ATELIER “DÉTENTE”

ATELIER “DÉTENTE” ou anti-stress.

              Prochains ateliers :

         du 20 mars au 17 avril 2024.

          5 séances(50€)    De 10h30  et 11 h 30

                  inscription possible: sylvie.etieve@gmail.com 

Dans le cadre de ma pratique de thérapeute familiale, je propose un cycle de 5 séances pour aider les enfants à :
 
(re)prendre confiance en eux,
se détendre,
exercer leur attention,
identifier leurs émotions, 
évacuer le stress 
réguler la respiration,
améliorer l’estime d’eux-mêmes,
échanger sur leur petite vie: lieu de paroles.
 
 
Au cours de ces ateliers, des rituels sont mis en place, et des exercices* pratiques ludiques et variés sont partagés en groupe restreint (entre 3 et 6 enfants de 6 à 12 ans, par groupe).
Des temps de paroles sont prévus et permettent aux enfants de dire librement ce qu’ils vivent, comment ils se sentent.
identifier ses émotions

Un cadre rassurant, de confiance de respect de non jugement est instauré dans le groupe.

Et les enfants y viennent avec grand plaisir ce qui se comprend car c’est un temps POUR EUX rien que pour eux.
Ces ateliers, pour certains enfants peuvent être une première approche avant une éventuelle prise en charge individuelle en thérapie, pour d’autres ces ateliers suffisent à leur donner de l’énergie pour la semaine à venir !
 

Le fait d’être en petit collectif ” ici et maintenant” permet aux enfants de se délester “des petits (ou gros) bobos de la vie ” de relativiser leur propre expérience, de ralentir un peu le rythme (exercice de l’éloge de la lenteur!), et, ils ont un réel plaisir à  retrouver les “copains, copines” du groupe   -voir commentaires ci-dessous-.

Ma longue expérience précédente d’enseignante rassure enfants et parents. Certains anciens élèves sont naturellement venus vers moi, et c’est le climat de confiance qu’ils appréciaient et qu’ils apprécient.
 
Voici le témoignage que deux jeunes fidèles participantes ont accepté de m’écrire:
 
“J’aime beaucoup ce groupe car on si sent bien, sa parole est respectée on trouve des solutions! C’est agréable parce que personne ne se moque, personne ne répète. On trouve des idées ensemble on réfléchit à plusieurs. On apprend à se connaître et on devient amis. Je vous le conseille vivement!!! L-A”
 
 
 
“Bonjour, je trouve que cet atelier “confiance en soi” est super bien car on peut tout dire. Par exemple : si nous sommes tristes ou en colère, plein de choses, et c’est très intéressant car je n’avais vraiment pas confiance en moi.
Nous apprenons petit à petit. Et quoique l’on dise, la parole sera toujours respectée, et on sait que l’on ne va pas se moquer de nous.
J’apprécie vraiment cet atelier.
L.,9 ans.” 
 

 

Ces ateliers durent 1 heure et la série (de 5 séances) coûte 50€*, ils ont lieu, le mercredi (différents horaires) à: “la petite maison au cèdre” à Châteauroux (36), (au 67 Bd de l’école normale)

*Une heure de thérapie individuelle coûte 45 € (là 5 séances collectives pour 50 €)    
                                       inscription et renseignements au :
  07 81 33 06 87
  ou
sylvie.etieve@gmail.com
Si vous connaissez un enfant  à qui cela pourrait profiter : pensez à faire suivre cette information directement à ses parents.
 
Merci pour lui.
 
Commentaires de parents sur la page Facebook.
 
 
NB : Si le nombre d’inscrits est inférieur à 3 enfants, l’atelier ne sera pas organisé. 
                                *****************************************

*exercices inspirés  des méthodes de Jeanne Siaud-Facchin et d’Eline Stel, de Comitys, de ma pratique d’enseignante et de ma formation et expérience de thérapeute familiale. 

 

Blue’s Monday

Le troisième lundi de janvier serait un lundi où l’on n’aurait pas trop le moral !?

Etudes mathématiques ? Démarches commerciales des voyagistes ? Mois de l’année paraissant long ( avec 5 lundis) ? Cœur de l’hiver ? Météo grise ? Annonce d’un refroidissement ? Distorsions familiales ou amicales ?Motivation ? Fêtes passées ? Finances difficiles ? Sinistrose médiatique ?

… le troisième lundi de janvier serait un lundi un peu plus compliqué pour notre moral, que les autres jours de reprise hebdomadaire !

Et à ça on ajoute: le passage par une pandémie mondiale qui a transformé nos habitudes de vie, des difficultés collectives nationales (inflation, questionnement sur l’avenir…) et internationales (des populations massacrées) des craintes personnelles voire la maladie, la mort (janvier, mois où le nombre de décès serait le plus élevé en France)… bref nous avons la sensation que rien ne vient arranger la situation.

Que ce soit le blues du lundi (s’il nous prend) ou d’un autre jour, essayons de reconnaitre ce blues, de l’accepter et d’en voir les raisons visibles et sous-jacentes.

Puis controns ce blues en agissant concrètement par des actions simples:

Faisons-nous un petit plaisir, trouvons une occasion de rire, octroyons-nous des pauses dans la journée, prenons l’air (captons le premier rayon de soleil que l’on voit), faisons des exercices de respirations (type respiration nasale alternée, le Pranayama), méditons un peu, massons-nous un peu, discutons avec quelqu’un, essayons de nous donner un challenge, essayons de nous dépasser dans un domaine (même minime) envoyons un message surprise, une petite carte (tradition largement perdue) et pourquoi pas envisageons un projet à court, moyen et long termes (soit trois projets ! ! !

et toute autre idée, … je vous fais confiance, vous connaissez vos ressources, il faut juste s’autoriser à y accéder et s’autoriser à essayer de faire changer certaines de ses perceptions pour retrouver une once de motivation !

Alors bon lundi bleu et pourquoi pas encore:

Bonne année : il n’est jamais trop tard pour se souhaiter de bonnes choses.

Sylvie

Photo “lundi bleu” SE: lac d’Auvergne

NOUVEAUTE 2024 : atelier d’écriture

Alliant mon expérience précédente de professeure à celle de thérapeute familiale : je vous propose cette année un atelier d’écriture, qu’il soit thérapeutique ou créatif, souvent les deux !

Comment ?

Un atelier que l’on pourrait considérer comme “singulier / pluriel”. En effet l’écriture est un acte individuel mais le fait de la partager dans un groupe la met en lien avec les membres de celui-ci. C’est ce que je propose.

Un atelier pour adultes nécessitant au moins 5 séances de 1h30.

Effectif : 5 à 10/12 personnes maximum. Groupe que vous constituez (collègues, amis … ) ou groupe aléatoire (inscription médiathèque par exemple ) ou autres séances que je proposerai au printemps (n’hésitez pas à vous rapprocher de moi si intéressé).

Lieu : dans le lieu de votre choix ou ” à la petite maison au cèdre” pour petit groupe.

Tarif : me contacter.

  • OBJECTIFS :
  • Permettre aux participants d’exprimer leur créativité
  • Imaginer, créer, produire des mots, des phrases, des textes, …
  • Partager avec les autres des idées, des pensées, du rêve …
  • Exprimer des émotions grâce à l’écriture
  • Communiquer avec les autres mais avec soi-même aussi
  • Oser écrire, oser lire
  • Ecouter et entendre
  • Déposer des moments difficilement vécus si l’on fait le choix d’une écriture exutoire ou thérapeutique
  • Se sentir bien dans un groupe
  • Se faire confiance en écrivant en lisant sa production (descriptive, fictionnelle, narrative, poétique, ludique…)
  • Avoir un esprit critique bienveillant et constructif vis-à-vis des écrits partagés

Un cadre est donné (choix des supports, des outils par exemple ) à chaque séance et le programme est fixé d’avance.

  • Finalement pourquoi je propose cela ?
  • Devenir Thérapeute m’a donné le temps d’expérimenter et d’approfondir les plaisirs et les bienfaits de l’écriture. Je désire le partager
  • Car l’écriture peut être une vraie joie et peut-être thérapeutique. “Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux.” écrivait le poète René Char
  • Il me semble avoir une certaine pédagogie et connaissance de la langue ayant enseigné plus de 25 ans.
  • J’écris des chroniques et des articles dans un groupe public et sur ce site internet
  • J’ai écrit 3 livres dont deux menés en écriture collective et participé à un autre.
  • Nous prenons moins le temps d’écrire, c’est donc l’occasion de le faire ensemble.
  • J’aime lire.
Quand une lettre manuscrite inspire la couverture d’un livre qui inspire le visuel d’un atelier d’écriture !

Si ce nouveau pan de mes propositions peut vous intéresser, personnellement, à titre professionnel, associatif ou pour un lieu particulier, n’hésitez pas à prendre contact avec moi pour que l’on échange ensemble sur la faisabilité du projet.

Merci pour votre intêret

Sylvie ETIEVE 0781 33 06 87

Coucou maman, j’ai un problème.

A la maison

Coucou maman. J’ai un problème de téléphone. Un ami me prête le sien pour que je te prévienne. Peux-tu me répondre sur ce numéro  ?”

Je reçois ce sms qui m’intrigue beaucoup et m’inquiète un peu. Déjà familialement échaudée par une histoire grave d’arnaque en ligne je ne réponds pas. Néanmoins, j’envoie un message à tous mes (grands) enfants pour voir si effectivement leur téléphone dysfonctionne. Tous me répondent que non ils n’ont pas de problème, et l’un de mes fils ajoute: “c’est une arnaque”.

J’en reste là de cet échange, je bloque le numéro pensant plutôt à une erreur de destinataire qu’une anarque quand même.

C’est comme la première fois , où vous recevez le mail d’un ami qui a été piraté et qui vous dit : “ As-tu reçu mon mail ? J’ai un petit souci.”

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En thérapie quelques jours plus tard:

Madame C. est devant moi. Elle vient en thérapie pour des soucis personnels conjugaux, je précise cela pour bien comprendre que Madame C. est très préoccupée affectivement.

La situation familiale est donc tendue.

Elle a plusieurs grands enfants, étudiants.

Ce matin, elle arrive déboussolée à “la petite maison au cèdre” et me raconte cette histoire:

“Alors qu’elle jonglait entre ses difficultés personnelles, son travail, la maison etc elle reçoit un sms:

“Bonjour maman, mon téléphone est cassé, voici mon nouveau numéro. Peux-tu m’envoyer un message via WhatsApp?”

– -Spontanément, me dit-elle je lui demande ce qui lui est arrivé. Il me répond:

“J’ai renversé de l’eau sur mon portable et j’ai une nouvelle carte SIM dans mon tel. Tu peux effacer l’ancien numéro”

Je m’assure par sms, auprès de mon fils ainé si tout va bien pour lui, il m’assure que oui.

Mais je ne sais pas pourquoi, je ne teste pas le numéro de son frère cadet puisque je suis convaincue que c’est lui. En effet il lui arrive parfois des petites galères. Dans ma tête c’est forcément lui qui m’écrit.”

Je pense dans mon for intérieur à la sensation que j’ai eu personnellement en recevant le même message quelques jours auparavant ! Autant de familiarité, de proximité dans un message qui arrive sur notre téléphone (comment ont-ils eu mon numéro ?), un message d’alerte, et qui commence par le mot dont seuls nos enfants ont la possibilité de nous appeler “maman”, oui dans ces cas-là ce sont plus souvent nos “trippes de parents” qui répondent plutôt que notre rationalité. Nous sur-réagissons, c’est normal on passe du mode pensée logique au mode réaction émotionnelle.

Pour en revenir à Madame C, elle est donc convaincue que c’est son deuxième fils, étudiant aussi; et elle craint qu’il soit dans une réelle situation ennuyeuse, elle imagine tout et son contraire.  Et sa fatigue, sa sensibilité exacerbée par son vécu, elle ne pense qu’à une chose : régler ce problème. Celui-là elle le peut.

Elle lui demande alors  si ça va ? s’il a tout perdu toutes ses photos.

Et il lui répond en plusieurs fois (nous avons gardé les fautes orthographiques):

“ ca va pas très bien, je suis un peu stressé j’ai perdu toutes mes données”

 “peut-tu m’envoyer quelque photo de moi”

 “tu es à la maison?”

 “j’ai un problème qui me tracasse beaucoup. Est ce que ça peut rester entre nous?”

Elle croit qu’il s’agit d’un problème de santé ou plus personnel, de coeur peut-être.

Alors elle  lui  propose de l’appeler 30 minutes après, quand son mari serait parti. Mari à qui elle ne dit rien de la situation, tellement c’est conflictuel entre eux.

30 minutes après, pas d’appel mais un nouveau message:

 “maintenant que j’ai un nouveau numéro, j’arrive pas a rentrer dans mon compte bancaire. J’ai pris contact avec la banque mais il m’on dit de passer demain mais mon problème c’est que je dois payer 2 factures que j’ai oublier de payer. Je dois les payer aujourd’hui. Est ce que tu peut me les payer et demain je te rends l’argent?”

Les fautes d’orthographe la surprennent quand même, mais elle met ça sur le dos du stress du nouveau téléphone, des fautes de frappe. Et en même temps elle s’inquiète de ses retards de paiement, mais elle préfère des problèmes d’argent à des problèmes affectifs, ou de santé, donc elle se sent comme soulagée que ce soit “matériel”, par ailleurs, le temps s’écoule elle va partir au travail, encore un ou deux trucs à faire dans la maison et il faut qu’elle parte.

Nouveau message :

“peux-tu payer en virement instantané?”

Et dans la foulée elle reçoit 1 RIB, qui ne fonctionne pas donc un deuxième lui parvient .

La banque lui demande même une confirmation., car il signale une fraude éventuelle. Elle le dit à son présumé fils, qui la rassure:

“Non ça va, j’ai vérifié ne t’inquiète pas !”

Les montants sont élevés mais les virements sont effectués car elle a donné son accord.

Puis tout s’arrête.

Alors elle prend conscience qu’elle vient de se faire avoir. Et elle prévient la banque pour tout stopper ! C’est trop tard l’autre compte n’existe plus, la banque ne peut pas  demander un rappel des fonds à l’établissement bénéficiaire.

Elle doit porter plainte (on peut le faire en ligne*), mais plainte contre qui? Dayniel Fidanque ? Un fantôme ?

Avait-elle vraiment besoin de cette duperie de cette perte d’argent, de ce sentiment de honte qu’elle ressent après cet échange ? … Déjà fragilisée par la situation du moment : non, elle n’avait pas besoin de tout cela !

D’ailleurs c’est pour cela que ça a marché.

Les “brouteurs” ( ces escrocs opérant à distance) envoient des milliers de messages, et dans le lot il y en a un qui “va mordre” c’est ce qu’on appelle l’hameçonnage ou le phishing : ce sera le plus vulnérable, le plus préoccupé qui mordra !

En me racontant cette mésaventure elle est consternée de ne pas avoir réagi.

C’était tellement flagrant …

> Avec son accord, afin que d’autres “maman” ou “papa” ne se fassent pas berner nous décidons la rédaction de cet article.

“Si au moins ma mauvaise expérience peut servir à d’autres, alors elle aura au moins était utile.”

Prévenir c’est guérir.

Soyons prudents !

Sylvie Etiève décembre 2023

NB : Qui ne s’est jamais fait avoir une seule fois par une arnaque ?

Je la remercie pour son courage et son humilité d’avoir accepté ce partage, (les captures d’écran sont les siennes –sauf la première-).

Je lui souhaite de se relever avec force après ce difficile moment : et elle le fera.

La mort: et si on en parlait ?

Deux lieux de culture : la médiathèque de Saint-Maur et celle de Mézières en Brenne*, aborderont cette très délicate thématique de la mort, et ce en mon humble compagnie.

A Saint-Maur l’atelier-conférence s’adresse aux adultes.

A Mézières en Brenne c’est un atelier pour les enfants et leurs parents.

C’est dans un cadre très respectueux que les échanges auront lieu. Dans un premier temps je rappellerai quelques informations sur ce sujet, puis, dans un second temps nous échangerons autour des points suivants:

Le deuil, les rites, comment parler de la mort aux enfants, parles morts trop précoces, les volontés, la fin de vie, les émotions fortes, mourir et après ?, vivre malgré l’absence, ce qui aide, l’espérance …

Chacun pourra s’exprimer (ou seulement écouter) dans ce moment très encadré.

Venir, c’est un risque à prendre, c’est aussi se donner l’occasion de parler d’un sujet encore tabou en toute bienveillance et confidentialité, dans un groupe restreint.

Il est probable que quelques larmes coulent, mais aussi que quelques rires fusent, évidemment.

Alors osez, et venez.

Sylvie

*samedi 18 novembre à Mézières en Brenne : 15h 17 h : une première heure pour les enfants et une seconde pour les adultes.

Des “petits maux” à écouter

Les maux du corps sont les mots de l’âme,
Ainsi on ne doit pas chercher à guérir le corps
 Sans chercher à guérir l’âme !
                         Platon

Grâce à la fédération départementale Familles Rurales de l’Indre, mes services sont proposés autour d’une animation collective sur la thématiques “des maux et des mots.”

Le 6 octobre 2023 c’était l’association Familles Rurales de Tournon St Martin qui me faisait l’honneur de m’accueillir, dans leur ancien cinéma !

à Tournon Saint Martin

Et ce vendredi 13 octobre à 14 h ce sera l’association d’Argenton sur Creuse qui me recevra. Merci à Madame Pijol pour son dynamisme dans l’organisation.

Auparavant, d’autres associations m’ont accueillie mais ce fut l’association Familles Rurales de Lourdoueix St Michel, en 2020, qui fut la première à me convier pour cette initiative: et je lui en suis très reconnaissante.” La présidente s’était dit qu’à la campagne aussi une séance sur le bien-être serait la bienvenue, cela changerait un peu d’une séance sur la cuisine par exemple.

Madame Martinez, la présidente de l’association de ce village donc,avait mis “les bouchées doubles” pour rassembler quelques personnes : bouche à oreilles, internet, affiches, journal, radio locale… et son investissement et celui de son équipe paya. Une bonne vingtaine de personnes sont venues assister à cette rencontre un peu atypique.

Pendant 1h30 j’ai guidé ce sympathique groupe parfois en alternant des actions communes (histoire de créer du lien et de réfléchir en s’amusant) en redonnant quelques informations , et enfin en proposant des temps d’introspection.

Cette intervention se passe en plusieurs parties :

Un temps de présentation réciproque et actif.

Une partie sur les mots de la langue française et ce que veulent dire les maux de notre corps : si ce n’est pas un “soucis mécanique” que veut nous dire notre corps quand on a mal au dos par exemple ?

On évoque aussi le mal du siècle: le fameux stress et comment réagir face à lui.

atelier conférence à Lourdoueix St Michel

Puis une partie plus interactive sur comment s’y prendre pour écouter tous ces maux: quelques conseils/rappels pour une bonne hygiène de vie.

Et avant un temps d’échange la séance se termine sur un petit temps d’introspection et un conte thérapeutique évidemment (comme dans beaucoup de mes interventions).

A Lourdouiex St Michel, l’association offrait une collation saine et originale autour d’une boisson chaude ou de l’eau et quelques fruits secs: une autre façon de faire passer un petit message sur le bien-être! Les participants ont pris le temps de boire tout en bavardant avec les uns et les autres: double signe que le message “prendre du temps pour soi” était passé et “signe de succès” sur la réussite de ce moment : chacun était bien là. D’ailleurs ce sont les paroles que j’ai eu le plus en retour: “ça fait du bien de se poser d’écouter et de réfléchir à notre propre façon de vivre.’

  • Une autre séance est également en projet le 13 octobre à Argenton sur Creuse.

Pour plus de renseignements concernant cette intervention contacter: Mailys à la fédération départementale Familles Rurales 36: 02 54 08 71 71      fd.indre@famillesrurales.org

TEMOIGNAGES
Sarina Martinez9 janvier, 09:39

Merci à Mme Etiève psychothérapeute familiale pour cette présentation simple sur les techniques et astuces qui peuvent améliorer notre bien être.
20 personnes sont venues échanger pour mettre en pratique le “bien dans ma tête, bien dans mon corps”

Interrompre volontairement une grossesse

J’ai rencontré plusieurs jeunes femmes en thérapie ayant vécu une IVG, je vous propose au travers un cas précis d’aborder cette question intime, délicate et marquante.

Temps de lecture environ 7’

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. »

Simone Veil devant l’Assemblée nationale 26 novembre 1974

« Si on continue à parler de ça, je vais me mettre à pleurer ! »

Jade[1] replie ses jambes sous son menton, et pleure.

« Je n’étais vraiment pas prête à me retrouver enceinte. J’étais avec mon copain depuis plusieurs mois, c’est vrai, mais pour moi, à l’âge que j’ai ce n’était pas le moment que ça m’arrive. Pas de stabilité professionnelle, et mon copain je savais bien que ce ne serait pas mon futur mari, enfin … pas le bon timing du tout !

J’ai un cycle complétement irrégulier, on se protégeait mais sans doute un mauvais calcul, un accident de capotes … Et il s’était engagé à faire une vasectomie comme il ne veut pas d’enfant…

J’ai été malade pendant 15 jours, je vomissais, je ne pouvais rien avaler mais comme j’ai plein de problèmes d’intestins, je ne me suis pas méfiée…

Puis j’ai réalisé que mon cycle avait un peu plus de retard que les décalages habituels, alors j’ai eu un doute, j’ai hésité à aller au planning familial[2] que je ne connais pas, alors j’ai pris rapidement rendez-vous chez mon médecin, et je me suis surtout précipitée pour acheter un test de grossesse car j’avais de moins en moins de doutes, j’avais une vraie trouille, oui une vraie trouille …

Et bing, ça m’est tombé dessus ! 

Je ne pouvais pas le garder ! »

Jade a vécu ce que d’autres jeunes femmes vivent : se retrouver enceinte d’un enfant non désiré, au cœur d’une relation suivie et des rapports sexuels consentis. C’est effectivement sur elle que l’annonce tombe, elle ne l’a pas conçu seule évidemment, d’ailleurs dans sa tête ce n’était pas « concevable » d’avoir un enfant à ce moment, néanmoins il est conçu, et c’est bien elle qui en porte la charge, le stress, la peur, et ce qui va suivre … si elle s’était doutée, elle aurait sans doute penser à la contraception d’urgence et pris « la pilule du lendemain »[3] entre les douze heures et 3 jours qui auraient suivis le rapport, mais elle a oublié, ils ont oublié…

L’âge moyen est de 27,5 ans en France lorsqu’une femme décide de mettre fin volontairement à une grossesse, et ce sont plutôt des femmes avant 20 ans (les mineures ont les mêmes droits, avec un accompagnement supplémentaire) et après 35 ans (grossesses tardives ou trop proches d’une naissance) qui le font. Jade a 24 ans, et a environ à 6/7 semaines d’aménorrhée. Elle est donc dans les délais : depuis le 2 mars 2022, en France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse – soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles[4].

Jade reprend :

« Oui, je ne me suis pas posée la question longtemps, il fallait que j’avorte. On l’avait fait à deux, malgré nous, mais c’est moi qui allait subir les conséquences de notre inconscience.

Dans la maison de santé de mon médecin, il y a une sage-femme avec laquelle j’ai eu un premier rendez-vous assez rapidement. J’ai demandé à mon copain de venir avec moi. Il est venu.

Elle m’a expliqué comment se passait une IVG, Elle m’a aussi dit que ce serait pris en charge par la sécu. C’est une chance, je le reconnais, nos grands-mères n’avaient pas tout ça … puis elle m’a donné un deuxième rendez-vous : c’est obligatoire.

J’ai ressenti comme une sorte de culpabilité sur le fait de ne pas avoir pris de moyen de contraception … je n’avais pas trop besoin qu’on me la renvoie cette culpabilité, je culpabilisais bien assez comme ça … mais on était deux, et je me sentais un peu plus visée que lui dans les propos entendus… en même temps … lui ne risquait pas de tomber enceint !

J’ai trouvé ce rendez-vous et l’attente avant le suivant assez violents en fait. La vie se développait en moi depuis quelques semaines. J’étais perdue. Partagée entre le mystère de la présence d’un potentiel futur petit Etre humain dans mon corps, et l’impossibilité de me projeter dans cette responsabilité sans borne, et encore moins mon copain, qui de toutes façons ne s’imaginait même pas devenir père un de ces jours… »

Jade a raison elle est plus et mieux informée que sa grand-mère ne l’était sur le sujet de la procréation, et grâce au combat de nombreuses femmes, elle vit « un drame » certes, mais de façon médicalisée, entourée, surveillée. Heureusement que l’avortement est dépénalisé depuis la loi Veil de 1975. Difficile de penser que nos mères ou grand-mères, comme « Louise » chanté par Gérard Berliner[5], étaient encore sous « la coupe » du code « Napoléon » de 1810 qui le définissait comme un crime, jugé en cour d’assise, puni d’une peine de réclusion, et obligeant ceux qui les pratiquaient (« les faiseuses d’anges ») aux travaux forcés…

 Les traces de la culpabilité ne prendraient-elles pas leurs racines dans cet inconscient historique et collectif ? Difficile de concevoir au XXI siècle que certains pays, certains états, l’interdisent encore ou de nouveau ! Que la liberté de disposer de son corps soit liée au bon vouloir de législateurs, surprend ! Aucun homme ne peut ressentir le poids d’une grossesse non désirée. Et pourtant, contrairement à la femme, l’homme est fécond tous les jours du mois, ce qui pourrait le contraindre à la responsabilisation permanente.

Mais cela n’enlève néanmoins rien à l’émotion envahissante que ressent Jade dans ce parcours médicalisé bien qu’à domicile, et surtout à toutes les questions qui s’entrechoquent dans son esprit, Anne Sylvestre l’a tellement bien écrit dans sa chanson « non tu n’as pas de nom » :

« A supposer que tu vives
Tu n’es rien sans ta captive
Mais as-tu plus d’importance
Plus de poids qu’une semence
Oh ce n’est pas une fête
C’est plutôt une défaite
Mais c’est la mienne et j’estime
Qu’il y a bien deux victimes

Non non tu n’as pas de nom
Non tu n’as pas d’existence
Tu n’es que ce qu’on en pense » [6]

Vouloir un enfant ça se désire, ça se projette, ça se rêve, ça s’anticipe, ça se prépare. L’expression « tomber enceinte » a quelque chose de brutal mais est réaliste quand l’enfant n’est pas prévu, comme pour Jade. Une femme sur trois a recours à l’IVG dans sa vie : elle peut-être médicamenteuse ou chirurgicale : dans un cas la femme prend les médicaments et restent chez elles dans l’autre elle se rend à l’hôpital. – Par ailleurs il existe l’IMG (Interruption médicale de grossesse)  pour des femmes qui pour des raisons médicales doivent y avoir  recours [7] ce qui est une toute autre situation.

Jade conclut :

« Oui j’ai trouvé assez violent de faire ces rendez-vous, de me sentir coupable, plus que mon copain, la contraception c’est un choix de couple. Lors du deuxième rendez-vous on a de nouveau parlé regardé mes analyses (sang/urine), on m’a de nouveau expliqué les contractions et les pertes de sang importantes qui m’attendaient. J’ai signé un document justifiant mon choix pour avorter.

La sage-femme m’a prescrit deux médicaments, un que j’ai pris en sa présence qui interrompt la grossesse, puis l’autre à prendre deux jours plus tard pour expulser le fœtus et les membranes. J’ai fait le choix de le vivre chez moi, j’aurai pu choisir l’IVG instrumental à l’hôpital mais j’ai préféré comme ça – je vivais chez ma mère, elle n’était pas loin au cas où- l’avortement a donc eu lieu à la maison, j’ai mis 5 ou 6 jours à éjecter l’œuf, j’ai senti un truc qui chutait en moi- alors que j’étais à table, j’ai couru aux toilettes, j’avais mal au ventre et j’ai perdu beaucoup de sang c’est vrai … c’est dur de raconter ce moment-là, c’est tellement intime …  mais tout s’est déroulé sans plus de complications (pas de fièvre, pas d’hémorragie)  et l’échographie que j’ai faite quelques jours après a confirmé que tout rentrait dans l’ordre.

Ce qui est dur aussi après coup, c’est qu’avec mon copain on parlait de « ce » qui grandissait en moi de façon dérisoire, on lui donnait un prénom que l’on trouvait ridicule, une façon de dédramatiser peut-être. Mais aujourd’hui ça me choque, d’ailleurs d’autres trucs clochaient entre nous, depuis, on s’est séparé, j’ai juste besoin de me réapproprier personnellement cette histoire.

– Sans me dire le prénom utilisé, était-il masculin ? féminin ?

-Masculin

-Tu ne connaissais pas le sexe de cet enfant, qu’est-ce qui t’empêche, si cela peut t’aider, de ne pas lui donner de nom, vu qu’il ne sera pas reconnu, ou de lui en choisir un mixte ou féminin pour te l’approprier dans ton histoire de vie ?

-Ah oui ! je vais y réfléchir … »

Quelques jours plus tard je recevais ce message :

« Sylvie, suite à notre conversation, j’ai trouvé un prénom dont je suis fière. Merci pour ton écoute ! »

Merci pour votre lecture.

Sylvie – Août 2023

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Merci à cette jeune femme de m’avoir confié son histoire et de m’avoir autorisé à en utiliser la substance pour partager avec d’autres cette thématique singulière, parfois polémique. N’hésitez pas à partager votre point de vue ou expérience.


[1] Jade est un prénom d’emprunt

[2] Le Planning familial : LE NUMÉRO VERT NATIONAL « Sexualités, contraception, IVG » 0800 08 11 11 Numéro vert unique, confidentiel, anonyme et gratuit.

Ivg-contraception-sexualites.org

[3] La pilule du lendemain n’est pas un contraceptif et ne doit pas être utilisée fréquemment car elle perturbe le cycle, et le moral. Elle peut être délivrée (gratuitement dans certains cas) en pharmacie –comme les préservatifs-

[4] https://www.gouvernement.fr/

[5] Gérard BERLINER « Louise » chanson de Frank Thomas

[6] Non tu n’as pas de nom Anne Sylvestre : https://www.youtube.com/watch?v=-FYynGrjtgY

[7] Voir mon article :  https://sylvie-therapeute.fr/2023/06/23/lorsque-lenfant-ne-parait/

Illustrations : des références de livres abordant la question de l’avortement.

La rentrée des classes : réactivons les bons réflexes parentaux


C’est la rentrée des classes : réactivons les bons réflexes parentaux !

Impatient, peu motivé, n’y pensant peut-être même pas votre enfant fait sa rentrée à l’école élémentaire.

Il peut s’agir d’une première entrée en maternelle ou d’une entrée à l’école primaire. Il peut s’agir d’une découverte (entrée au CP, ou suite à un déménagement …)  ou d’une reprise de contact avec un milieu connu : l’école !  Appréciée ou redoutée ou laissant plus rarement indifférent.

Suivant ces données votre enfant ne se sentira pas dans les mêmes dispositions psychologiques pour aller à l’école, mais, ce qui va être fondamental pour lui c’est la façon avec laquelle vous allez l’accompagner dans cette rentrée.

L’école est une chance pour chacun des enfants : encore faut-il s’y sentir bien.

Mais ce qu’il faut surtout savoir c’est que votre enfant ne passe pas plus de 10 % de son temps en classe : néanmoins c’est un temps fondamental et pour qu’il soit profitable nous avons (en tant que parent) quelques réflexes que l’on peut réactiver en cette veille de rentrée.

*Vous le savez sans doute : pour profiter réellement de la vie plusieurs besoins doivent être respectés et les premiers sont les besoins physiologiques : dormir, boire, manger, faire ses besoins, respirer, avoir chaud ou pas trop, … pourtant il n’est pas rare de voir venir à l’école des enfants : ayant peu ou mal dormi, n’ayant pas déjeuné, ayant déjà respiré quelques fumées de cigarettes, n’ayant pas de quoi se couvrir et parfois n’ayant même pas eu le temps d’aller aux toilettes : un enfant dont l’un de ces besoins n’est pas satisfait n’est pas disponible pour apprendre !

Alors le premier réflexe : satisfaisons les premiers besoins de nos enfants :

Se coucher assez tôt (dans des conditions sereines). Prendre le temps de déjeuner le matin, d’aller et faire sa toilette, prendre le temps de s’oxygéner en marchant un peu pour aller à l’école, et prévoir des vêtements adaptés aux conditions météo parfois changeantes dans la journée.

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**Ce qui compte aussi pour votre enfant c’est qu’il se sente en sécurité : avec ou sans vous. Qu’il sente une bulle de sécurité autour de lui : de la considération, de l’écoute de ses inquiétudes (et non des vôtres), de l’anticipation et de la prévention.

La majorité des enfants arrivent dans de bonnes conditions à l’école : heureusement, mais certains enfants sont parfois « lâchés » de la voiture des parents (mal garés) devant l’école ! D’autres arrivent, ne sachant pas où ils déjeunent le midi, ou pire perturbés par telle ou telle scène vécue :scène réelle ou virtuelle !

  • Donc deuxième série de réflexes : sécurisons nos enfants.

Les surveiller, les accompagner en leur donnant la main (il est prouvé que donner la main à un enfant le calme et le rassure), l’attacher en voiture (pas devant avant 10 ans) prendre les passages piétons, ne pas se garer sur l’emplacement du bus …

Redire la confiance que nous avons en lui, mais aussi dans l’équipe pédagogique à qui nous le confions (rencontrer les enseignants est constructif- je me souviens d’un papa que l’on avait appelé pour venir récupérer sa fille malade, lorsque je lui ai demandé en quelle classe était sa fille et avec quelle enseignante il s’est arrêté net et m’a répondu « je n’en sais rien du tout : j’ai bien autre chose à faire que de me souvenir de sa classe et du nom de sa maîtresse … », « elle n’aura qu’une enfance Monsieur et vous êtes, avec sa mère, les garants de la qualité de celle-ci ! Alors savoir en quelle classe elle est, n’est peut-être pas une option ; mais il n’y a pas de montage en séries pour être parents ! On ne nait pas parent, on le devient». La cohérence éducative et la connaissance et le respect mutuel sont essentiels dans le bon déroulement de la scolarité : la réunion de rentrée (à noter) est un bon moyen d’établir le contact !

Autre point sécurisant : Entendre les inquiétudes de son enfant, sans les juger, ni les minimiser, et encore moins en rire : le fait qu’il puisse les dire et qu’elles soient entendues les désamorceront déjà beaucoup -n’hésitez pas à reformuler sa parole : 1 : cela lui montre que vous l’avez bien écouté, 2 : cela vous permet d’être sûr( e ) d’avoir compris: « j’entends ce que tu me dis : tu as peur de ne pas être dans la classe de untel, c’est bien ça ? » Etre écouté rassure l’enfant, et le rassurer est votre rôle-

Eviter de lui faire porter vos propres difficultés passagères (ou pas) certains enfants sont les confidents des parents et cette responsabilité inappropriée est bien trop lourde pour leurs petites épaules.

La sécurité passe aussi par un minimum d’organisation : préparer ses affaires la veille, vérifier ses leçons, son cartable, redire le déroulement de la journée ! Il faut également penser à les protéger notamment de certaines images virtuelles : jeux sur écran, vidéos diverses, … et se rappeler que les écrans stimulent une partie du cerveau qui ne permet pas un endormissement aisé.

Enfin la sécurité de l’enfant se tiendra aussi dans les limites que vous saurez lui donner : ce qu’il peut faire ou ne peut pas faire et pourquoi : «  tu peux aller de la voiture à l’école à pieds, mais tu ne dois pas traverser en dehors des passages piétons : car c’est dangereux de traverser n’importe où !»

  Je faisais souvent un petit test de rentrée en demandant aux élèves de se déplacer tous ensemble dans un grand carré tracé au sol : une seule consigne marcher tant que l’on entend le son du tambourin sans sortir du carré : régulièrement quelques élèves sortaient du cadre et n’obtempéraient pas à l’arrêt du signal sonore et d’entrée de jeu il fallait leur redonner l’importance des limites à respecter en disant par exemple : le carré est une plateforme et autour c’est le vide : «  ah alors tout à l’heure j’ai perdu ! ! » et pour gagner  et réussir il faut savoir intégrer les consignes oui !

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*** Enfin un autre besoin chez l’enfant en particulier, chez l’Humain en général, c’est d’être aimé : l’affection, l’amour sont le ciment de tous les besoins précédents. On peut répondre à tous les besoins du monde d’un enfant si on le fait avec indifférence et sans affection cela ne lui permettra pas de se construire de façon cohérente !

Donc, et avant tout, aimons notre enfant !

Il doit se sentir, aimé, valorisé, estimé, se sentir appartenant à sa famille, à un groupe d’amis, à sa classe, à son club (sportif, culturel,…) pour grandir solidement.

Un jour une petite fille me lança à brûle-pourpoint : « de toutes façons moi ma mère elle m’aime pas parce qu’elle s’occupe jamais de moi : elle dit qu’elle a trop d’boulot pour s’occuper de moi et en plus elle est toujours avec son portable! » après l’avoir rassurée sur sa méprise, j’essayais d’évoquer habilement et discrètement l’inquiétude de la  fille avec la maman. Elle reconnut qu’effectivement leurs rapports étaient plus dans le dépêche-toi, fais pas ci mais fais ça, et qu’elle allait changer ça en l’emmenant dans un bon restaurant ! »… L’événement exceptionnel peut effectivement faire plaisir s’il est vécu pleinement (sans distracteur portatif) mais cela ne suffit pas : c’est au quotidien qu’il faut marquer son affection, son amour !

Alors dernières séries de réflexes :

Des mots doux, des câlins, de la complicité, et tout ce qui marque l’amour parents/enfants sans étouffement ni dans un sens ni dans l’autre!

Les moments de qualité sont importants : lui lire des histoires le soir (plus un enfant écoute d’histoires, meilleur il sera en lecture) se promener, faire ensemble des jeux de société, cuisiner, ranger et valoriser leur rangement, jouer, rire, faire des rencontres, discuter … et créer des petites surprises (pas forcément matérielle) mais plus dans des petits changements d’habitude, par exemple : mettre une musique et danser ensemble, faire un dessin à quatre mains (ou plus), faire une cabane, laisser un post-it avec un petit message inattendu, changer les rôles lors des leçons ou encore décider d’aller pique-niquer ou goûter dans un endroit agréable car il fait encore beau !… Et profiter du soleil de septembre est un bienfait incontestable.

Ce n’est pas tant ce que l’on fait avec eux qui compte, mais c’est bien l’état d’esprit dans lequel on le fait ! On peut décider d’aller dans un beau restaurant, si l’on est absorbé par son téléphone, ou si l’on fait des reproches sur la tenue de son enfant car l’attente est un peu longue, ou encore si l’on critique ceci cela, ce n’est pas sûr que l’objectif « qualité » soit atteint !

L’enfant en règle générale n’a pas plus grand joie que de faire plaisir à ses parents : fort de ça mettons les jalons qu’il faut pour qu’il y parvienne.

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Voilà donc quelques réflexes basiques à réactiver :

La base : répondre aux besoins élémentaires : boire, manger, bien dormir, faire ses besoins, se vêtir.

Puis la sécurité : rassurer, écouter faire confiance, surveiller, prévenir, respecter les personnes et les règles, donner un cadre, s’organiser.

Et on finit par celui par lequel on commence naturellement : aimer et porter de l’affection à nos chers enfants.

Pour finir ce qui vaut pour votre enfant vaut pour vous : savoir prendre soin de soi en étant attentif à tout ce qui est sous-tendu ci- dessus permettra au parent que vous êtes d’aller bien.

Et un parent qui va bien donne toutes les chances à son enfant d’aller bien également.

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Je propose des ateliers “détente” : (estime de soi/ gestion du stress) pour les enfants.

A partir du mercredi 20 septembre (jusqu’au 18 octobre) à 10h30 :  5 séances de d’1 h  (hors vacances scolaires).
50 € le cycle.

(à titre indicatif une séance de thérapie individuelle coûte 45 €)

Sylvie Etiève

Thérapeute familiale conjugale              0781330687

La rentrée approche

Le galet de l’Amour

C’est l’histoire d’un jeune garçon.

Et c’est l’histoire de sa maman aussi. Une maman comme toutes les mamans, avec ses joies, ses peines, ses réussites, ses échecs, ses problèmes, ses projets, ses doutes, et ses espoirs.

Comme beaucoup de parents, elle fait au mieux pour élever ses enfants.

L’Amour, souvent une question d’équilibre

De sa première union un garçon est né, mais le couple s’est désuni, séparé. Et comme beaucoup d’enfants leur garçon a vécu les affres de la séparation de ses parents. Il était très jeune, il ne se souvient pas de tout, mais il dit qu’aujourd’hui ses parents, même s’ils ne sont plus amoureux, ils se parlent et ils se voient pour parler de sa vie, de l’école de ses activités des vacances, de la garde alternée, de l’inconfort du changement hebdomadaire, même il s’y est habitué.

Néanmoins, une chose le rend triste.

 Depuis que ses parents se sont séparés, sa maman a rencontré un nouvel amoureux, ils ont eu un autre enfant ensemble, son papa aussi. Lui, il jongle avec ses deux familles, ses deux univers, ses deux rythmes et règles de vie.

Ce n’est pas cette « vie deux en une » qui le rend triste, c’est autre chose.

Mais il n’arrive pas à le dire.

Alors on donne du temps.

Et puis, la maman vient un jour en séance avec lui, et son papa aussi, fait assez rare, et oh combien salvateur pour les enfants pourtant. Il m’avait prévenue : ses parents ne s’entendent pas mal, et ne souhaitent que son bonheur. Des parents dont l’intelligence de cœur est notable.

Tous les quatre, on parle, on évoque la séparation, elle laisse toujours des traces. On passe à la loupe le quotidien, tout n’est pas parfait, chez qui l’est-ce ? mais, comme sur la banquette où il se trouve entre les deux, il est entouré d’adultes bienveillants de chaque côté de cette double lignée.

Aimer , c’est savoir prendre des risques.

Et il redit en présence de ses parents, qu’une chose le rend triste.

Ses larmes coulent.

Sa maman baisse la tête.

Son papa les encourage, prend son fils plus près de lui.

Je reste doucement en retrait, et pourtant je sais que la parole libère, mais je n’ai pas idée de ce qui va être dit. On peut tout imaginer.

La maman, regarde son fils, dans les bras de son papa et me dit faiblement :

– Je n’arrive pas à dire « je t’aime » à mon fils.

Le papa semble soulagé qu’elle ait annoncé elle-même ce blocage, car il sait que pour son fils cette absence de mots tendres le perturbe énormément. Surtout qu’il est témoin des mots et des signes d’affection dont profite son petit frère … C’est ce qu’il m’explique après quand on est en tête à tête. Son rêve c’est que sa maman lui dise ces mots-là au moins une fois.

« L’amour est un cadeau que nous ne savons pas toujours recevoir ou donner. » nous dit Jacques Salomé, et ce n’est pas réservé qu’aux couples.

Ce n’est pas qu’elle ne l’aime pas, loin de là, seulement, pour différentes raisons elle n’y parvient pas.

Alors, quand je la revois, elle, je lui conseille tout simplement de lui écrire ; et là une idée lui vient.

Un galet voyageur !

Elle me parle d’une association qui « fait voyager des galets ». Le principe : quelqu’un décore un galet et le dépose quelque part. et si un promeneur le voit, soit il le garde, soit il le fait voyager plus loin. Elle décide cela :

-Avant de lui dire avec ma voix, pour m’aider, oui, je vais lui écrire sur un joli galet que je décorerai. Comme mon fils voyage entre deux maisons, il pourra faire voyager son galet tout en le gardant avec lui.

Galet de l’Amour: dont le prénom de l’enfant occupait le haut.

Ce qu’elle fit.

Ce qui le rendit pleinement heureux, ému et radieux.

Et elle eut la gentillesse de me le partager, et qui me donna -avec leur accord- envie de vous le raconter, car il se peut que cela arrive à d’autres.

Je suis sûre que ce galet de l’amour va beaucoup voyager entre ses deux maisons, et qu’il sera la pierre angulaire de cette relation renouée.

Sylvie ( juillet 2023)

merci pour votre lecture

« Aimer, c’est savoir dire je t’aime sans parler » Victor Hugo
  • Merci pour le gentil accord pour cette rédaction.
  • Crédit photo, la maman.
  • Cairns (équilibre de galets) PLDE

Lorsque l’enfant ne paraît pas


« Lorsque l’enfant ne parait pas »*

Je dédicace cet article à toutes ces mamans qui ont perdu leur enfant avant même de le connaitre; et aux papas et tout l’entourage bien évidemment. 

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Alors que je réglais une consommation dans un restaurant à la campagne, la serveuse à qui je disais qu’ils avaient eu beaucoup de monde me dit : « et encore, je n’aurai pas dû être là pour les aider. Ma mère est décédée hier donc ils auraient pu se passer de moi ! » Ennuyée et compatissante je louais donc son courage et sa conscience professionnelle. « Oui, mais je relativise, vous savez elle était malade depuis longtemps, pour moi le pire que j’ai vécu c’est quand ma fille est décédée. » La confidence inopinée de cette femme que je ne connaissais pas quelques minutes avant me troubla : est-ce que je porte sur moi le fait que je sois à l’écoute des gens ! ? En tout cas, il était difficile de rester insensible à cette douleur réactivée par le nouveau deuil qu’elle vivait. Alors, comme vous l’auriez fait, je pris quelques instants pour la laisser dire ce qu’elle ressentait tout simplement parce que je voyais que cela lui faisait du bien. En quelques mots elle me laissa comprendre qu’elle avait deux garçons et qu’elle avait perdu cette petite fille à huit mois de grossesse : et que c’était difficile de s’en remettre.

La façon dont elle avait parlé de sa fille, au tout début, m’avait laissé imaginer deux circonstances possibles de son décès : accident, maladie ; mais en aucun cas, je n’avais pensé à une mort in utero ! Je me trouvais un peu décontenancée vis-à-vis de mon a priori ! J’échangeais donc quelques paroles de soutien et de compassion.

N’étant pas en séance thérapeutique, je me permis de lui dire que je comprenais très profondément ce qu’elle ressentait dans la mesure où, j’avais vécu le même drame lorsque j’étais jeune maman. Je lui redis que c’était effectivement l’une des pires situations pour une femme que de porter un bébé mort ou qui ne pourra pas vivre !

« La femme est faite pour donner la vie, pas la mort ! » m’avait humainement dit la psychologue qui m’avait accompagnée à l’époque : c’est tellement vrai !

« Donner » la mort alors que c’est la vie que l’on souhaite, est, on ne peut plus  incompréhensible et tragique.

Avoir mis tant d’espoir dans un « enfant à venir », et que cet espoir soit fauché par : un virus, une incapacité cardiaque ou respiratoire, une malformation, un accident de naissance … est carrément insoutenable.

Souvenez-vous du bouleversant chagrin intériorisé de Marcelle (Anémone) et de Pelo (Richard Bohringer), dans ce (livre et) film truculent de 1987 de Jean-Loup Hubert :« le grand chemin » : tout est enfermé, fui, triste, figé, altéré, noyé dans l’alcool jusqu’au jour où le petit Louis débarque dans leur vie pour l’été …

Alors oui, sidérés, on se replie un peu malgré la bienveillance maladroite, mais généreuse des uns ou des autres qui essaient de (se) rassurer en disant « il vaut mieux que ce soit ainsi s’il (elle) ne pouvait pas vivre ou vivre avec un handicap »… et vous qui avez envie de crier : « non non il aurait mieux valu que ce soit autrement : un bébé en bonne santé, un bébé viable, un bébé vivant ! », mais vous répondez aimablement : « oui tu as sans doute raison ! »

En même temps, ce futur petit être n’est qu’un « bébé idéal » et c’est parce qu’il ne passera pas par le monde des vivants qu’il gardera tout cet idéal !  Et faire le deuil de « l’enfant idéal » quand on enfante d’un bébé en pleine santé ce n’est déjà pas très facile, mais, faire le deuil d’un «enfant idéal mort-né » est largement supplanté par le deuil de l’enfant lui-même avec tout ce que cela comporte : choix indicible, accouchement ,mort ,traumatisme, obligation administrative, suite d’accouchement (avec un peu de (mal)chance vous entendez les nourrissons qui pleurent à côté de votre chambre) ou encore plus perfide vous ne coupez pas à une montée de lait…, incompréhension, injustice, tristesse, découragement, prise de décision quant au corps de ce petit nourrisson sans vie, no-baby-but big-blues ! Sans parler, si besoin, du commerce funéraire certainement nécessaire mais parfois un peu exagéré… et du traumatisme d’un éventuel petit cercueil blanc.

C’est douloureux !

Cela rend insomniaque !

C’est tétanisant !

C’est presque culpabilisant !

Oh que ce vide est douloureux !

C’est douloureux pour la mère, pour le père et pour tous ! Et s’il y a un frère ou une sœur alors il faut particulièrement faire attention à eux, la culpabilité pouvant s’entremêler à la tristesse !

Et puis …

Et puis, on laisse ce petit être aller à sa mort : c’est dur, mais c’est nécessaire et salutaire.

Cette douloureuse tragédie va devoir « être » acceptée et au-delà de l’expérience à surmonter il faudra être dans l’acceptation de soi *: c’est-à-dire accepter l’injustice qui est faite : une des plus grandes blessures de la vie ; en vivre le déni, la colère, la tristesse, la peur : toutes ces émotions qui en découlent et qui doivent s’extérioriser pour ne pas être refoulées !

Il n’y a pas de coupables il n’y a que de la souffrance !

En général, après l’hiver revient, tout doucement le printemps, après la colère, la paix s’immisce dans le cœur, après les larmes, les sourires renaissent timidement, et, la vie est très souvent plus forte que la mort donc on la laisse reprendre place même si l’on ne respire plus tout à fait comme avant.

On donne à cet enfant perdu une place dans la lignée familiale sans l’exagérer sans la renier : un peu à l’image de ce qui est noté  dans le livret de famille : un prénom (L’inscription du (ou des) prénom(s) et du nom n’a pas d’effet juridique. Elle ne crée pas de lien de filiation.) une page à moitié remplie seulement dans la partie obscure “décès” !).

On lui attribue  un “lieu de mémoire” quel qu’il soit : au travers un petit objet symbolique, ou dans un cimetière, dans un espace naturel, on peut planter un arbre, une fleur*, une étoile dans le ciel, une bougie, un ballon lâché, parfois une place dans son  cœur suffit ! Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises manières de garder le souvenir d’un être cher. La date de cette naissance ne sera pas une date facile à passer, on le sait d’avance. Les années s’accumuleront, mais les souvenirs eux non, puisqu’il ne vivra pas cet enfant : ce sera “rien” dans du “vide”.

Absence ne rime pas avec oubli.

Et avec les jours meilleurs et la consolation , la résignation, l’acceptation, l’envie de renouer avec le mystère d’une nouvelle naissance peut réapparaitre, ou pas. L’accepter et laisser éclore cette décision (quelle qu’elle soit) est signe du printemps de la guérison. On peut guérir même si l’on garde une cicatrice, c’est normal. Ce qui ne l’est pas c’est de garder la plaie ouverte et de la cacher sans la soigner. Dès que l’on vous frôlera vous souffrirez davantage que si vous prenez le temps de panser (penser) la plaie !

Un livre qui m’avait aidée.

Oui, face à la disparition trop précoce d’un petit être tout le monde est bouleversé, et c’est difficile d’en parler : c’est tellement personnel, considéré comme intime voire « tabou ».

Mais pour assimiler inacceptable, il ne faut pas minimiser la tragédie, en parler est nécessaire et il faut du temps, beaucoup de temps, et dans notre société de l’immédiateté c’est encore plus compliqué pour les jeunes parents endeuillés.

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J’ai conseillé ce livre à une de mes proches qui vient de vivre ce terrible drame de la vie de parent. Elle ne savait pas que j’avais (nous avions) vécu la même chose et m’a fait un  beau compliment en me disant « tu parais tellement heureuse que je ne pensais pas que tu avais vécu ceci ! »

La plaie est cicatrisée lui ai-je dit : et si j’en parle c’est pour encourager les autres à en parler, car en tant que thérapeute on encourage chacun à mettre des mots sur les maux !

Car oui cela donne de la place au retour du bien-être voire du bonheur !

Pour aller plus loin:

Beaucoup de groupes d’échanges en ligne existent.

Quelques associations pouvant aider les parents concernés :

AGAPA :
www.agapa.fr
Accueil, écoute, accompagnement de personnes touchées par une  grossesse interrompue ou la perte d’un enfant à la naissance. NAITRE et VIVRE :
www.naitre-et-vivre.org
Accompagnement des parents en deuil d’un tout petit. Information et prévention de la mort inattendue du nourrisson.

SPAMA :
www.spama.asso.fr
Soins palliatifs et accompagnement en maternité :  « il ne s’agit pas d’attendre la mort, mais d’accompagner la vie, aussi courte soit-elle. »

*https://unefleurunevie.org/#home

Une fleur une vie est un événement public et artistique destiné aux personnes touchées par la perte d’un tout-petit pendant la grossesse ou autour de la naissance.

Au-delà du deuil périnatal :

https://www.sosbebe.org/   Un espace pour :écouter, informer, aider

Ecoute confidentielle, anonyme et gratuite   contact@sosbebe.org

 01-42-47-08-67

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  • Je vous recommande «  les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » de Lise Bourbeau (Pocket).
  • Il existe beaucoup d’autres livres, associations, sites, … qui peuvent aider : n’hésitez pas à les citer.

             *  POÈME LORSQUE L’ENFANT PARAÎT

               (extrait du poème de Victor Hugo)

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille 
Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille 
Fait briller tous les yeux, 
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, 
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître, 
Innocent et joyeux. 

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre 
Fasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambre 
Les chaises se toucher, 
Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire. 
On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mère 
Tremble à le voir marcher. 

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, 
De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âme 
Qui s’élève en priant ; 
L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrie 
Et les poètes saints ! la grave causerie 
S’arrête en souriant.

> d’où le choix de mon titre: “lorsque l’enfant ne paraît pas ” !

La mortinatalité : les statistiques

Avec 9,2 naissances d’enfant sans vie pour 1000 naissances, la France détient le taux de mortinatalité le plus élevé d’Europe, indique le rapport européen sur la santé périnatale EURO-PERISTAT de 2013 . (chiffre peut-être à revoir bientôt)

Le taux de mortinatalité (enfants nés sans vie par mort fœtale spontanée ou interruption médicale de grossesse IMG) est de 8,5 pour 1 000 naissances totales en 2019. Il est en légère baisse après quatre années très stables.

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Pour aller plus près :

Plus personnellement, je vous partage mon témoignage, je l’ai rédigé dans le livre sur la fin de vie de mon père “PyLu du Boutru.” (* paru en 2020). Cela s’est passé en 1993, c’est si loin et si ancré en soi à la fois ! 

“… Il y a quelques 27 années*, le mois d’août avait aussi une triste résonnance.
Enceinte de 8 mois, je m’étais aperçue que les mouvements du deuxième
enfant que nous attendions s’étaient modifiés.
Ce fut tendue, intuitivement convaincue que quelque chose n’allait pas, que nous nous
rendîmes à l’échographie où je lâchai avant que ne s’allume l’affreux écran : « j’ai
l’impression que le bébé ne bouge plus. » Gel visqueux sur le vendre rebondi, sonde
faisant des aller-retours, tensions, observations, silences, soupirs, regard
compatissant et couperet du médecin : « effectivement son petit cœur ne bat plus ! »
Impensable.
Long silence sidérant.
Contre toute attente, je pense au baptême prévu dans la famille, je suis la marraine,
je ne peux pas être absente dimanche prochain. Ma terrible soif de vie, me fait
demander « comment cela va-t-il se passer ? »
– Eh bien, nous dit le gynécologue, vous allez vivre une interruption médicale de
grossesse. L’on va déclencher l’accouchement par la prise de médicaments. Vous les
prendrez quand vous le déciderez, et, votre enfant « naîtra », par voies basses.
– Ce sera donc un accouchement « normal » ?
– Oui enfin presque, on devra faire un curetage pour être sûr que tout est bien,
sous anesthésie générale.
– Et après ?
– Il vous faudra réfléchir si vous préférez le garder pour l’enterrer par exemple ou
si vous voulez qu’une autopsie soit faite pour comprendre ce qui s’est passé. Si
vous choisissez l’autopsie, elle se fera à Tours et votre enfant sera incinéré là-bas.
Cruel dilemme (qui heureusement n’est plus à faire aujourd’hui, on peut récupérer le
petit corps de cet espoir éteint après une autopsie).
Je dis que je vais, que l’on va, réfléchir à tout cela.
Il nous faut un long temps de latence avant de rentrer, l’on va marcher un peu. Comme
c’est étrange, comme ça fait mal.
Sans mon mari solide et toujours à l’écoute, je ne sais pas comment j’aurai vécu cela.
En allant l’annoncer avec douceur, à mes parents qui gardaient notre fille, je
m’aperçois que je minimise ma propre souffrance. Je me rends compte comme ils sont
forts, et, comme ils nous soutiennent.
Puis-je attendre de vivre la fête de famille dans cet état ?
La nuit qui passera me donnera bien vite la réponse.
Avoir en soi un petit Etre sans vie est une expérience indicible.
Je me souviendrai toujours des paroles de la psychologue rencontrée après
l’accouchement : « une future mère est faite pour porter la vie, pas la mort. »
En même temps, accepter de donner la vie c’est aussi accepter que cette vie se
conclura par la mort ! Mais pas si tôt pas dans ce corps, pas dans mon corps. Ce n’est
pas l’ordre des choses. C’est insoutenable.
Le baptême fut repoussé, la naissance eut lieu la nuit de la St Barthélémy : un
massacre dans l’histoire de France, un massacre dans mon for intérieur.
J’avais donc pris, assez vite, le fameux médicament. Les contractions s’étaient
déclenchées en début de nuit, ma belle-mère, aidante, était à la maison pour garder
notre petite. C’était réconfortant. Nous partîmes pour la clinique dans la salle
d’accouchement que je connaissais. Mon mari était au top, on lui demanda de sortir
au moment de l’expulsion et l’on m’endormit à ce même instant, pour le fameux
curetage, et sans doute une forme de protection psychologique !
Je me souviens de mon état vaseux en roulant dans la chambre, ma protection était
mal mise, le sang coulait, et, je me rappelle avoir dit au gynéco, que j’appréciais bien,
qu’il ne savait pas ce que c’était que de porter une protection de travers vu que c’était
un homme, que de vivre ce que je venais de vivre… il ne pouvait rien comprendre de
ce que l’on ressentait nous les femmes …
Et je refis surface, et m’excusai de ces paroles déplacées (mais révélatrices), non pas
parce qu’elles n’étaient pas vraies, mais parce qu’il m’avait accompagné en douceur
dans ce douloureux passage.
C’était une petite fille d’à peine 1,5 kilo. Avions-nous choisi son prénom ? oui, nous
avions choisi, la veille, un prénom mixte, ne cherchant pas à connaître le sexe de nos
enfants ; la déclaration serait à faire le lendemain « enfant née présentement sans
vie » serait alors écrit dans notre livret de famille. Et l’on nous demanda si nous
voulions la voir avant qu’elle ne soit transportée à Tours pour l’autopsie …
Je reverrai toujours le départ de cette ambulance emportant ce petit corps sans vie
pour aller comprendre ce qui s’était passé. J’entendrai toujours les bébés d’à côté
pleurer et se calmer dans les bras de leur Maman. La montée de lait que je fis à ce
moment-là me laissa pétrifiée… La montée de larmes me soulagea, elle !
Nous avions déjà une espiègle petite fille, cela fut notre potion magique, notre
apaisement, notre raison de sourire.
L’on apprit plusieurs semaines plus tard, que ce petit ange avait été frappé au cerveau
par un virus : le parvovirus B19. Virus qui, in utero, ne faisait pas de cadeau !

J’appris, 10 ans plus tard, de façon tout à fait inattendue que ce virus se transmettait de
la mère à l’enfant à cause d’une maladie infantile, bénigne et invisible chez l’adulte
mais terriblement ravageur pour le fœtus… A cette époque, j’enseignais en maternelle,
et il y avait beaucoup de cas de cette maladie infantile peu connue « la 5ème maladie »
porteuse du parvovirus B19 qui m’avait atteint invisiblement, sournoisement !!! Dix ans,
il nous fallut dix ans pour comprendre que la perte de ce bébé était due à la contraction
sans le savoir d’une maladie infantile. ”

Depuis la famille s’est pleinement agrandie: mais ça c’est une autre histoire.

Extrait de “PyLu du Boutru” 

Merci pour votre attention et vos retours.

Sylvie ETIEVE