Pâques confinés !

Serions-nous un peu déconfits ?

« -J’appellerai lundi les personnes que je dois appeler pour mon travail ! -Mais lundi c’est férié : c’est le lundi de Pâques ! -Ah oui, eh bien férié ou pas, avec ce confinement on ne se rend pas compte, on est un peu perdu et un peu las !  J’appellerai mardi alors!»

Ce petit échange téléphonique avec une de mes filles confinée dans une grande ville montre à quel point ce confinement fait perdre certains repères !

« – Oui mardi c’est plus adapté! — Pâques confinés… ce n’est pas vraiment Pâques! Pâques c’est la famille, le plein air, la joie… : alors là on en est loin !! »

Pas toujours facile il est vrai de prendre de la distance par moment : on en est tous un peu là au bout de 3 semaines de confinement. Et pourtant le week-end à venir que l’on soit croyant ou non, est le week-end de Pâques.

Ce temps de Pâques est parfois familial ou amical, c’est souvent un temps de retrouvailles, de fête, ou de changement d’air (le printemps est bien installé) car c’est un week-end de trois jours donc! (sauf si l’on est sur le front à cause du coronavirus).

En raison des restrictions sanitaires 2020 liées au covid 19 : une grosse coupe est faite dans cette tradition printanière et cela peut entrainer un certain désarroi !

Pour bon nombre d’enfants, la chasse aux œufs va être marquée par le confinement. Mais pas que pour les enfants. A écouter ceux que j’entends, le confinement prive les adultes (parents ou non) mais aussi les grands-parents de leur rapport avec leurs petits-enfants. Ils se sentent notamment privés de contacts, de conversations en direct, de jeux, de rire, de transmissions mais aussi d’action. Et ce week-end, le vide va sembler abyssal pour ces grands-parents ou pour les familles séparées!

Néanmoins c’est Pâques et que l’on soit croyants* ou non, il y a un symbole commun à tous : « Pâques est le symbole de la vie » : les journées qui ont bien allongé, la végétation qui repart pour de bon, la vie animale naissante (on cherche des œufs de Pâques), l’envie de faire la fête, de sortir, de vivre de revivre de naître de renaître…

Alors comment fêter la vie, le printemps, Pâques quand on est dans une ambiance anxiogène (voire triste pour certains) quand on est confiné voire « enfermé » !

Voici (si besoin est) quelques idées pour compléter les vôtres :

*C’est Pâques, c’est une tradition : les rituels permettent de « mieux vivre » le confinement : donc appuyons-nous sur ce rituel, et,disons-nous que le rassemblement familial sera différé.

*Décorons pour Pâques : fleurir la maison, accrocher des dessins des œufs (gobés puis colorés), préparons les paniers (ou fabriquons-les). Plein d’idées sur ce site !

*Avec les enfants : marquons (maintenons) ce temps de « chasse aux œufs » toujours très appréciée : et si l’on n’a pas d’œufs en chocolat, l’on peut cacher des petits mots gratifiants, des photos, des petites surprises ou des vrais œufs (durcis) de poule : la chasse aux trésors et la bonne ambiance a autant d’importance que le trésor lui-même !

*Comme on ne peut pas bouger : bougeons ce qui nous entoure. Changeons un ou deux meubles de place ce week-end, mettons des photos des absents, écrivons des citations, des devinettes ou dessinons sur une grande feuille punaisée au mur…

*Bougeons aussi les autres dimensions sensorielles : mettons de la musique, diffusons de bonnes odeurs (huiles essentielles, parfum, mais aussi cuisine…), créons des espaces doux de cocooning,

* Prenons l’apéritif, le dessert et/ou mangeons dans un endroit inhabituel de la maison : soyons inventifs, surprenons-nous !

*Marquer ce week-end par des actions un peu exceptionnelles : faire une visio (skype, houseparty, whatsapp…) avec des personnes que l’on aime bien, ou téléphoner à des personnes seules ou vulnérables, ou faire des surprises à des personnes qui sont proches, faire rire ou sourire quelqu’un,osons sonner chez des voisins, appeler la famille…

*Se réjouir d’être en bonne santé ! Et essayer d’avoir une intention, une pensée, pour ceux qui ne vont pas bien. Et… à 20h, applaudissements de soutien si l’on veut !

Cette période de confinement à tendance à nous fragmenter un peu alors : ACTION soyons acteurs, oui, de notre vie même si l’on est confiné, même si l’avenir est incertain ! En tout cas essayons ! Quand on sait que l’étymologie de ce mot « Pâque » veut dire « passer au-dessus », cette définition ne peut que nous aider dans la période actuelle.

Malgré tout : « Joyeuses Pâques  » ou tout simplement : « Passez le meilleur week-end que vous puissiez passer dans cette configuration où l’on n’a peut-être pas vraiment le cœur à la fête. »

  Allez faites ou faites-vous un petit plaisir ! 

Sylvie Etiève 9 avril 2020

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*Pour les croyants, difficile de l’ignorer dans une société judéo-chrétienne, c’est la fête la plus importante pour les Chrétiens (résurrection du Christ) : fête de la vie qui l’emporte sur la mort. Pâques, Pessah (Pâque juive qui commémore la sortie d’Egypte), et cette année le Ramadan pour les Musulmans est dans ces mêmes jours. Pour tous les croyants, comme les rassemblements sont interdits, les fêtes de Pâques devront être adaptées cette année 2020.

Photos SE.

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