commencer à écrire cet article, la connexion m’a, à la fois, servie et desservie.

Servi car une de mes filles assez « accro » à son smartphone m’a partagé un article fort intéressant que je vous recommande de lire ici, tout à l’heure.

Son partage m’a lui-même inspiré dans cette rédaction (Merci ma fille).

Desservi car en allumant mon ordinateur je suis passée lire les mails (qui étaient d’ailleurs notifiés sur mon smartphone) , et en lisant les mails j’ai cliqué sur un lien likedln qui m’informait que Godefroy me remerciait de l’ajouter à son réseau, et donc, en passant par Linkedln pour confirmer mon intention à Godefroy (qui est très sympa dans la vie d’ailleurs ), je suis tombée sur cette vidéo de « time for the planet » que je vous conseille aussi d’aller regarder (mais pas maintenant, sinon, vous allez perdre le fil, ce qui arrive très vite, j’en suis la preuve).

Le fil « le coup de fil » ? l’autre jour lors d’un atelier-conférence, une dame, quinquagénaire, nous dit : « mes enfants m’ont appris à ne pas forcément répondre au téléphone quand il sonne », et de poursuivre, «maintenant même quand ils m’appellent (leur nom s’affiche sur l’écran) je les laisse enregistrer leur message, j’écoute, je réfléchis et je rappelle quand je le décide ».

L’usage même du téléphone : répondre directement à une personne est modifié. Pollué par les appels publicitaires intempestifs, on apprend à se méfier du téléphone et de ses interlocuteurs et l’on transfère cette pratique à d’autres!

Pourtant le téléphone sert, avant tout, à appeler, à téléphoner « Dire, communiquer quelque chose, faire part de ou que (à quelqu’un), par le téléphone »  nous dit le petit Larousse (copié/collé en ligne évidemment ! car plus léger, à portée de clic et plus rapide que celui de la bibliothèque).

En revanche on ne dit pas que le smartphone sert à smartphoner : pour faire autre chose que téléphoner. Sa définition est « Téléphone intelligent. (Recommandation officielle : ordiphone.) »

 Donc assez intelligent pour : nous réveiller, nous servir d’agenda, nous orienter, nous donner les définitions et l’orthographe d’un mot, la référence d’une citation… nous appâter sur les réseaux sociaux, nous hypnotiser par le flux de vidéos et nous faire consommer, acheter en quelques clics… assez évolué pour nous parler voire pour nous enregistrer (à notre insu) !

Alors comme le suggérait Estelle dans son post de mai 2018 : si l’on veut être un peu moins accro (pour des raisons de santé et de savoir-vivre) :

Essayons d’utiliser le téléphone pour communiquer avec une personne qui est éloignée -sans négliger les personnes qui sont à côté- : les messages vocaux et écrits, les vidéo-messages sont des liens entre les personnes et l’on sait que le lien est ce qui structure une vie.

Essayons  de mettre en sourdine les notifications et de contrôler le temps passé sur son portable (il existe même des applications)

Essayons  de ne pas sortir notre téléphone sans utilité quand on est en famille, entre amis, en cours au travail !

Essayons de ne choisir que les applications réellement utiles (vaste débat)

Utilisons un réveil pour nous réveiller, une montre pour avoir l’heure.

Utilisons notre appareil photo si nous en avons un, mais ne culpabilisons pas non plus de faire des photos avec un smartphone !

Pensons lampe de poche, lampe solaire !

Dépoussiérons nos livres de recettes et nos dictionnaires!

Envoyons une carte postale (plus chaleureuse qu’un mail), sortons un jeu de société (pour changer du jeu vidéo) !

Allons acheter plus concrètement de temps en temps, et pas toujours en un clic !

Faisons des pauses sans téléphone, voire des pièces sans téléphone ni ordinateur ! Plein d’idées, comme celle de mettre un panier à téléphones à l’entrée de la maison, à retrouver dans ce guide !

Soyons vigilants avec les plus jeunes !

Ecrivons à la main : à ce sujet vous pouvez lire les 7 aptitudes importants que vous cultivez en écrivant à la main (il est vrai que j’écris mes articles sur ordinateur mais je note dans des petits cahiers les séances de thérapies que je propose.)

Prenons conscience que l’on a un petit côté « curieux-voyeur » quand on va sur les réseaux : (j’ai appris dans cet article que stalker signifiait « surveiller, épier la vie des autres sur internet ! » En même temps, si le terme anglais est nouveau dans notre jargon, c’est un peu ce qui se passait quand les femmes se retrouvaient au lavoir: l’usage personnel de la machine à laver a heureusement grandement changé la vie des familles, alors on cherche d’autres sources d’échanges de petits cancans : c’est humain ! La question de fond est: qu’est-ce qu’une bonne relation humaine?

Le téléphone, le portable, internet ont révolutionné notre quotidien et c’est une grande chance ! Mais pour que ça le reste il faut en avoir la maîtrise et c’est à nous de contrôler leur utilisation et non à eux de contrôler notre temps notre vie comme celle de Monsieur Selfie

Ré-apprenons à lever les yeux vers le monde qui nous entoure, mais ne culpabilisons pas non plus de nos façons de faire, tant qu’elles sont conscientisées !

Soyons juste « actrice et acteur » de notre propre vie!

Merci de votre lecture.

Sylvie

Maintenant : Pensez à fermer les yeux quelques instants et à regarder par la fenêtre pour les reposer : les écrans nous les fatiguent !

CONFLITS CONJUGAUX ? VIOLENCE CONJUGALE ?

Deux femmes.

Deux histoires.

L’une s’appelle Eva.

                       L’autre s’appelle Lola.

Eva a 28 ans.

                        Lola en a 39.

Elles ne se connaissent pas. Elles sont toutes les deux venues en consultation.

Elles avaient un mal-être dans leur couple respectif.

Eva vient la première fois avec son conjoint. C’est lui qui a pris rendez-vous, d’ailleurs. Au téléphone il me dit qu’il veut que les choses s’arrangent. Lors de cet entretien ils me déroulent leur parcours de jeune couple. Eva a une petite fille (5ans) d’une première union. Ils ne vivent pas encore ensemble, mais l’envisagent. Elle travaille, lui fait des petits boulots çà et là. Il m’explique qu’il aime beaucoup Eva mais qu’il a du mal à la voir toujours faire la fête, toujours à s’amuser avec ses amis. Et qu’à cause de cette petite jalousie, il n’est pas toujours « très cool » avec elle. Eva l’a sommé de prendre une décision car elle souffrait trop de ses attitudes, de toutes leurs disputes, et, c’est pour cela qu’il a appelé.

Lola vient la première fois sans son conjoint. Elle vient car dans son couple ça ne tourne pas très rond. Elle n’a pas dit à son mari (mariés depuis une dizaine d’années) qu’elle venait chez une thérapeute conjugale. Ils ont un petit garçon (8 ans). Ils travaillent tous les deux. Monsieur fait beaucoup d’heures. Elle raconte que dans leur couple il n’y a pas une bonne communication, qu’ils ne sont pas souvent d’accord en ce qui concerne l’éducation de leur garçon. Même s’ils ont des bons moments, il y a souvent des disputes, parfois un peu fortes. Et que ça ne peut plus durer comme ça.

*Les disputes font partie de la relation humaine. Il y a rarement de relations saines sans petits ou gros accrocs. On ne peut pas être d’accord sur tout. Néanmoins, il faut être vigilant concernant deux points : la source de ces conflits, et leur fréquence ! Chez le conjoint d’Eva une des sources est la jalousie de son ami (qu’il minimise).        

**Dans le couple de Lola, ce sont (entre autre) l’éducation et le peu
de temps en commun visiblement qui pêchent !
Les conflits ponctuels sont à distinguer des conflits chroniques. Dans le premier cas, ceux-ci passent alors que dans les conflits chroniques la racine du conflit est plus profonde.
Pour ne pas que les conflits affectent trop la vie conjugale, ils doivent être solutionnés : trouver leur origine, leur sens, prendre du recul, ne pas fermer les yeux sur ceux-ci : les analyser et donc avant tout voir s’ils sont ponctuels ou récurrents.

Demander pardon fait partie de la résolution d’un conflit.

Suite à leur premier RV (où les tensions étaient tangibles), Eva viendra, seule, de sa propre initiative. Au fil des séances, elle se racontera un peu : « On s’est rencontré en soirée » elle a été séduite par M, sa confiance en lui, son humour (enfin sa dérision) sa taille son regard. « Au début c’était le grand amour, il était cool et c’était comme un deuxième papa pour ma fille. Puis quand notre union a pris une tournure un peu plus sérieuse, il est devenu un peu moins drôle, plus grave, plus exigeant. Il a commencé à me dire qu’il n’aimait pas trop que je sorte seule maintenant. On n’a pas tout à fait la même culture, parfois il parle à un pote dans leur langue, ils se marrent, je me sens exclue. J’ai eu l’impression de perdre un peu de moi-même au fur et à mesure. Dès qu’il propose quelque chose, si je ne suis pas d’accord il fait « la gu… »…, je suis toujours obligée de céder, ça m’use »

Lola me racontera aussi sa rencontre avec A. Leurs points communs leurs divergences. Sans être la passion, leur relation s’est construite progressivement. Le mariage a été une étape importante de leur parcours. « Mais avec le temps, les responsabilités et les absences de Monsieur, j’ai été lassée par notre union et je me suis montrée de plus en plus désagréable au point de crier, de prononcer des paroles blessantes à son encontre, de plus en plus… parfois il propose de faire quelque chose pour que je me plaigne moins … mais je râle toujours !»

*Nous savons tous que nous ne ressentons pas la même chose entre le début d’une histoire d’amour et les années qui suivent.
Nous évoluons, changeons : c’est normal. Mais si l’écart de personna- lité est trop grand : c’est comme si l’on se sentait trompé, comme si l’on s’était trompé. Ces changements sont parfois imperceptibles
(évolution de carrière, influence des familles réciproques,différences des cultures sous-estimées (attention je ne dis pas que la différence empêche une vie de couple équilibrée au contraire elle peut en être une source), malentendus trop vite balayés, relation sexuelle
insatisfaite, différence de points de vue accentuée… Si l’on ne prend pas en compte tous ces changements, on peut devenir, comme Lola aigrie, agressive et l’autre peut devenir victime, ou dans le cas du
conjoint de Lola d’essayer quelque chose pour sauver la situation. Cela nous renvoie bien-sûr au fameux triangle de Karpman, dans une relation on est parfois en position de victime de persécuteur ou de sauveur. Cela dépend des enjeux et du contexte et des personnes.

** Si on analyse la situation d’Eva, on sent que de son côté elle a tendance à ne pas trop réagir lorsque M lui fait une scène, qu’elle
cède à la pression, et, à ses sautes d’humeur. Et l’on sait que dans un couple si l’un cède trop cela ne va pas être bon pour la relation. La concession se distingue du compromis. Dans le premier cas on met en veille nos désirs, dans l’autre on l’adapte. Si à chaque proposition d’Eva son compagnon fait la tête et ne prend pas en considération les envies de sa compagne elle va « s’user » comme elle dit.
Dans un compromis chacun fait un pas vers l’autre : « on fait ton idée puis on fait la mienne ». S’il y a plus de concessions que de
compromis, le déséquilibre se profile :
« les concessions, ont les met sous le tapis et à un moment donné on peut se prendre les pieds dans ce tapis. »

Un jour qu’Eva essaya de tenir tête à Monsieur, celui-ci se mit dans une colère noire : à tel point qu’il tapa sur la table puis dans les murs : elle fut effrayée, terrorisée ! Elle se demanda si c’était bien le même homme que celui de la première fois. Elle eut si peur qu’elle se promit d’éviter de provoquer de nouveau la situation et elle se tût un peu plus. Après cette scène : il était parti chez lui, en claquant la porte si fort que la voisine de palier était sortie : Eva s’excusa du dérangement, rentra, pleura… sa petite fille qui était dans sa chambre arriva, pâle, lui fit un câlin, s’enquerra de savoir pourquoi M. était en colère, elle la rassura en lui disant « ne t’en fais pas, ça va s’arranger.»

Lola après plusieurs séances où elle travailla sur le pourquoi de ses ressentis, de ses réactions déplaisantes et le comment améliorer la situation, pour qu’il y ait moins de conflits, proposa à son conjoint de venir à une séance. Pour équilibrer la démarche thérapeutique, je le reçus d’abord seul. Lors de leur séance conjointe, Ils discutèrent posément, ils se parlèrent comme ils ne l’avaient pas fait depuis longtemps. Quand ils me racontèrent le début de leur histoire, des sourires émouvants éclairaient leur visage. Ils revinrent sur quelques moments non réglés de leur relation (relation avec la belle famille, éducation) et virent les choses autrement : ils avaient essayé d’adopter le point de vue de l’autre.

*Chez Eva la relation dominant/dominée s’instaure. Par ses pressions psychologiques, ses humeurs, ses paroles, M impose sa façon de voir les choses. La violence d’abord morale puis physique de M a
démarré face à des paroles. Ces paroles représentent un danger pour M, il se sent blessé, voire, angoissé et ne contrôle plus ses émotions et tape, aujourd’hui sur la table et sur les murs… Il pense résoudre
ses peurs de la sorte, alors que seul un suivi lui permettra de s’en sortir. Car cette violence est très souvent le sign d’une fragilité
venue de très loin !
Notre société encore implicitement patriarcale n’est pas étrangère à cette relation dominant/dominée.  

** Chez Lola le couple va vers le dialogue, l’analyse et la recherche d’un mieux-être commun. L’écoute et la communication sont les

premières clés de leur nouveau départ. C’est tellement difficile de
vivre en couple au XXI siècle que le temps et l’énergie qu’ils
décident d’y consacrer vont leur permettre de redémarrer différemment.

 Lola et son mari décidèrent de réaliser un projet qui leur tenait à cœur depuis longtemps : faire le tour de toute la région en vélo l’été suivant. Pour se faire ils devaient trouver de bons vélos, s’entraîner régulièrement et préparer ce voyage avec ses différentes étapes. Leur fils fut enchanté par ce projet auquel ils l’associèrent.

Ils partirent également en week-end, tous les deux.

Lola était, avec son conjoint, dans la spirale des conflits conjugaux, avec du recul et un travail sur elle et sur leur couple, elle a réussi à dépasser cette période de conflits et à sortir de la spirale.

Après cette scène, M revint chez Eva avec des fleurs, demanda pardon, minimisa ses actes, disant qu’il ne s’expliquait pas lui-même cet accès de violence et que cela ne recommencerait pas.

Vous vous doutez, au titre de l’article que ce ne fut pas le cas. Et ce fut après la première gifle qu’Eva reçut que Monsieur m’avait appelée dans un temps de calme pour ce RV de couple afin de lui prouver sa bonne foi. Mais ses propos ne firent que confirmer qu’il était le fruit d’une éducation  genrée  : « un homme ça ne pleure pas, une fille c’est fait pour rester à la maison  » Beaucoup d’angoisses venues de son enfance resurgissaient. Tout le monde peut être énervé par une situation, tout le monde peut avoir des envies « d’en donner une » mais la plupart est capable de se retenir. M n’avait plus cette retenue, en proie à sa jalousie, à ses émotions il perdait le contrôle et n’ayant pas de mots, menaçait et … frappait.

Eva savait que cette relation était nocive et dangereuse. En même temps, elle l’aimait. « Elle l’avait dans la peau » et ne gardait que les bons moments et puis ils avaient chacun leur appartement : cela la rassurait.

Un jour qu’ils étaient dans la voiture d’Eva (sa petite fille à l’arrière), M fureta innocemment dans le téléphone d’Eva. N’ayant rien à cacher elle y consentit. Il tomba sur le message d’un collègue qui lui proposait de boire un café à la pose. La tension monta directement dans l’habitacle de la voiture. Sans comprendre d’où cela venait il jeta le téléphone par la fenêtre se mit à crier, Eva se gara, estomaquée par sa réaction « mais ça va pas de jeter mon téléphone ! » , il se tourna vers elle et lui donna un coup de poing sur la tête près de la tempe : sa petite fille cria « maman !» pleura… Eva  réussit néanmoins à lui crier de sortir en détachant sa ceinture, ce qu’il fit en assénant des insultes, et en donnant des coups de pieds à tout va …

C’était la sixième fois qu’il la frappait.

 Mais c’était la première fois devant sa fille.

Elle redémarra, bien qu’étourdie, tranquillisa sa fille en lui disant que c’était interdit de taper, que ceux qui faisaient ça, allait en prison. Ses larmes roulaient, sa tête cognait : « Alors il faut aller à la police maman », « oui oui je vais y aller ne t’en fais pas. »

Quand elle revint me voir : elle m’avoua qu’elle n’avait pas eu le courage d’y aller. « C’est comme une drogue ; il est mauvais pour moi, mais je ne peux m’empêcher de l’excuser et de le voir ! »

Bien qu’elle ait la carte secours (3919) depuis notre premier RV elle n’eut jamais ni la force, ni l’envie de faire un des numéros locaux d’aide ou le numéro national (de toute façon son téléphone était en réparation), et puis elle avait peur, car elle avait le pressentiment que si elle « le dénonçait », il se passerait quelque chose de pire.

*Effectivement c’est dans les moments de changements, que le
comportement d’une personne violente peut basculer vers…
l’indicible, voire l’irréparable.
Il y a souvent un déclencheur qui entraîne la violence incontrôlée, comme le message d’un collègue !

La sagesse populaire le dit : « c’est le premier pas qui coûte ».

 Alors on fit ce pas ensemble !  3919

        Et ce fut ce pas (main tenue) qui mena Eva vers la sortie du tunnel….

Ne confondons pas les conflits conjugaux (comme ceux que vivent
Lola et son mari) avec la violence conjugale (ce qu’ Eva a connu avec son ex- petit ami) !

Mais SURTOUT : Ne nommons pas « conflit conjugal » ou « dispute » ce qui est de « la violence conjugale ».
 
Un doute pour quelqu’un, une question ?
  Témoin, Victime ?
3919 !
c’est gratuit, anonyme et ça peut sauver une vie !

Sylvie Etiève   le 25 novembre 2019

25 novembre : Journée internationale pour l’élimination de la violence
à l’égard des femmes

Les prénoms sont des prénoms d’emprunt.

Dessins: collection personnelle: PLDE

Décembre 2019:

Quel honneur que de recevoir à la petite maison au cèdre: Valérie Durand, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes (ddcspp de l’Indre).Un temps d’échanges convivial mais surtout riche, et très instructif.
3919 rentre dans les mœurs, mais si vous deviez trouver un hébergement d’urgence à une femme (ou un homme) victime de violences conjugales :
quel numéro composeriez-vous ?
Le 115 est le numéro à faire dans cette situation !

Merci Madame Durand pour votre engagement passionné dans cette lutte !

VIVRE SEUL(E)

Qu’on l’ait choisi ou que ce soit suite à un accident de la vie : vivre seul(e) entraîne un certain nombre d’interrogations de part et d’autres !

Les célibataires :

Environ 1 adulte sur 3 est célibataire en France* : sur 67 millions de Français cela  représente 18 millions de personnes : plus d’hommes que de femmes (souvent des femmes très actives).

L’évolution de notre société dans les années 70/80  a même transformé certains modes de production. Avec la montée de l’individualisme et l’augmentation du nombre de célibataires: des portions alimentaires individuelles ont été produites par exemple.

Les sites de rencontre se sont multipliés également, internet en a permis la propagation et a donné à bon nombre de personnes la possibilité de trouver l’âme sœur.

Si la plupart des célibataires vivent en ville, une émission célèbre d’amour potentiel  a souligné l’isolement de certaines personnes en milieu rural, dans les près. 

Mais certaines personnes restent célibataires par choix: elles se suffisent à elles-mêmes mais elles mènent une vie sociale riche : leur caractère d’indépendance et leur envie d’autonomie les ont poussées à être en tête à tête avec elles-mêmes, de façon permanente.

 

Il faut juste être attentif à ce que ce célibat ne soit pas une résultante d’une phobie sociale, parfois liée à un événement traumatique dans la relation aux autres.

Et puis il y a le regard des autres : les paroles maladroites, les incompréhensions, les suspicions dont il faut se préserver :

pas toujours facile! 

Se retrouver seul(e) !

L’autre situation  résulte malheureusement d’un accident de la vie : séparation ou décès du conjoint.

Bien sûr les deux situations n’ont pas les mêmes répercussions.

Suivant l’âge, suivant la configuration familiale, le réseau social, la santé, la vie professionnelle, et les intérêts vivre seul(e) ne se conjugue pas de la même manière.

C’est du cas par cas, de plus cela évolue avec le temps. Que veut dire « vivre seul(e) » si l’on est une jeune famille monoparentale ? Certainement pas la même chose que si l’on est un veuf de 80 ans ni même si l’on est un étudiant perdu dans une ville inconnue (la solitude des étudiants est un réel problème) !

Il y a 5 millions de veuves et veufs en France (dont 500 000 âgés de moins de 55 ans).

En tous cas : quelle que soit la situation : le fait d’être seul(e) -ou le seul adulte-  demande une certaine vigilance :

* Prendre le temps d’assimiler l »événement qui nous a mis dans cette situation , prendre soin de soi par rapport à l’événement souvent « traumatisant » que l’on vient de vivre : ne pas brûler les étapes !

Et puis il y a ce vide cette absence qu’il faut adopter !

Pas toujours facile!

*Faire le point avec soi-même pour bien se connaître : repérer les moments critiques où vivre seul rime douloureusement avec « solitude » ou « isolement » pour essayer de les  parer. Par exemple rentrer le soir chez soi, passer un dimanche sans trop de projets, manger seul à sa table : évoquer tous ces moments avec quelqu’un et trouver des astuces : écouter de la musique en rentrant, certains sont au téléphone, faire l’effort de trouver une sortie à faire le dimanche : aller voir des amis, ne pas négliger le temps du repas même si l’envie est moindre : apprendre à manger en pleine conscience ou trouver une compagnie médiatique (radio, tv …)

*Anticiper : la sécurité ne doit pas vous obnubiler mais il faut la prendre en compte : connaitre ses voisins, protéger les accès, fermer les portes, ne pas laisser traîner une échelle dans le jardin surtout si l’on a la fâcheuse habitude de laisser les fenêtres de l’étage entrouvertes,  avoir des numéros de téléphone et avoir donné le sien. Avoir une personne référencée si l’on est alité.

*Garder le rythme : ce n’est pas parce que l’on est seul que l’on doit se laisser aller : il parait que les personnes qui font leur lit tous les matins  sont des personnes productives et qui ont une bonne estime d’elles-mêmes.

Oui mais il faut TOUT faire chez soi quand on est seul !

Pas toujours facile!

S’habiller, se soigner bien s’alimenter, dormir suffisamment ,éviter trop d’écarts, ranger, faire le ménage, ne pas procrastiner… demandent un peu plus d’effort quand on est seul car nous n’avons pas le retour de « l’autre » : en même temps c’est une liberté : personne pour vous juger : néanmoins il faut faire attention à ce que rien de négatif ne s’éternise ne s’enlise !

Décorer son intérieur ou  faire des petits changements booste !

Et puis il y a cette espèce de culpabilité qui nous habite : et si …

Pas toujours facile!

Le  nesting ( ou cocooning) fait du bien parfois : rester chez soi dans un « nid douillet » : un plaid, une boisson chaude, un bon roman ou un bon film permet de se recentrer sur soi : de récupérer.

*Mais Aller vers le monde est une nécessité absolue : inviter des amis, sortir de chez soi pour prendre l’air, mais aussi pour rencontrer du monde, voyager, s’informer sur ce qui est proposé  vers chez vous. Vous connaissez votre centre d’intérêt ? alors chercher ce qui se fait à ce propos autour de vous : le mieux est le bouche à oreille mais dans certaines régions on peut passer par les soirées meetup  pour parler de sa passion, mais il y a nombre d’associations qui ne demandent que ça de vous accueillir ! Investissez-vous ?Pourquoi pas ?

Et puis il y a cette confiance en soi qui peut s’altérer, son inquiétude pour l’avenir !

Pas toujours facile!

Avoir un animal de compagnie permet aussi de se sentir moins seul(e), cela oblige à s’en occuper voire à lui parler, mais c’est une contrainte aussi que certains ne sont pas prêts à accepter.

Et  discuter : parler fait un bien fou ! même par messagerie : recevoir des paroles gratifiantes rassurantes et en donner permet d’avancer (*).

Et puis rêver, créer, oser, abandonner ses a priori ou ceux que l’on colle aux autres, faire preuve de fantaisie, se sourire à soi-même, aller vers les gens : tendre la main le premier, dire « bonjour » … revoir sa posture donne parfois des surprises !

Et puis on ne sait jamais, peut-être qu’au détour d’une conversation, d’un sourire, un nouveau chapitre s’écrira et que le temps du « solo » changera de mode !

Sylvie Etiève

                            Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. 
                             Alphonse de Lamartine L’isolement (1815-1820)

(*) Une de mes amies (trop dramatiquement et précocement veuve) me raconta l’événement suivant. Alors que ses enfants venaient passer le week-end chez elle, en leur donnant des nouvelles des aléas de sa vie, les larmes ont coulé … Alors sa chienne couchée un peu plus loin s’est mise dans tous ses états et elle s’est empressée de venir s’accoler à sa maîtresse, elle  a  posé son museau sur ses  genoux. Son fils a alors dit « Notre chienne : c’est une véritable éponge à émotions ! » Et les rires ont séchés les larmes.

Mettre des m o t s sur les m a u x détend souvent l’atmosphère : alors à l’image de cette petite anecdote :  parlez, pleurez, riez et parlez encore !

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Si vous le souhaitez venez participer à cet atelier de discussion  ou laissez un commentaire  :L’image contient peut-être : texte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*https://www.lacse.fr/combien-de-celibataires-france/

 

 

La rentrée des classes : réactivons les bons réflexes parentaux

C’est la rentrée des classes : réactivons les bons réflexes parentaux !

Impatient, peu motivé, n’y pensant peut-être même pas votre enfant fait sa rentrée à l’école élémentaire.

Il peut s’agir d’une première entrée en maternelle ou d’une entrée à l’école primaire. Il peut s’agir d’une découverte (entrée au CP, ou suite à un déménagement …)  ou d’une reprise de contact avec un milieu connu : l’école !  Appréciée ou redoutée ou laissant plus rarement indifférent.

Suivant ces données votre enfant ne se sentira pas dans les mêmes dispositions psychologiques pour aller à l’école, mais, ce qui va être fondamental pour lui c’est la façon avec laquelle vous allez l’accompagner dans cette rentrée.

L’école est une chance pour chacun des enfants : encore faut-il s’y sentir bien.

Mais ce qu’il faut surtout savoir c’est que votre enfant ne passe pas plus de 10 % de son temps en classe : néanmoins c’est un temps fondamental et pour qu’il soit profitable nous avons (en tant que parent) quelques réflexes que l’on peut réactiver en cette veille de rentrée.

*Vous le savez sans doute : pour profiter réellement de la vie plusieurs besoins doivent être respectés et les premiers sont les besoins physiologiques : dormir, boire, manger, faire ses besoins, respirer, avoir chaud ou pas trop, … pourtant il n’est pas rare de voir venir à l’école des enfants : ayant peu ou mal dormi, n’ayant pas déjeuné, ayant déjà respiré quelques fumées de cigarettes, n’ayant pas de quoi se couvrir et parfois n’ayant même pas eu le temps d’aller aux toilettes : un enfant dont l’un de ces besoins n’est pas satisfait n’est pas disponible pour apprendre !

Alors le premier réflexe : satisfaisons les premiers besoins de nos enfants :

Se coucher assez tôt (dans des conditions sereines). Prendre le temps de déjeuner le matin, d’aller et faire sa toilette, prendre le temps de s’oxygéner en marchant un peu pour aller à l’école, et prévoir des vêtements adaptés aux conditions météo parfois changeantes dans la journée.

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**Ce qui compte aussi pour votre enfant c’est qu’il se sente en sécurité : avec ou sans vous.           Qu’il sente une bulle de sécurité autour de lui : de la considération, de l’écoute de ses inquiétudes (et non des vôtres), de l’anticipation et de la prévention.

La majorité des enfants arrivent dans de bonnes conditions à l’école : heureusement, mais certains enfants sont parfois « lâchés » de la voiture des parents (mal garés) devant l’école ! D’autres arrivent, ne sachant pas où ils déjeunent le midi, ou pire perturbés par telle ou telle scène vécue :scène réelle ou virtuelle !

  • Donc deuxième série de réflexes : sécurisons nos enfants.

Les surveiller, les accompagner en leur donnant la main (il est prouvé que donner la main à un enfant le calme et le rassure), l’attacher en voiture (pas devant avant 10 ans) prendre les passages piétons, ne pas se garer sur l’emplacement du bus …

Redire la confiance que nous avons en lui, mais aussi dans l’équipe pédagogique à qui nous le confions (rencontrer les enseignants est constructif- je me souviens d’un papa que l’on avait appelé pour venir récupérer sa fille malade, lorsque je lui ai demandé en quelle classe était sa fille et avec quelle enseignante il s’est arrêté net et m’a répondu « je n’en sais rien du tout : j’ai bien autre chose à faire que de me souvenir de sa classe et du nom de sa maîtresse … », « elle n’aura qu’une enfance Monsieur et vous êtes, avec sa mère, les garants de la qualité de celle-ci ! Alors savoir en quelle classe elle est, n’est peut-être pas une option ; mais il n’y a pas de montage en séries pour être parents ! On ne nait pas parent, on le devient». La cohérence éducative et la connaissance et le respect mutuel sont essentiels dans le bon déroulement de la scolarité : la réunion de rentrée (à noter) est un bon moyen d’établir le contact !

Autre point sécurisant : Entendre les inquiétudes de son enfant, sans les juger, ni les minimiser, et encore moins en rire : le fait qu’il puisse les dire et qu’elles soient entendues les désamorceront déjà beaucoup -n’hésitez pas à reformuler sa parole : 1 : cela lui montre que vous l’avez bien écouté, 2 : cela vous permet d’être sûr( e ) d’avoir compris: « j’entends ce que tu me dis : tu as peur de ne pas être dans la classe de untel, c’est bien ça ? » Etre écouté rassure l’enfant, et le rassurer est votre rôle-

Eviter de lui faire porter vos propres difficultés passagères (ou pas) certains enfants sont les confidents des parents et cette responsabilité inappropriée est bien trop lourde pour leurs petites épaules.

La sécurité passe aussi par un minimum d’organisation : préparer ses affaires la veille, vérifier ses leçons, son cartable, redire le déroulement de la journée ! Il faut également penser à les protéger notamment de certaines images virtuelles : jeux sur écran, vidéos diverses, … et se rappeler que les écrans stimulent une partie du cerveau qui ne permet pas un endormissement aisé.

Enfin la sécurité de l’enfant se tiendra aussi dans les limites que vous saurez lui donner : ce qu’il peut faire ou ne peut pas faire et pourquoi : «  tu peux aller de la voiture à l’école à pieds, mais tu ne dois pas traverser en dehors des passages piétons : car c’est dangereux de traverser n’importe où !»

  Je faisais souvent un petit test de rentrée en demandant aux élèves de se déplacer tous ensemble dans un grand carré tracé au sol : une seule consigne marcher tant que l’on entend le son du tambourin sans sortir du carré : régulièrement quelques élèves sortaient du cadre et n’obtempéraient pas à l’arrêt du signal sonore et d’entrée de jeu il fallait leur redonner l’importance des limites à respecter en disant par exemple : le carré est une plateforme et autour c’est le vide : «  ah alors tout à l’heure j’ai perdu ! ! » et pour gagner  et réussir il faut savoir intégrer les consignes oui !

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*** Enfin un autre besoin chez l’enfant en particulier, chez l’Humain en général, c’est d’être aimé : l’affection, l’amour sont le ciment de tous les besoins précédents. On peut répondre à tous les besoins du monde d’un enfant si on le fait avec indifférence et sans affection cela ne lui permettra pas de se construire de façon cohérente ! Donc, et avant tout, aimons notre enfant !

Il doit se sentir, aimé, valorisé, estimé, se sentir appartenant à sa famille, à un groupe d’amis, à sa classe, à son club (sportif, culturel,…) pour grandir solidement.

Un jour une petite fille me lança à brûle-pourpoint : « de toutes façons moi ma mère elle m’aime pas parce qu’elle s’occupe jamais de moi : elle dit qu’elle a trop d’boulot pour s’occuper de moi et en plus elle est toujours avec son portable! » après l’avoir rassurée sur sa méprise, j’essayais d’évoquer habilement et discrètement l’inquiétude de la  fille avec la maman. Elle reconnut qu’effectivement leurs rapports étaient plus dans le dépêche-toi, fais pas ci mais fais ça, et qu’elle allait changer ça en l’emmenant dans un bon restaurant ! »… L’événement exceptionnel peut effectivement faire plaisir s’il est vécu pleinement (sans distracteur portatif) mais cela ne suffit pas : c’est au quotidien qu’il faut marquer son affection, son amour !

Alors dernières séries de réflexes :

Des mots doux, des câlins, de la complicité, et tout ce qui marque l’amour parents/enfants sans étouffement ni dans un sens ni dans l’autre!

Les moments de qualité sont importants : lui lire des histoires le soir (plus un enfant écoute d’histoires, meilleur il sera en lecture) se promener, faire ensemble des jeux de société, cuisiner, ranger et valoriser leur rangement, jouer, rire, faire des rencontres, discuter … et créer des petites surprises (pas forcément matérielle) mais plus dans des petits changements d’habitude, par exemple : mettre une musique et danser ensemble, faire un dessin à quatre mains (ou plus), faire une cabane, laisser un post-it avec un petit message inattendu, changer les rôles lors des leçons ou encore décider d’aller pique-niquer ou goûter dans un endroit agréable car il fait encore beau !… Et profiter du soleil de septembre est un bien-fait incontestable.

Ce n’est pas tant ce que l’on fait avec eux qui compte, mais c’est bien l’état d’esprit dans lequel on le fait ! On peut décider d’aller dans un beau restaurant, si l’on est absorbé par son téléphone, ou si l’on fait des reproches sur la tenue de son enfant car l’attente est un peu longue, ou encore si l’on critique ceci cela, ce n’est pas sûr que l’objectif « qualité » soit atteint !

L’enfant en règle générale n’a pas plus grand joie que de faire plaisir à ses parents : fort de ça mettons les jalons qu’il faut pour qu’il y parvienne.

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Voilà donc quelques réflexes basiques à réactiver :

La base : répondre aux besoins élémentaires : boire, manger, bien dormir, faire ses besoins, se vêtir.

Puis la sécurité : rassurer, écouter faire confiance, surveiller, prévenir, respecter les personnes et les règles, donner un cadre, s’organiser.

Et on finit par celui par lequel on commence naturellement : aimer et porter de l’affection à nos chers enfants.

Pour finir ce qui vaut pour votre enfant vaut pour vous : savoir prendre soin de soi en étant attentif à tout ce qui est sous-tendu ci- dessus permettra au parent que vous êtes d’aller bien.

Et un parent qui va bien donne toutes les chances à son enfant d’aller bien également.

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A Châteauroux la semaine repasse à 4 jours comme dans 80 % des écoles en France.

Je propose des ateliers « détente » : (estime de soi/ gestion du stress) enfants et jeunes adolescents à partir du 26 septembre

Des premiers groupes sont ouverts pour ces ateliers : 
Groupe A : 11 h.
Groupe B : 16 h.
Groupe C : 17 h
Groupe pré-ado en élaboration(11/13 ans): 14 h 

A partir du mercredi 26 septembre : 6 séances de 50 minutes (hors vacances scolaires).
40 € le cycle.

Il reste encore de la place dans chaque.

Sylvie Etiève

Thérapeute familiale conjugale              0781330687

Plus de détails dans ces articles.

.francebleu.fr/emissions/le-dossier-du-jour/berry/le-dossier-du-jour-de-france-bleu-berry-3.

La rentrée approche

Larcin au cimetière: une blessure psychologique

De la tristesse sur de la tristesse.


22 juillet 2019

Pascale*… blessée. D’avoir constaté que des personnes indélicates aient pu voler au cimetière ce que ses(nos) petits-enfants avaient mis avec leur cœur à leur PapiJ 😢

Voir un tel post sur un réseau social entraîne bien du chagrin !  Émerge aussi un sentiment de peine partagée avec la personne qui a vécu l’outrage à la mémoire du conjoint, père, grand-père tant aimé.

Les messages de soutien d’amitié s’enchainent sous le post, ce qui encourage et réconforte l’amie (ou la connaissance) qui a eu le courage de partager sa tristesse avec son entourage virtuel ou réel.

Des amis se disent de tout cœur avec Pascale qui les remercie chaleureusement.

Certains ont vécu la même offense et partagent intimement ce ressenti, parfois ils ne trouvent pas les mots et restent sans voix, tant, ces actes sont indécents et irrespectueux, Pascale est modérée elle les dit « indélicates ».  

Des réactions plus coléreuses (voire injurieuses) s’ajoutent et les auteurs trouvent cet acte inadmissible et demandent même des punitions.

Punir les auteurs de tels vols, fleurs, plantes, petits cadeaux souvenirs, la loi le prévoit (les vols à la roulotte ont aussi souvent lieu dans les voitures sur les parking le temps du passage au cimetière).

La mairie peut être avertie, car, si les signalements sont répétés elle peut essayer de renforcer la surveillance, en demandant des patrouilles plus régulières près du cimetière, en ne laissant qu’un portail d’accès (plus facile à surveiller). Dans certaines communes des habitants se concertent pour échelonner leurs visites et « être vigilants » aux aller-venues. Dans d’autres des caméras sont demandées, mais par ailleurs, se savoir filmé enlève une certaine intimité non ?

Déposer une main courante peut se faire aussi. Si le vol est déclaré l’assurance peut proposer une prise en charge des objets volés (sur facture). La loi prévoit une amende maximale de 45 000€ et une peine de prison pouvant atteindre les 3 ans, et heureusement que ces garanties existent car certains voleurs n’hésitent pas à revendre des plaques, des porcelaines … des urnes funéraires !! Jusqu’à 135 Kg de laiton/bronze ont été dérobés par un couple dans la Somme (sous forme de statuettes, de croix…) un véritable recel découvert par les services d’ordre. Le conseil qui est donné est de faire graver ces objets, devenant ainsi plus difficilement revendables.

Evidemment si les malfaiteurs sont retrouvés : cela consolera peut-être ceux qui de toutes façons ont déjà perdu ce qu’ils avaient de plus cher, leur proche ?

Et peut-être même pas : le mal est fait ! le mal est dans le geste, l’acte même puni resterait blessant, car exécuté !

Et la loi, les sanctions n’y pourront rien contre la blessure psychologique, la peine et l’indignation engendrées, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un petit cadeau sans valeur pécuniaire mais d’une valeur affective inestimable : comment ne pas être meurtri, blessé ?

Blessés nous sommes, lors de tels actes car oui, il y a violation et abus de confiance, les cimetières sont des lieux publics fréquentés par des endeuillés qui en apportant leur offrande veulent continuer de tisser le lien avec l’être aimé, l’être parti, parfois trop tôt, trop brutalement ! Et ce lien est intercepté, tranché par des malfaisants !

Et cet acte nous renvoie à tout l’abime qu’est le manque de l’autre.

Son incapacité à ne plus pouvoir nous aider !

Cette violation de ce périmètre personnel nous renvoie à notre impuissance, à notre culpabilité, parfois même à une idée d’abandon qui nous taraudent.

Certains disent que ce sont des faits d’enfants, peu y croient !

Existe-t-il encore le temps où les enfants se racontaient des histoires à faire peur près ou dans les cimetières, à attendre l’apparition des feux-follets ?

D’autres restent dans l’incompréhension : « comment peut-on faire ça ? »  et ne voient pas, ce que voler dans un cimetière puisse apporter.

Et, sans doute que la question pivot est dans ces mots ?

Comment peut-on faire ça ? 

Alors bien sûr il y a ceux qui font ça pour receler, revendre.

Il y a ceux qui font ça, comme cette femme dans le Finistère qui vole régulièrement des dizaines de pots de fleurs : par pulsion maladive.

Il y a ceux (parfois sans trop de ressources) qui n’ont pas l’impression de voler, ni de faire mal, mais simplement de « déplacer » les fleurs d’une tombe à une autre.

Il y a les accidentés de la vie, ayant vécu des traumatismes; et ceux qui dysfonctionnent car ils n’ont pas reçu les bases éducatives indispensables et peut-être manqué d’amour tellement nécessaire dans la construction d’une personnalité stable et respectueuse.

Alors Pascale, il faut se rassurer en se disant que vos petits-enfants ne font pas partie de cette catégorie de personnes à la marge.

Ils apportaient une petite offrande à leur Papi, certains ont nui à leur démarche (par jalousie, indélicatesse, mal-être) : c’est moche, surtout pour les auteurs qui ne connaissent sans doute pas le bonheur d’avoir une mamie comme vous !

 Plus tard, forts de cette triste expérience, vos petits-enfants seront encore plus sensibles à ces méfaits. Ils seront peut-être des veilleurs auprès des leurs.

Pour finir, au-delà de l’offense exprimée dans votre post, on peut lire que ce grand-père était profondément aimé, que leur grand-mère les entoure chaleureusement et que c’est une véritable chance pour eux que de vous avoir ou de l’avoir eus. Pour vous aussi c’est un cadeau de la vie que d’avoir la chance d’être entourée d’eux, on connait tous des personnes souffrant d’abandon. Alors merci d’être qui vous êtes et d’avoir posté ce message de souffrance, car, à plusieurs le poids s’allège.

Merci de votre lecture.

Sylvie Etiève

*Le prénom a été modifié.  

Maman solo et malade

« Dans ma maladie, je repense à ma grand-mère qui m’a transmis beaucoup de repères. Je me souviens, petite fille, de l’avoir accompagnée à la Pitié salpêtrière et j’adorais ça. Je prenais le train avec Mémé, elle m’achetait le meilleur Paris-Brest dans la boulangerie à côté de l’hôpital. Dans la salle d’attente je lisais avec elle le nouveau livre de la collection « j’aime lire » (si je ne me trompe pas, c’est vieux !) qu’elle avait acheté. J’étais si fière de l’accompagner et je la trouvais tellement belle avec son chapeau et sa voilette, je n’ai jamais senti le moindre stress autour de sa maladie. C’est exactement ça que je dois créer avec mes enfants, créer cette atmosphère. »


Voici le témoignage d’une de mes patientes -Mélody[1]– pour qui et avec qui je rédige cet article. Un vieil adage dit « un malheur n’arrive jamais seul » et pour Melody, il s’applique. En plus d’une séparation plus que compliquée, elle a perdu son papa il y a quelques mois, ils en sont encore tous bouleversés et … elle vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’une maladie grave, une tumeur[2] assez rare qui va la conduire vers une opération à haut risque de plus de huit heures.
Comment en plus de la douleur physique réussir à mettre un contexte en place le moins anxiogène possible pour ses trois enfants de 8 à 16 ans ? Quels sont les piliers qui permettent de jalonner une telle épreuve ?


« A travers cette expérience, je peux vous exprimer toute la difficulté d’être une maman solo en étant malade. En fait on pense à ses enfants avant toute chose.
Je suis très inquiète pour mes enfants et pour leur avenir.
Je ne veux pas qu’ils viennent à l’hôpital, ce n’est pas un lieu pour eux et malgré une volonté et une rage de vivre pour mes enfants, le fait d’affronter la maladie seule c’est très dur.
Je ne sais pas comment aborder le sujet avec eux je crains d’être maladroite, qu’ils aient peur car on va me raser la tête… et je ne peux le demander à leur père avec qui les relations sont très difficiles.
Je programme des vacances avec eux, leur offrir les plus belles vacances de leur vie comme s’ils n’avaient pas une maman malade.
C’est très difficile de décrire tout ceci émotionnellement car un mot revient à répétition c’est la peur.
Néanmoins j’essaie d’anticiper la suite, de supporter la douleur, tout en gardant la joie, la bonne humeur, des sorties et profiter de chaque minute, chaque instant. »

A la place de Mélody, nous aurions, en tant que parent les mêmes peurs. La peur est une émotion forte, qui ne se contrôle pas. Mais au travers des propos de cette courageuse maman on retient que le plus important c’est de prendre cette peur en considération et de voir point par point ce que l’on peut faire pour (autant que faire se peut) se rassurer et rassurer les enfants et les proches aimants.

Un soutien affectif est le premier pilier sur lequel on peut s’appuyer : la famille (même via internet qui gomme un peu la distance), des amis proches, en tout cas des personnes à qui l’on fait confiance et en qui les enfants ont confiance !

 Autant Melody a apprécié les « voyages à la Salpêtrière avec sa grand-mère », autant elle ne souhaite pas que ses enfants fréquentent l’hôpital*.  Chacun est libre de choisir (parfois pas) mais la piste est sans doute dans l’attitude de la grand-mère de Mélody : de la prévenance, de la douceur, de la fantaisie, de l’imaginaire, de l’humanité dans les passages parfois obligés dans ces lieux de soin pour la famille, pour les enfants. Evoquer la maladie est nécessaire, les plus jeunes parfois extrapolent (empirent parfois) il est bon de les écouter et les guider* de les rassurer, de leur parler des événements avec les vrais mots. Le « faire comme si » peut donner un peu de force mais ce n’est pas la réalité, « faire avec » est incontournable. D’ailleurs Mélody fait « avec » et c’est un formidable exemple de courage qu’elle donne aux enfants. La preuve dans un de ses messages. Mélody avait prévu de venir à une de mes balades sylviques mais suite à une nuit quasi blanche, impossible- pour elle le matin de prendre le volant, elle m’écrit:

« Pardonnez notre absence ce matin. Mon fils aîné m’a avertie qu’il vous avait prévenue pendant que je dormais. Je mets quotidiennement sur le frigo l’organisation du lendemain avec les numéros de téléphone. C’est une des nouvelles stratégies que je mets en place vu que ma tumeur influe sur la méninge gauche. J’ai eu énormément de douleur orbitaire et des migraines, et j’ai donc peu dormi. Je suis profondément navrée car j’aurais aimé à travers cette promenade que vous fassiez la connaissance de mon fils aîné. J’essaie de mettre de nouveaux repères extérieurs à mes enfants, ils doivent découvrir la beauté de la vie. J’espère que nous aurons l’occasion très vite de faire enfin cette balade. »

Acceptation de la réalité, nouvelles stratégies, responsabilisation, ouverture sur le monde, espoir, projet sont les éléments qu’utilisent avec intelligence Mélody et elle va plus loin :

« En fait j’ai peur pour leur avenir, j’ai peur qu’ils décrochent de l’école. Pour l’instant je suis dans l’anticipation de l’avenir des enfants. Je dois continuer d’assurer à emmener ma fille à la danse, trouver des concours de Belote pour mon fils aîné. Apprendre à un de mes fils à monter à cheval comme il le souhaite.
Dieu merci j’ai le soutien du Dr P. et de Monsieur B. avec qui je pratique l’EMDR[3]. J’ai pris rdv avec mon assistante sociale pour connaître mes droits niveau MDPH[4] et aussi si je pourrais bénéficier d’une aide-ménagère après l’intervention et peut être d’une aide familiale. Pour les enfants, ils acceptent le suivi avec une psychologue, nous en avons parlé samedi justement. Je leur ai expliqué les bienfaits d’avoir une personne extérieure à qui ils pourront exprimer leurs émotions. »


La deuxième piste qui émerge de la suite du témoignage de Mélody gravite autour de l’aide psychosociale : se faire accompagner par des professionnels : médecins, psychothérapeute, enseignants, assistants sociaux, éducateurs, sécu, mutuelles , organismes, associations, taxi … l’institution peut apporter des soutiens et les  professionnels vont aider au fur et à mesure à trouver les mots justes pour parler de la maladie, de ses conséquences (changement d’apparence, fatigue, absence…) et des moyens de vivre avec : mettre des jolies foulards ou pourquoi pas un chapeau à voilette, apprendre à prendre soin de l’autre, avoir des personnes de références. Parler fait beaucoup de bien et permet de délester certaines angoisses. La littérature pour la jeunesse peut aider aussi[5]. Ce suivi n’enlève rien à la dureté de la maladie qui injustement s’impose, il peut permettre de canaliser une certaine colère ou de panser la tristesse qui peuvent surgir, cet accompagnement permet de surveiller, si, ne se surajoutent pas une déprime voire une dépression, surtout lorsque les enfants sont adolescents.

L’accompagnement psychosocial est un pilier lors de ces terribles moments : mais il demande beaucoup d’énergie (et les stocks sont plus rares) et surtout, comme Mélody le fait pour ses enfants, il faut continuer à distiller ses propres valeurs : elles seront le socle des futurs adultes qu’ils seront demain, j’y reviendrai.


« Je mets donc actuellement beaucoup d’organisation autour d’eux et les écoles sont informées de mon état de santé et de l’intervention pour justement repérer le moindre mal être des enfants. Ma sœur les entoure beaucoup même si ce n’est qu’à distance. Maintenant je dois avant tout trouver des solutions pour œuvrer sur l’avenir de mes enfants. Protéger leur équilibre psycho-affectif. Protéger leur patrimoine. J’ai pris rendez-vous avec mon notaire pour aussi protéger leurs intérêts, et même si je suis persuadée qu’on va s’en sortir et que nous serons grandis de cette épreuve, j’ai anticipé mes éventuelles obsèques. »[

Le cadre juridique est le troisième pilier d’une telle situation. L’aide des services légaux et administratifs s’avère nécessaire. D’autant plus quand il y a séparation des conjoints, qui plus est conflictuelle. Envisager ses obsèques, la vie de ses enfants après sa mort est certes triste mais ne fait pas mourir. Nous le savons tous, la mort est la seule issue à la vie- le plus tard est le mieux – ; mais ce sujet parfois ô combien douloureux voire tabou ne nous permet pas de l’évoquer avec sérénité. Et encore moins lorsque la maladie et les risques chirurgicaux qu’elle peut entraîner, rodent. Alors il faut redoubler de courage et pour pouvoir passer à autre chose, traiter « les situations matérielles » successivement. Faire l’inventaire de ses biens. Savoir que tous les enfants seront héritiers, même s’il en est né d’une autre union. De plus, suivant l’âge des enfants (majeurs ou mineurs), il faudra penser à désigner un tuteur aux plus jeunes. Réfléchir à faire des legs ou pas, testament ou pas, dernières volontés ou pas.

Et puis, malgré la douceur qu’on peut y mettre, parler des directives anticipées est très troublant, mais peut rassurer ou guider chacun. Surtout que les directives sont toujours modifiables[6].

Je souhaiterais revenir et terminer cet article à deux voix par un dernier pilier[7] qui de façon circulaire rejoindrait le premier pour étayer ce pont permettant de traverser cette épreuve « être maman solo et gravement malade ». Le pilier le plus impalpable : Le pilier des valeurs et des aspirations. Transmettre ses valeurs, dire ce à quoi l’on croit (pas forcément de façon spirituelle), ce qui nous parait être l’essentiel dans la vie et apprécier chacun des moments présents des plus intenses en efforts d’adaptation demandés au plus gourmand. Et pour appuyer et conclure cet article sur cette note d’amour libre de toutes frontières spatio-temporelles, je laisserai conclure Mélody qui sait si bien en parler :

« En fait y’a tellement à faire… Tellement à leur apprendre… Leur montrer que la vie est belle même s’il y a des épreuves. Leur apprendre la détermination, tout en gardant le sourire, tout en riant avec eux.  Surtout par-dessus tout leur apprendre le respect d’eux-mêmes, la confiance, l’amour et l’amour de la vie.J’ai été hospitalisée en urgence, et l’on m’a parlé d’AVC ou d’hémorragie cérébrale possibles, désormais je sais que ça peut arriver, j’appréhende ce risque, alors on s’organise. Maintenant nous avons un sac tout prêt avec les vêtements des enfants en cas d’urgence médicale, les numéros à joindre sont affichés !   Ici chacun fait des efforts : joue tranquillement. Et puis … demain on va manger un méga-hamburger maison !! Mes enfants sont le sens de mon existence, ils sont la vie, l’espoir, le soleil, la joie. On n’imagine pas comme l’amour qu’on porte à nos enfants est plus fort que la douleur, plus fort que tout. Il faut tellement les aimer de façon inconditionnelle : Les aimer encore plus fort que jamais comme si demain n’existait plus.»[8]


Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.
Antoine de Saint-Exupéry



Notes

1 : Mélody est un prénom d’emprunt pour l’article.

2 : Tumeur qui s’appelle Méningiome spheno orbitaire

3 : EMDR= Les initiales EMDR signifient eye movement desensitization and reprocessing c’est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. http://www.emdr-france.org/web/quest-therapie-emdr/

4 : MDPH= maison départementale des personnes handicapées

5 : La psychothérapeute, Hélène Romano, explique que pour les enfants la mort est réversible, contagieuse et ne touche pas tout le monde, il faut donc prendre le temps d’expliciter ces trois points : la mort est irréversible, elle n’est pas contagieuse et elle est universelle. https://www.youtube.com/watch?v=-vEsbBF9PTY

6 :  Directives anticipées : il s’agit de dire à son médecin où à ses proches ce que l’on souhaite pour sa fin de vie.

https://solidaritessante.gouv.fr/IMG/pdf/fichedirectivesanticipe_es_10p_exev2.pdf

7 : NB: cet article n’a pas pour ambition d’être exhaustif mais seulement de se baser sur un témoignage, appuyé d’une humble analyse. Je l’ai écrit suite au touchant message suivant de Mélody :

« J’ai lu beaucoup d’articles sur votre blog qui tournent autour de ce rapport parent-enfant. Ça aide tellement. Ces écrits sont précieux et peuvent aider beaucoup de lecteurs car ils sont écrits avec sincérité et ils font frissonner. Certaines personnes n’ont pas le courage de franchir la porte d’un psy ou thérapeute et vont rechercher des informations sur le net à leurs interrogations. Je le sais car malheureusement j’en vois beaucoup à travers mon travail. Et même nous simples parents, on va trouver des mots réconfortants, des solutions, des compréhensions sur nos enfants. Ça a du sens. Si vous avez besoin de moi pour votre article et même de raconter ce combat vous pouvez compter sur moi bien évidement si cela peut aider d’autres parents. Ma grand-mère était une femme merveilleuse et quelque part, vous allez lui rendre hommage.  Merci pour tout. »

Nous lui avons rendu hommage, hommage que je vous rends également Mélody.

Merci à vous.

8 : Le jour (12/6/19) de la publication de cet article Mélody m’envoie ce message : « Aujourd’hui c’est une nouvelle IRM, j’y vais avec Paul mon chauffeur de Taxi. Paul accompagnait mon père pendant sa maladie. Ma fille vient avec nous ; pendant l’IRM Paul va l’emmener manger une glace. » … la boucle est bouclée.

Octobre 2019

Le couple : le divorce – Le couple ses fondements

Etant invitée sur France Bleu dans l’émission « les experts » le 30 avril , Patricia Darré et Manuel Bonnefond m’avaient demandé d’aborder « le couple et le divorce ».

https://www.francebleu.fr/emissions/les-experts/berry/les-experts-de-france-bleu-berry-52

Je vous propose d’approfondir et d’élargir le contenu de cette émission dans cet article si cela vous intéresse.

Le divorce 

Même si la loi l’autorisait depuis  1792 seulement 1% des couples  divorçaient en 1950. Les couples étaient un peu emmurés dans leur fonctionnement. La révolution (notamment sexuelle) de 1968 a libéré les mœurs, puis les lois concernant la contraception et l’IVG ont également influencé les états d’esprits.   

Aujourd’hui 350 divorces sont prononcés par jour en France ! La progression est constante,  il y a 4 fois plus de divorces aujourd’hui qu’en 1970.

L’infidélité est la première cause des divorces, mais pas la seule puisque l’égoïsme du partenaire en est la seconde, puis le mauvais caractère, les comportements abusifs et les désaccords concernant l’avenir.

Contrairement au passé, dans les 3/4 des cas ce sont  les femmes qui demandent le divorce aujourd’hui : la naissance plus tardive du premier enfant (en moyenne à 31 ans),  l’accès au travail les  a rendues plus indépendantes : dans 80% des situations elles obtiennent la garde des enfants. Les hommes divorcés ont en moyenne 42 ans et les femmes divorcées 44 ans.

Conséquence de cela : plus de 1,6 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans des familles recomposées : Près de 8% des familles françaises sont des familles recomposées.

Et pourtant, même si le nombre de mariages a considérablement diminué, même si les statistiques montrent que 45% des couples divorcent : 2 couples se marient toutes les 3 minutes en France2 : c’est notable !

Et c’est, sans parler des couples qui se pacsent ( en mairie maintenant) ou qui s’installent en concubinage (sans formalité) . Couples qui se font et se défont de la même manière, bien, que les statistiques ne soient pas si simples à réaliser que pour les couples mariés.

Aujourd’hui les formes de couples sont d’une grande variété :

Cela va du couple orthonormé, reconnu et identifiable (avec au sans enfant ) aux nouveaux couples: comme les couples qui font appart’ à part –plus d’1 million de couples ne partagent pas le même toit ( 8 % font chambre à part )- ou ceux qui pratiquent  le staching  c’est à dire qu’ils sont en couple mais ne le disent à personne : ni à leur famille ni  à leurs amis ni sur les réseaux sociaux,  aux couples (nombre infime) échangistes ( pratiquant par exemple le poly-amory grâce notamment à l’impact des réseaux sociaux) voire aux couples qui restent ensemble pour les enfants mais qui n’ont plus de vie conjugale commune.  L’anthropologue Philippe Brenot dit que l’on assiste à une crise du couple, que la sexualité est aujourd’hui distinguée du couple, que la culture de l’individualisme et de l’idyllique pousse des personnes à favoriser leur vie d’homme ou de femme. Le couple est pour lui l’école de l’altérité (apprendre l’autre) et de l’humanité : accepter l’autre tel qu’il est et non tel que l’on voudrait qu’il soit ! L’amour c’est merveilleux mais aussi douloureux.

Le pardon peut-être une chance dans un couple.

Les conflits

Une vie de couple n’est pas linéaire et la crise est inhérente à son déroulé. Après une crise, soit le lien amoureux est re-tisser, parfois même consolidé, soit, si les conflits et les crises s’accumulent et que la désillusion s’installe,  le lien peut se rompre.

Les causes des conflits sont le plus souvent : l’influence familiale, la jalousie, le mensonge, la désillusion, le malentendu, la fierté, l’orgueil, la différence de point de vue (éducation), les relations sexuelles ou les problèmes de communication. Ce qu’il faut c’est comprendre le sens du conflit, et éviter de les aggraver en voulant toujours avoir raison, et en les niant 4 .

Les conflits ont des conséquences sur les conjoints et sur les enfants :

Chez les conjoints s’installent :  la méfiance, le manque de confiance, l’isolement (vivre comme des étrangers, et ne plus rien avoir à se dire), la perte de confiance en soi (difficulté pour s’exprimer, pour agir …) en l’autre !

L’agressivité peut prendre le pas sur la communication et peut entraîner des violences.

Des réactions découlent  de ces conséquences : refuge dans le travail, infidélité, dépression, dépendance (boire), abandon du foyer, divorce, suicide ; meurtre, ( tous les 3 jours 1 femme meurt sous les coups/ 1 homme toutes les 3 semaines :  tel : 3919 )  !

Sur les enfants les conflits non réglés entraînent de la peur, des problèmes scolaires, des troubles psychologiques, de la rébellion, parfois des fugues, ou une certaine délinquance !

Heureusement toutes les séparations ne se passent pas si catastrophiquement que cela.

Même si au vu du nombre, la séparation de couple s’est banalisée sur le plan social,  elle est souvent vécue de façon dramatique sur le plan individuel : c’est la perte d’une personne précieuse qui était source de bonheur (la plus part du temps) et la séparation laisse un grand vide : elle donne la sensation d’un plus ou moins brutal déséquilibre.

La séparation ne signifie pas la fin de l’histoire du couple, surtout s’il y a des enfants. Depuis 1987  la loi Malhuret ,  dissocie « couple parental » et « couple conjugal », en posant que le divorce dissout seulement le second. A ce titre, l’enfant prend une place spécifique chez chacun de ses parents qu’il doit dorénavant différencier distinctement .

Un professionnel permet de prendre de la distance. *

L’aide d’un professionnel peut faciliter cette réorganisation compliquée. Parfois l’ enfant  culpabilise et pense qu’il est l’origine du conflit et de la séparation. Il a besoin d’avoir des explications claires sur les bouleversements de sa vie qui bascule. Explications qui le concernent c’est à dire le préserver de tout ce qui ne le concerne pas (intimité conjugale ou infidélité par exemple). Il n’est pas facile pour un enfant d’entendre « ça ne va rien changer pour toi », car, si cela va  déséquilibrer son quotidien. Se faire accompagner donc , par des professionnels mais aussi par ses proches peut aider l’enfant à traverser cette période avec moins d’incidences. Parfois c’est l’occasion de retisser des liens dans sa propre famille. (voir le film : Mistral gagnant).

                 

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En amont on peut se demander : Qu’est-ce qui fait que des personnes se mettent en couple ?

Faire couple c’est faire alliance : c’est avoir des sentiments l’un pour l’autre et surtout se lier pour un intérêt commun. Se retrouver en duo mérite que l’on prenne un peu de temps pour se comprendre.

Argile : l’enfant à venir.*

Un couple est toujours situé dans un contexte : qu’il soit socio-économique, culturel, cultuel ou moral4. Etudier ce contexte est précieux car l’on peut mesurer des choses évidentes à côté desquelles on passe souvent.

Et les différences ne sont pas des freins dans la relation de couple : bien au contraire. Établir une culture des différences est essentielle car la personnalité individuelle va exister et enrichir l’identité du couple.. Il faut néanmoins bien se connaitre, savoir pour l’autre et pour soi ce qui négociable de ce qui ne l’est pas,  apprendre à inventer des compromis (donner/recevoir), savoir faire front commun : un couple ça se construit ça évolue ça grandit.

L’autre richesse du couple c’est l’échange la communication qui est le terreau essentiel de l’équilibre du couple, et cette communication s’étend du quotidien à  la compatibilité intime que deux personnes ont l’une pour l’autre. Pour rappel la communication ne passe par les mots qu’à hauteur d’environ 10% : tout le reste est du non verbal !

Il y a autant de couples que de personnalités qui les fondent : complicité, confiance, fidélité, solidarité sont les piliers de cette union.

Dessin : le couple*

Ce qui peut permettre la durée d’un couple c’est de se re-rencontrer.  Même si l’on se met en couple beaucoup plus tardivement avec l’allongement de la durée de vie le couple a besoin, régulièrement de se réinventer !

Je reviendrai sur les fondements du couple lors de prochaines interventions.

Merci pour votre lecture et vos réactions qui sont toujours appréciables.

Sylvie Etiève

Une proposition pour votre couple : qu’il ait 1 an ou 30 ans de vie commune. **

……………………………………………………………………………………………………………………………….Sources :
1 : Depuis le 1er janvier 2017, le nouveau divorce par consentement mutuel est en vigueur.Ce nouveau divorce est un divorce « déjudiciarisé », il convient de le nommer le divorce par consentement mutuel sans juge.              https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10567

1 :http://pointdroit.com/divorce-histoire/ 

2: https://www.consoglobe.com/

3: Travaux de l’anthropologue Philippe Brenot-Je suis médecin de l’amouécrit par Philippe Brenot (L’esprit du temps)

4 :  le couple ifortpsy

* Dessins argiles et infographie de Pierre-Loïs Damien-Etiève

**Design affiche Séraphin Mixtur

Orientation

La multitude d’informations, et l’évolution des voies possibles compliquent parfois la tâche des jeunes (et moins jeunes) dans leur cheminement de formation et  de professionnalisation.

De plus, il arrive qu’une teinte de pessimisme ambiant, et de stress, ne permettent pas toujours de se projeter dans  l’avenir avec sérénité.

Le coût croissant de la vie aussi, les distances à parcourir peuvent même freiner certains à franchir le pas d’un engagement dans une voie professionnalisante ou diplômante ou tout simplement enrichissante.

L’immédiateté, le « j’ai la flem’ », la facilité de connexion au bout des doigts, mais à la fois le « je suis happé(e)  par le flux donc je procrastine », parasitent souvent cette démarche !

Ce qui fait que bon nombre de jeunes ou de personnes en réorientation ont du mal à faire un choix et s’y tenir.

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Un des points essentiels est certainement de bien se connaitre.

Parmi toutes les façons d’apprendre à se connaitre : discussion, essais/erreurs, tests, expérience, stages, portes ouvertes … je voudrais vous présenter –si vous ne connaissez pas déjà- ce que sont les intelligences multiples.

Effectivement il n’y a pas qu’un seul type d’intelligence et un seul test ( le QI-quotient intellectuel- pour la sonder).

Il y en a plusieurs types : vous avez déjà entendu parler : de ceux qui sont plutôt visuels et ceux qui sont plutôt auditifs. Vous voyez aussi ceux qui ont besoin de calme pour apprendre ou ceux qui apprécient  un peu de musique. On sait que pour les dyslexiques : apprendre sur un plan incliné leur facilite la tâche, etc Chacun a ses spécificités.

D’ailleurs si l’on se réfère à une définition de l’intelligence « Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle » on parle bien DES fonctions mentales.

Alors une idée pour mieux se connaitre : vous pouvez à titre indicatif faire le test d’intelligences multiples : le but n’étant pas de se mettre dans des cases, mais de mieux cerner les aspects de notre potentiel (talent).

Dans sa théorie des intelligences multiples, le scientifique Howard Gardner distingue huit  types d´intelligence + 1

  • Intelligence verbo-linguistique : capacité à lire, écrire, écouter et parler ;
  • Intelligence spatiale: capacité à s´orienter dans l´espace ;
  • Intelligence logico-mathématique: capacité de calculer, de faire preuve de logique, de raisonner et de résoudre des problèmes mathématiques ;
  • Intelligence musicale: aptitude à chanter, jouer d´un instrument, reconnaitre des modèles musicaux, de les interpréter et d´en créer ;
  • Intelligence corporelle-kinesthésique : capacité d’utiliser son corps de façon coordonnée, par exemple pour la danse, les activités sportives ou la chirurgie.
  • Intelligence interpersonnelle: capacité de comprendre et d´interpréter les comportements verbaux ou non d´autrui ;
  • Intelligence intrapersonnelle: aptitude à se former une représentation de ses propres actions et à l´utiliser efficacement.
  • Intelligence naturaliste: capacité de reconnaître et de classer ses connaissances sur l’environnement naturel ;
  • Intelligence existentielle: aptitude à se poser des questions existentielles, comme sur la mort et le sens de la vie.

On regroupe généralement les intelligences multiples en quatre types :

  • les intelligences d’actions (interpersonnelle et intrapersonnelle),
  • scolaires (linguistique et logico-mathématique),
  • environnementales (naturaliste et musicale)
  • et méthodologiques (visuo-spatiale et kinesthésique).

En 2008, Steven Rudolph fait évoluer le modèle des «Intelligences Multiples» en y incluant neuf tendances à se comporter :

  • Protectrice
  • Educative
  • Administrative
  • Guérisseuse
  • Créative
  • Animatrice
  • Serviable
  • Entrepreneuriale
  • Aventurière

« La théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner peut être contestée car elle ne résulte pas d’une démarche scientifique. Howard Gardner le reconnait lui-même car elle ne peut  pas être démontrée d’un point de vue des neurosciences. Mais Les intelligences multiples ne doivent donc pas être envisagées sous un angle scientifique, mais bien comme une approche pédagogique.»*. des professeurs proposent ce test parfois.

Alors plusieurs liens si vous souhaitez découvrir (à un temps t) vos intelligences multiples (il y a en général pas mal de questions à répondre).

Les liens pour tester vos intelligences multiples :

Le jeu des 8 personnages (test : lire et classer des petits textes)

https://www.reussirmavie.net/Test-trouvez-vos-formes-d-intelligence_a11.html

Des questions pour vous cerner (test papier crayon)

https://www.meny-wise.fr/emploi/le-test-des-intelligences-multiples-decrites-par-howard-gardner

Et un test réalisé dans le collège de Besançon par Mr Riffiod (test à télécharger) je l’ai testé même si je ne suis plus au collège 😉

Testez vous bien et comme disait un professeur à un de mes enfants : « dans la vie on peut toujours trouver des passerelles. » Donc un parcours débuté à un endroit peut se poursuivre à un autre : ce qu’il faut c’est avancer et vivre le présent.

Sylvie Etiève

sources:

liens des tests et:

http://www.samuelgerrand.fr/natures-multiples

 *http://www.kmim.eu/2018/10/23/carte-blanche/

Fête des grands-mères

Dimanche 3 mars 2019

Mon petit papa a retrouvé aujourd’hui son portefeuille que sa mère lui avait offert pour ses 20 ans: soit en 1950 ! Il y a donc près de  69 ans !!

Huit ans plus tard, Il avait glissé dans celui-ci, une photo de lui et de sa fiancée-ma chère maman- (datant du 15 mai 1958 : écrit au dos, à la main).

Ils posent tous les deux devant la voiture de Claudine une simca 5 moteur arrière, dans les Deux-Sèvres sans doute en périple pour aller voir la famille en région Centre ou dans les Yvelines.

J’ai trouvé ce petit signe amusant : par cet objet, le porte-feuille  de mon petit papa nous faisait un clin d’œil : car c’était un cadeau de sa mère Camille de ma grand-mère donc : elle n’est plus là depuis longtemps comme beaucoup de grand-mères dès lors que nous-mêmes avons la cinquantaine ou plus !

Mais, comme vous sans doute pour les vôtres, j’ai une pensée pour elle, pour mon autre grand-mère Blanche aussi et pour ma mère ‘mamie Claudine’ qui avait une grande tendresse pour tous ses enfants et ses 15 petits-enfants.

Aujourd’hui c’est la fête des grands-mères -on pense ce que l’on veut de ces fêtes un peu institutionnalisées pour faire marcher le commerce (surtout qu’elle a été créée par une marque de café du même nom en 1987), mais l’on n’est pas à une pensée près pour se souvenir où sont nos racines-

En rentrant de notre petite excursion « fête des grands-mères » avec une de mes filles, la voisine, qui a deux petits enfants m’a dit sa tristesse qu’un de ses petits-enfants avait coupé les ponts avec eux. Et ce n’est pas la seule que je connaisse dans ce cas : alors nous avons tous une grand-mère : par lien de sang, de cœur, de voisinage, amical ou par n’importe quel lien : n’hésitons pas à lui souhaiter une bonne journée : car peut-elle aura-t-elle la chance que ce soit du surplus mais peut-être pas !

Nous n’avons pas besoin d’attendre la fête des grands-mères pour leur faire un signe évidemment : mais toutes les grands-mères en espèrent secrètement un petit, ce jour-là aussi ! En effet elles n’attendent pas le premier dimanche de mars pour penser à leurs petits-enfants mais ce dimanche-là : partout on leur redit « c’est votre fête ! C’est votre fête !!! »

Et puis si l’on a oublié, ce n’est pas grave : elles sont en général très compréhensives et un petit appel même le lendemain, la semaine d’après… les touchera !

Ce petit message est vrai pour les grands-mères, les mères, les pères, et les grands-pères aussi dont la fête-moins connue, instituée par Franck Izquierdo– est le premier dimanche d’octobre!

En parlant de grand-père : Vous souvenez-vous de cette émouvante publicité allemande ayant fait le buzz en 2015, elle traitait de la solitude des personnes âgées ?

Juste prendre le temps de faire la fête 😉

Cela donne à méditer !

Allez portez-vous bien 🙂

Sylvie Etiève

119

S’il y a une chose que vous devez mémoriser de cet article (si ce n’est pas déjà enregistré dans votre mémoire) c’est ce numéro vert:

« enfance maltraitée » : 119 ! Même s’il faut insister : insistez !

Je vous l’écrivais dans un article l’an passé, l’enfance est une période qui peut être aussi fantastique qu’acerbe!

Il est préférable de faire le 119 si l’on a un doute que de douter de le faire: un enfant, en danger est souvent un enfant qui se tait !

Aujourd’hui, ce sujet remonte, suite à l’émission pièces à conviction: les sacrifiés de la République, diffusée cette troisième semaine de janvier 2019. Difficilement supportable parfois (elle est d’ailleurs déconseillée au moins de 10 ans), cette émission relance le débat sur la protection de l’enfance en général, celle des enfants placés en particulier.

Il est inconcevable de penser qu’un adulte puisse être un tyran avec un enfant, et bien heureusement la plupart du temps ce n’est pas le cas. Les parents sont bienveillants et protecteurs.

Néanmoins, d’après le professeur Bernard HOERNI (président de l’Ordre National des Médecins ) 2 enfants meurent chaque jour en France suite à de la maltraitance, les bébés sont les plus concernés (bébés secoués). Dans les 3/4 des cas les parents sont responsables de ces tortures.

Autre chiffre glacial, toujours transcrit par l’enfant bleu une quarantaine de viols auraient lieu chaque jour sur des enfants.

Et comme le signalait Lyes louffok , invité de l’émission « pièces à conviction,  » si quand on est enfant on ne nous explique pas que tout n’est pas permis sur le corps de l’autre, on ne le sait pas et on le prend tel quel! On retrouve ce message chez Andréa Bescond, la réalisatrice du film « Les chatouilles . 

C’est l’apprentissage de l’empathie (capacité de ressentir ce que l’autre ressent) qui est crucial dans l’éducation, insiste Boris Cyrulnik.Apprendre que l’on ne peut pas tout se permettre, et que l’autre ne le peut pas plus, doit être une ligne conductrice.

La toute petite enfance sert de base au développement de l’individu, même si tout ne se joue pas forcément avant 6 ans, et que, des méfaits sont résiliables, le développement, notamment de tous les sens, permettent à l’enfant de s’immerger dans le monde.

Le fait d’être ancré à des figures d’attachements (parents, tuteur, nourrices…) va favoriser également l’équilibre de l’individu. Donc le suivi psychologique dans les placements est capital, et il doit prévaloir aux changements administratifs.

Et les 330000 enfants suivis chaque année par l’ASE sont souvent en manque des ces fondements dans leur famille d’origine.

Heureusement que la plupart des 177000 qui sont placés en famille d’accueil ou en foyer trouvent refuge et affection, et que les dysfonctionnements signalés dans le reportage restent marginaux : mais il ne devrait en aucun cas exister et les lanceurs d’alerte sont cruciaux.

Merci à eux au nom des enfants qui se taisent par crainte ou par innocence.

Sylvie Etiève Janvier 2019

Deux bonnes nouvelles suite à cette émission :

La première est qu’une témoin du reportage (Myriam) a retrouvé sa « tata » et que c’est une belle reconnaissance de l’amour qui est donné dans les familles d’accueil en général !

La deuxième c’est que le député Adrien Taquet, a été nommé secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’Enfance le 25 janvier 2019, il revendique sa lutte contre les « angles morts de la République » pour s’occuper « des plus vulnérables »: donc au travail !

Que vous soyez un(e) voisin(e), un(e) enseignant(e), un(e)surveillant(e) : retenez ce numéro, il peut sauver un mineur !