“PyLu du Boutru” est disponible.

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Voilà, je me suis lancée. J’ai envoyé mon (premier) récit, sur la fin de vie, à des éditeurs, qui sont débordés (ils le regarderont dans quelques mois, ou pas, d’ailleurs). Donc, après relecture par plusieurs personnes (que je remercie encore) et l’attente du n° ISBN qui permet d’éditer le livre, j’ai décidé de le faire imprimer (sur un site en ligne), pour le plaisir de l’objet livre, et du partage de ce récit de vie très subjectif.

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Titre du récit : “PyLu du Boutru” format du livre : 14/21 cm 190 pages – prix: 9 €. (+6 € si frais d’envoi)

Un extrait (4éme de couverture) :

« Ma belle-sœur, l’espiègle, arrive à son tour.

Elle me regarde, je la regarde.

On le regarde.

Avec un grand détachement, elle sort un rouleau de scotch bleu de son sac, en coupe un bon morceau. Et tout aussi discrètement que rapidement je la vois se baisser, relever le tour en tissu cachant les tréteaux pliants, se glisser à quatre pattes sous le cercueil et remonter l’air satisfait du chalenge accompli :

-Voilà, c’est bien en dessous de ses Tupperware qu’il collait sa marque ? eh bien, là, j’ai fait pareil : un bout de scotch bleu pour ne pas qu’on le perde complétement

Elle l’avait fait ! PapyLu irait au paradis tant espéré par Mamie qui, si elle avait un doute, pourrait mieux le reconnaître avec ce scotch bleu sous son navire-sépulcre-spatial ! »

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Merci à tous ceux qui m’ont encouragée à finaliser ce projet

Ecriture collective: “Mauvais signe”

J’ai eu l’occasion de participer à une écriture collective dans mon village. L’idée était d’écrire à plusieurs dans un ordre aléatoire, une histoire dont le thème fut impulsé en début d’expérience par l’auteur Stéphane Aucante, originaire de Saint-Maur. Ce livre s’est réalisé sous l’œil attentif de la directrice de la bibliothèque Karine et sera présenté en lecture collective samedi 5 juin. Ce n’est pas le genre de roman que j’apprécie particulièrement (noir et fantastique) , mais j’ai réussi à y mettre une petite touche qui a trouvé sa place dans ce “puzzle littéraire”, et l’idée du collectif en temps de confinement était agréable à vivre, je vous en livre l’extrait (retenu pour le livre)

(C’est l’histoire d’une jeune graffeuse qui enquête sur des meurtres. Cela se passe à Marseille dans les bas fonds, MAIS Jack un des personnages se trouve à la centrale de St Maur) …

Au cœur de cette même nuit si particulière, aussi noire qu’un point final, Jack ne parvient pas à dormir dans sa cellule, là-bas, à six-cent kilomètres de Marseille : la visite de Greta et leurs échanges l’ont secoué. Depuis, il a quitté Gireugne et réintégré la Centrale. Une chose extraordinaire lui a été aussitôt accordée : une permission de sortie. Non pas dans un bois ou une forêt, mais au village le plus proche de la prison. En pleine insomnie, il se remémore cette sortie… Très encadrée et suivie, il est vrai. Mais qu’importe ! Il a pu s’extraire de l’enceinte de la Centrale de huit à dix-huit heures, en donnant ses lieux de point de chute, et muni bien sûr d’un bracelet électronique.

Les multiples portes du sévère bâtiment s’ouvrirent. Signatures d’engagement, remise du bracelet, récupération d’un pécule et de son sac dans le bureau d’entrée. Quand il se trouva dehors, il respira devant la porte de « la Centrale hérisson » — une expression à lui — avec tous ses pics blancs censés empêcher qu’un hélicoptère se pose. A droite, la route conduisait à la zone commerciale Cap Sud ; il l’aurait bien mis, lui, le cap au sud ! Mais il décida de prendre à gauche. Devant lui, un champ, et une usine en arrière-plan ; de chaux peut-être. Il emprunta la voie cyclable pour aller vers le bourg. Un immense silo à grains se dressait devant lui. Décidément, entre la Centrale, le silo, l’usine, ce patelin n’avait rien de touristique !

Jack traversa une petite voie ferrée et descendit vers un rond-point. Là, un panneau le fit sourire : il indiquait la direction du « Château des Planches ». Des planches, il en imagina quatre… « Idée noire » aurait dit les psys de Gireugne…

Il descendit une légère côte, déboucha dans une large vallée et, marchant prudemment sur le bas-côté de la route, avança au milieu des prairies, de ponts en ponts, en direction de Saint-Maur ; encore un nom qui résonnait bizarrement. Tant de gens étaient morts autour de lui… Décidément Jack avait le blues… Ou l’angoisse au ventre… Peut-être aurait-il dû continuer à prendre des anxiolytiques ?

A l’entrée du bourg, une jolie boulangerie lui mit l’eau à la bouche ; il se dit qu’il y rentrerait bien pour s’offrir une pâtisserie : ce serait son petit caprice à lui. Il hésita. Puis préféra se rendre directement au restaurant qu’il avait indiqué comme premier point de chute. Son nom lui avait plu : « La Promenade ». Idéal pour un jour de permission ! Évidemment, avec l’épidémie, il ne put pas s’installer mais s’adonna au nouveau concept à la mode : le « clique, récupère et casse-toi. » Encore une expression à lui. Sincèrement, ce n’est pas très convivial ce truc… Jack mangea son délicieux cheeseburger en marchant. Il s’attendait à un village plus grand quand il avait lu : «deuxième commune la plus étendue de l’Indre » ; mais donc, en superficie uniquement.

Et lui, les champs plats à perte de vue, ça ne le branchait pas trop l’amoureux des calanques. Tout près de La Promenade, dans un renfoncement, se cachait le bureau de tabac-presse-jeux-poste-épicerie : « Le Relais Saint-Maurois ». Jack trouva le nom poétique et entra. Il s’acheta des cigarettes, résista à l’acquisition d’un billet de loterie.

Quel plaisir ce fut de s’en griller une au pied d’une pompe-fontaine surmontée d’un angevin ! Il l’observa : c’était bizarre, on aurait dit que cette partie de la fontaine s’était évadée du bassin qui trônait près de l’église ! L’église… Il osa avancer vers elle. Rien à voir avec l’emblématique Basilique Notre-Dame-de-la-Garde qui surplombe sa bonne ville de Marseille. Mais qui sait si, dans cet édifice bien assis entre d’anciennes maisons, une Bonne Dame ne veillait pas sur la petite cité et ses habitants ? Jack s’assit sur un banc, repensa à toute cette histoire : le Symbole, La Marque, le monde souterrain, Dabliya, le Lazaret, la Syrie, le meurtre du Président du Syndicat des Tatoueurs Professionnels de Marseille, Balthazar, Éléonore, Maria, Greta… Tout s’était entremêlé dans sa tête… Mais comme cette sortie lui fit du bien !

Il abandonna sur le banc ses soucis, se remit debout et regarda autour de lui. Une vieille dame rentra dans la boucherie du bourg et, entre les caméras de surveillance et Jésus sur sa croix au coin d’un parc, les voitures lui laissèrent plus ou moins aimablement la priorité sur les carrefours. Au loin, il aperçut la mairie mais emprunta une rue transversale et s’enfonça un peu plus loin.

Au bout d’un chemin — du boutru… gourichon… un truc imprononçable en tout cas —, il grimpa sur une passerelle et découvrit une vaste étendue d’eau traversée par un pont flottant. Original. « Les Ballastières, ancienne carrière » indiquait un panneau explicatif. Vraiment sympa comme endroit, plus agréable que Les Bas Fonds de Marseille… Pas à dire, même ce jour-là il eut du mal à oublier son passé…

Il en est là de sa rétrospective de permission quand l’œilleton métallique de la porte de sa cellule claque. Vérification nocturne : RAS. Que se passe-t-il à Marseille en ce moment ? …

Village de Saint-Maur

Sylvie Etiève (revu par Stéphane Aucante)

Photos : Sylvie ETIEVE

Un roman sur la fin de vie

J’écris un récit (romancé) des 5 derniers jours de vie et des 3 premiers jours de mort de mon père et de la période qui suit… Ceux qui me connaissent savent que (comme beaucoup) mes parents comptaient beaucoup pour moi. Par ailleurs, j’aime écrire, et, comme je le sais, cela me fait du bien d’écrire sur ce passage de vie et de le partager.

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