Larcin au cimetière: une blessure psychologique

De la tristesse sur de la tristesse.


22 juillet 2019

Pascale*… blessée. D’avoir constaté que des personnes indélicates aient pu voler au cimetière ce que ses(nos) petits-enfants avaient mis avec leur cœur à leur PapiJ 😢

Voir un tel post sur un réseau social entraîne bien du chagrin !  Émerge aussi un sentiment de peine partagée avec la personne qui a vécu l’outrage à la mémoire du conjoint, père, grand-père tant aimé.

Les messages de soutien d’amitié s’enchainent sous le post, ce qui encourage et réconforte l’amie (ou la connaissance) qui a eu le courage de partager sa tristesse avec son entourage virtuel ou réel.

Des amis se disent de tout cœur avec Pascale qui les remercie chaleureusement.

Certains ont vécu la même offense et partagent intimement ce ressenti, parfois ils ne trouvent pas les mots et restent sans voix, tant, ces actes sont indécents et irrespectueux, Pascale est modérée elle les dit « indélicates ».  

Des réactions plus coléreuses (voire injurieuses) s’ajoutent et les auteurs trouvent cet acte inadmissible et demandent même des punitions.

Punir les auteurs de tels vols, fleurs, plantes, petits cadeaux souvenirs, la loi le prévoit (les vols à la roulotte ont aussi souvent lieu dans les voitures sur les parking le temps du passage au cimetière).

La mairie peut être avertie, car, si les signalements sont répétés elle peut essayer de renforcer la surveillance, en demandant des patrouilles plus régulières près du cimetière, en ne laissant qu’un portail d’accès (plus facile à surveiller). Dans certaines communes des habitants se concertent pour échelonner leurs visites et « être vigilants » aux aller-venues. Dans d’autres des caméras sont demandées, mais par ailleurs, se savoir filmé enlève une certaine intimité non ?

Déposer une main courante peut se faire aussi. Si le vol est déclaré l’assurance peut proposer une prise en charge des objets volés (sur facture). La loi prévoit une amende maximale de 45 000€ et une peine de prison pouvant atteindre les 3 ans, et heureusement que ces garanties existent car certains voleurs n’hésitent pas à revendre des plaques, des porcelaines … des urnes funéraires !! Jusqu’à 135 Kg de laiton/bronze ont été dérobés par un couple dans la Somme (sous forme de statuettes, de croix…) un véritable recel découvert par les services d’ordre. Le conseil qui est donné est de faire graver ces objets, devenant ainsi plus difficilement revendables.

Evidemment si les malfaiteurs sont retrouvés : cela consolera peut-être ceux qui de toutes façons ont déjà perdu ce qu’ils avaient de plus cher, leur proche ?

Et peut-être même pas : le mal est fait ! le mal est dans le geste, l’acte même puni resterait blessant, car exécuté !

Et la loi, les sanctions n’y pourront rien contre la blessure psychologique, la peine et l’indignation engendrées, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un petit cadeau sans valeur pécuniaire mais d’une valeur affective inestimable : comment ne pas être meurtri, blessé ?

Blessés nous sommes, lors de tels actes car oui, il y a violation et abus de confiance, les cimetières sont des lieux publics fréquentés par des endeuillés qui en apportant leur offrande veulent continuer de tisser le lien avec l’être aimé, l’être parti, parfois trop tôt, trop brutalement ! Et ce lien est intercepté, tranché par des malfaisants !

Et cet acte nous renvoie à tout l’abime qu’est le manque de l’autre.

Son incapacité à ne plus pouvoir nous aider !

Cette violation de ce périmètre personnel nous renvoie à notre impuissance, à notre culpabilité, parfois même à une idée d’abandon qui nous taraudent.

Certains disent que ce sont des faits d’enfants, peu y croient !

Existe-t-il encore le temps où les enfants se racontaient des histoires à faire peur près ou dans les cimetières, à attendre l’apparition des feux-follets ?

D’autres restent dans l’incompréhension : « comment peut-on faire ça ? »  et ne voient pas, ce que voler dans un cimetière puisse apporter.

Et, sans doute que la question pivot est dans ces mots ?

Comment peut-on faire ça ? 

Alors bien sûr il y a ceux qui font ça pour receler, revendre.

Il y a ceux qui font ça, comme cette femme dans le Finistère qui vole régulièrement des dizaines de pots de fleurs : par pulsion maladive.

Il y a ceux (parfois sans trop de ressources) qui n’ont pas l’impression de voler, ni de faire mal, mais simplement de « déplacer » les fleurs d’une tombe à une autre.

Il y a les accidentés de la vie, ayant vécu des traumatismes; et ceux qui dysfonctionnent car ils n’ont pas reçu les bases éducatives indispensables et peut-être manqué d’amour tellement nécessaire dans la construction d’une personnalité stable et respectueuse.

Alors Pascale, il faut se rassurer en se disant que vos petits-enfants ne font pas partie de cette catégorie de personnes à la marge.

Ils apportaient une petite offrande à leur Papi, certains ont nui à leur démarche (par jalousie, indélicatesse, mal-être) : c’est moche, surtout pour les auteurs qui ne connaissent sans doute pas le bonheur d’avoir une mamie comme vous !

 Plus tard, forts de cette triste expérience, vos petits-enfants seront encore plus sensibles à ces méfaits. Ils seront peut-être des veilleurs auprès des leurs.

Pour finir, au-delà de l’offense exprimée dans votre post, on peut lire que ce grand-père était profondément aimé, que leur grand-mère les entoure chaleureusement et que c’est une véritable chance pour eux que de vous avoir ou de l’avoir eus. Pour vous aussi c’est un cadeau de la vie que d’avoir la chance d’être entourée d’eux, on connait tous des personnes souffrant d’abandon. Alors merci d’être qui vous êtes et d’avoir posté ce message de souffrance, car, à plusieurs le poids s’allège.

Merci de votre lecture.

Sylvie Etiève

*Le prénom a été modifié.  

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